mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2103066 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GAULMIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 septembre 2021 et 30 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Gaulmin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commune de Bellegarde a rejeté sa demande tendant à la suppression du ralentisseur situé chemin des Costières à proximité des croisements avec le chemin vieux de Montpellier et le chemin vieux d'Avignon ;
2°) de condamner la commune de Bellegarde à supprimer ce ralentisseur dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bellegarde la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le ralentisseur en litige a été construit en méconnaissance de l'article 3 de l'annexe au décret du 27 mai 1994 relatif aux caractéristiques et aux conditions de réalisation des ralentisseurs de type dos d'âne ou de type trapézoïdal, dès lors que ce ralentisseur est situé sur un ouvrage d'art ;
- dès lors que le ralentisseur en litige canalise l'eau provenant de la voie de circulation, les dispositions de l'article 4 de l'annexe au décret du 27 mai 1994 ont été méconnues ;
- l'article 4.2 de la norme NF P 98-300 a été méconnu dès lors que l'ouvrage contesté mesure seulement 1,5 mètres de longueur ;
- l'article 5.1 de la norme NF P 98-300 a été méconnu dès lors que l'ouvrage contesté n'est pas implanté perpendiculairement à la chaussée ;
- l'article 5.2 de la norme NF P 98-300 a été méconnu dès lors que l'eau s'accumule au pied du ralentisseur ;
- la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir est infondée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 juillet 2022 et le 6 juin 2023, la commune de Bellegarde, représentée par la SELARL Maillot Avocats et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne justifie pas que ses intérêts seraient lésés de façon suffisamment grave, directe et certaine par la présence de l'ouvrage en cause ;
- l'ouvrage contesté ne constitue pas un ralentisseur, mais est un dispositif d'écoulement des eaux pluviales, de sorte que les moyens tirés de la méconnaissance du décret du 27 mai 1994 et de la norme NF P 98-300 sont inopérants ;
- la démolition de l'ouvrage en cause entraînerait une atteinte excessive à l'intérêt général.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aymard,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
- les observations de Me Castagnino représentant la commune de Bellegarde.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la construction courant 2019 d'un ouvrage public situé chemin des Costières à Bellegarde (Gard), à proximité des croisements avec le chemin vieux de Montpellier et le chemin vieux d'Avignon, M. A a, par un courrier du 28 avril 2021, demandé au maire de la commune de Bellegarde de supprimer cet ouvrage. En l'absence de réponse à cette demande, M. A demande au tribunal d'annuler la décision portant rejet de sa demande en date du 28 avril 2021 et de condamner la commune de Bellegarde à supprimer cet ouvrage.
Sur le cadre juridique applicable au litige et l'objet de la requête :
2. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, en tenant compte de l'écoulement du temps, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.
3. Eu égard à ce qu'il a été dit au point 2, les conclusions présentées par M. A doivent être regardées comme tendant à ce que le tribunal se prononce en tant que juge de plein contentieux sur la démolition de l'ouvrage public en litige.
Sur la recevabilité de la requête :
4. Alors que la commune de Bellegarde oppose au requérant le défaut d'intérêt à agir, le requérant fait valoir qu'il a subi par le passé trois interventions chirurgicales au niveau des lombaires et que le franchissement en voiture de l'ouvrage en cause lui est douloureux. Il précise, à cet égard, que le positionnement oblique de cet ouvrage, qu'il regarde comme un ralentisseur, entraîne quatre secousses successives.
5. Il résulte de l'instruction que M. A, qui est né en 1943, est domicilié au 177 chemin de Paradis à Bellegarde. Son domicile étant situé à 450 mètres environ de l'ouvrage en cause, M. A n'en est donc pas riverain. Par ailleurs, le requérant n'établit pas qu'il franchirait régulièrement cet ouvrage et ne conteste pas que son temps de trajet pour rejoindre le centre-ville de Bellegarde sans passer par cet ouvrage serait rallongé de seulement 300 mètres, étant précisé qu'il résulte de l'instruction que l'intéressé est à même, fût-ce en empruntant un détour mineur, de rejoindre par la route les communes limitrophes de Bellegarde sans passer par cet ouvrage. Enfin, le requérant, qui ne conteste pas en réplique que la hauteur maximale de cet ouvrage est de 6 cm, ne produit à l'instance aucun élément médical permettant d'établir que le franchissement de l'ouvrage en litige serait susceptible de lui causer des lésions au niveau des lombaires, le requérant se bornant à produire à l'instance les pièces médicales relatives aux opérations du canal lombaire qu'il a subies en 1989, 2000 et 2017. Il suit de là que, en l'état de l'instruction, les intérêts de M A ne sont pas lésés de façon suffisamment grave et certaine par l'ouvrage en cause. Ainsi, comme le fait valoir la commune de Bellegarde en défense, le requérant, faute d'intérêt à agir, n'est pas recevable à demander au tribunal à ce que soit ordonnée la démolition de l'ouvrage situé chemin des Costières à Bellegarde, à proximité des croisements avec le chemin vieux de Montpellier et le chemin vieux d'Avignon.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée comme irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la commune de Bellegarde, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de faire application des mêmes dispositions au bénéfice de la commune de Bellegarde.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bellegarde au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Bellegarde.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. AYMARD
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
L. GALAUP
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026