jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2103873 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI MOLINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2021, Mme A C, représentée par la SELARL Grimaldi et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2021 par laquelle le maire de la commune de Nîmes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime le 21 juillet 2020, ensemble la décision du 20 septembre 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Nîmes de réexaminer sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident, dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité non habilitée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'un seul représentant de l'administration a siégé au sein de la commission de réforme en méconnaissance de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, en méconnaissance de l'article 21 bis de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983, dès lors qu'elle a été agressée verbalement dans son bureau par un collègue de travail le 21 juillet 2021 et que cette agression de lui a causé des séquelles psychologiques.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 et 26 septembre 2022, la commune de Nîmes conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chevillard,
- les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,
- et les observations de Mme D, agent mandaté, représentant la commune de Nîmes.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, adjointe technique territoriale affectée au sein du conservatoire de la commune de Nîmes, a été victime, le 21 juillet 2020, d'une altercation verbale avec l'un de ses collègues. Par un courrier du 24 août 2020, l'intéressée a présenté une demande de reconnaissance d'accident de service. Suivant l'avis défavorable rendu par la commission départementale de réforme le 13 avril 2021, le maire de la commune de Nîmes a, par une décision du 2 juin 2021, refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident. Par un recours gracieux du 28 juillet 2021, rejeté le 20 septembre 2021, Mme C a demandé le retrait de la décision du 2 juin 2021. Par la présente requête, l'intéressée demande au tribunal d'annuler les décisions des 2 juin et 20 décembre 2021.
Sur la légalité des décisions attaquées :
2. Aux termes du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige : " Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. ".
3. Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Il appartient dans tous les cas au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel accident, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des attestations des 24 et 25 août et des 1er et 4 septembre 2020, ainsi que du rapport d'expertise du Dr B du 20 janvier 2021, que Mme C a été verbalement agressée dans son bureau et durant les heures de travail, le 21 juillet 2020, par un collègue de travail incommodé par la diffusion d'huiles essentielles par la requérante, pour désodoriser son espace de travail situé à proximité immédiate des toilettes. Il ressort aussi des pièces du dossier que cet évènement a provoqué chez l'intéressée un état d'anxiété important pour lequel son médecin traitant lui a prescrit un arrêt de travail et des anxiolytiques et qu'elle a été prise en charge par un psychologue. Ainsi, l'accident de Mme C, quelle qu'en soit la cause, constitue bien un évènement précis, survenu à une date certaine, dans le temps et le lieu du service alors qu'elle était en situation de travail. Si la commune se borne à faire valoir que cette altercation est purement privée et que des difficultés relationnelles préexistantes depuis 2017 sont à l'origine de la dégradation de l'état psychologique de la requérante, elle n'apporte aucun élément de nature à renverser la présomption légale. Ainsi, Mme C est fondée à soutenir que le maire de la commune a entaché les décisions attaquées d'erreur d'appréciation en refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de son accident du 21 juillet 2020.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les décisions attaquées du 2 juin 2021 et du 20 septembre 2021 doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement implique que l'administration réexamine la situation de Mme C au regard de ses droits au congé pour invalidité temporaire imputable au service. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de Nîmes d'y procéder, dans un délai de trois mois suivant la notification du présent jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande la commune de Nîmes sur ce fondement. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Nîmes la somme de 1 200 euros à verser à Mme C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les décisions du 2 juin 2021 et du 20 septembre 2021 de la commune de Nîmes sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Nîmes de réexaminer la situation de Mme C dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Nîmes versera à Mme C la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la commune de Nîmes.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2103873
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026