jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2103771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GUEZ GUEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 novembre 2021, M. D B, représenté par Me Guez Guez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 octobre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de Vaucluse a refusé de prolonger son placement en congé de longue durée et a fixé au 15 novembre 2021 la reprise de ses fonctions ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Vaucluse de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge du département de Vaucluse la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée de deux vices de procédure :
* il ne ressort pas du procès-verbal du comité médical supérieur du 12 octobre 2021 que cette instance était composée de membres compétents désignés par le ministre de la santé et que les dispositions de l'article 8 du décret n°86-442 du 14 mars 1986 n'auraient pas été méconnues ;
* aucun rapport du médecin de prévention n'a été communiqué au comité médical supérieur et le médecin de prévention n'a pas été mis à même de présenter des observations devant cette instance en méconnaissance des dispositions de l'article 9 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- elle est entachée d'incompétence négative dès lors que le président du conseil départemental de Vaucluse s'est, à tort, estimé en situation de compétence liée au regard de l'avis du comité médical supérieur ;
- le délai de réintégration de quinze jours qui lui est imparti est manifestement disproportionné dès lors qu'il est en arrêt et toujours souffrant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2022, le conseil départemental de Vaucluse, représenté par la SCP BCEP avocats associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés dans la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Chevillard,
-les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,
-les observations de Me Callens, représentant le département de Vaucluse.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté en 2009 par le département de Vaucluse pour exercer des fonctions d'assistant de gestion du contentieux revenu de solidarité active. Il a été nommé dans le cadre d'emploi des adjoints administratifs territoriaux de 2ème classe à compter du 1er février 2011 puis titularisé le 1er février 2012 par un arrêté du 29 mars 2012. L'intéressé a exercé ses fonctions jusqu'au 31 décembre 2014 et, à la suite du retrait de son habilitation pour accéder au logiciel CAFPRO de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse, a été affecté au sein du relai ressources humaines du département à compter du 1er janvier 2015. M. B a été placé en congé de longue maladie pour une durée de neuf mois jusqu'au 18 juin 2018, à la suite de l'avis émis par le comité médical le 5 avril 2018. Son congé de longue maladie a été prolongé pour une durée de six mois. Le 21 octobre 2018, M. B a accepté d'être placé rétroactivement en congé de longue durée à plein traitement à compter du 18 septembre 2017. A la suite de l'avis du comité médical du 28 février 2018, son congé de longue durée a été prolongé jusqu'au 17 décembre 2020. Par un courrier du 9 août 2019, M. B a sollicité la reconnaissance du caractère de maladie professionnelle imputable au service de son syndrome anxio-dépressif depuis le 18 septembre 2017. Sur la base des résultats de l'expertise médicale réalisée par le Dr C le 20 septembre 2019, le président du conseil départemental de Vaucluse a rejeté la demande de M. B par une décision du 14 novembre 2019. Par un courrier du 25 octobre 2019, l'intéressé a sollicité une contre-expertise auprès d'un médecin spécialiste en psychiatrie. Celle-ci a été réalisée le 16 décembre 2019 par le Dr A. Par une décision du 31 janvier 2020, l'autorité territoriale a refusé de reconnaitre le caractère de maladie professionnelle imputable au service de sa pathologie. Par un jugement du 27 janvier 2022, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. B tendant à l'annulation de cet arrêté. Par une décision du 19 octobre 2021, dont l'intéressé demande l'annulation, le président du conseil départemental de Vaucluse a refusé de prolonger son placement en congé de longue durée et a ordonné sa réintégration à compter du 15 novembre 2021.
Sur la légalité de la décision attaquée :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 du décret n°86-442 du 14 mars 1986, applicable au litige : " Il est institué auprès du ministre chargé de la santé un comité médical supérieur comprenant, pour l'exercice des attributions définies à l'article suivant, deux sections : / - une section de cinq membres, compétente en ce qui concerne les maladies mentales ; / - une section de huit membres, compétente pour les autres maladies. / Les membres du comité sont nommés pour une durée de trois ans par le ministre chargé de la santé ".
3. M. B soutient qu'il ne ressort pas du procès-verbal du comité médical supérieur du 12 octobre 2021 que cette instance était composée de membres compétents désignés par le ministre de la santé. Il ressort des termes même du procès-verbal de la séance du comité médical supérieur du 12 octobre 2021 que celui-ci ne comporte pas l'identité des médecins qui y ont siégé. Toutefois, le département de Vaucluse a produit à l'instance l'arrêté du ministre des solidarités et de la santé du 19 janvier 2020, régulièrement publié au bulletin officiel de ce ministère, qui désigne pour une période de trois ans les membres du conseil médical supérieur. Le département a également produit les courriels par lesquels il a sollicité à deux reprises, les 21 mars et 4 avril 2022, la composition exacte de l'instance ayant siégé le 12 octobre 2021, ainsi que la réponse de la responsable du comité médical supérieur indiquant qu'il appartient à l'agent de solliciter ces informations auprès du comité médical départemental. Ces éléments n'ont pas été contestés en réplique par M. B, qui n'a pas précisé son moyen en justifiant qu'il aurait sollicité ces informations ou que certains membres effectivement présents ne figuraient pas dans l'arrêté précité. Dans ces conditions, et alors même que le département de Vaucluse n'a pas justifié de la composition du conseil médical supérieur qui a examiné le cas du requérant, celui-ci n'est pas fondé à invoquer la méconnaissance d'une telle garantie. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article 9 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 qui concernent uniquement l'information du médecin de prévention de la tenue du comité médical départemental et non celle du comité médical supérieur qui se prononce uniquement sur la base des pièces figurant au dossier qui lui est soumis conformément à l'article 5 du même décret, qui ne prévoit aucune information préalable du médecin de prévention ni qu'il soit mis à même de présenter un rapport devant cette instance. Par suite, le moyen inopérant doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes même de la décision attaquée, qui vise également l'avis précédent du comité médical départemental reconnaissant le requérant apte à la reprise de ses fonctions à compter du 18 juin 2021 que le département de Vaucluse se serait considéré en situation de compétence liée au regard de l'avis du comité médical supérieur rendu le 12 octobre 2021. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. Le fonctionnaire conserve ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence () ".
7. Le requérant, qui conteste uniquement la décision attaquée en tant qu'elle fixe au 15 novembre 2021 la reprise de ses fonctions, soutient qu'elle est manifestement disproportionnée dès lors qu'il est en arrêt et toujours souffrant. Si, M. B produit un certificat médical du 20 avril 2021 qui mentionne que son état clinique reste fragile, qu'il présente un état dépressif avec des crises d'angoisses et des répercutions somatique, que ses capacités de contenance sont défaillantes, que son état ne lui permet pas de reprendre son poste et qu'il a besoin d'une prolongation de son congé de longue durée pour une durée de neuf mois, le comité médical départemental s'est, par avis du 26 janvier 2021, prononcé favorablement à sa réintégration à temps complet à compter du 18 juin 2021 et le comité médical supérieur dans le sens d'une reprise de fonctions immédiate le 12 octobre 2021 alors que celle-ci n'a été décidée qu'à compter du 15 novembre 2021. M. B, qui ne produit pas d'autre élément médical de nature à contredire de tels avis, n'est pas fondé à soutenir que la fixation de sa reprise de fonctions au 15 novembre 2021 est disproportionnée. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par suite, ses conclusions en annulation et, par voie de conséquence, celle présentées à fin d'injonction, doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le département de Vaucluse, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, verse la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B la somme que le département de Vaucluse demande au titre des mêmes disposition.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département de Vaucluse au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au département de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
F. DESMOULIERES
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2103771
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026