jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2103875 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LAURENT-NEYRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2021, M. B, représenté par Me Laurent-Neyrat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 juin 2021 par laquelle la préfète du Gard a refusé d'abroger l'arrêté du 29 octobre 2019, en tant que la même autorité a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Gard de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa demande et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une personne non habilitée ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 juin et 21 juillet 2022, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête, dirigée contre une décision confirmative de l'arrêté du 29 octobre 2019 devenu définitif, est irrecevable.
La défenseure des droits a produit un mémoire en intervention, enregistré le 18 juillet 2022.
Elle fait valoir que la décision attaquée est contraire au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. Chevillard et les observations de Me Laurent-Neyrat, représentant M. A, en présence de ce dernier.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, né le 22 février 2001 en Guinée, est entré mineur en France le 3 octobre 2017, selon ses déclarations. Par une demande enregistrée en préfecture du Gard le 16 janvier 2019, l'intéressé a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 313-15 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 29 octobre 2019, la préfète du Gard a expressément rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par une demande du 1er mars 2021, expressément rejetée par une décision du 9 juin 2021, M. A a sollicité le retrait de l'arrêté du 29 octobre 2019 en tant qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 9 juin 2021.
Sur la recevabilité de l'intervention volontaire de la défenseure des droits :
2. La défenseure des droits, autorité administrative indépendante dont la mission est notamment de défendre les personnes dont les droits ne sont pas respectés, justifie d'un intérêt à contester la décision attaquée. Par suite, son intervention, régulièrement présentée est recevable.
Sur la légalité de la décision attaquée :
3. Aux termes de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé. ".
4. En l'espèce, postérieurement à l'arrêté du 29 octobre 2019, le requérant produit, d'une part, un passeport biométrique du 19 août 2021 et une carte consulaire délivrée le 16 juillet 2021, qui ne constituent ni des documents d'état civil ni des circonstances de fait nouvelles. D'autre part, ne constitue pas non plus une circonstance de cette nature l'attestation de l'ambassade de Guinée du 9 juin 2020 attestant de la compétence de l'autorité ayant légalisé les documents produits par le requérant lors de sa demande de titre de séjour. Par ailleurs, les circonstances que la décision initiale portant refus de titre de séjour serait entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant du caractère non probant des documents produits à l'appui de sa demande pour justifier de l'état civil du requérant et méconnaîtrait l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à les supposer même établies, ne permettent pas d'établir que l'arrêté du 29 octobre 2019 serait devenu illégal en raison de circonstances, notamment de fait, postérieures à son édiction. Par suite, les moyens soulevés contre le refus d'abrogation en litige sont inopérants et ne peuvent dès lors qu'être écartés.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions en annulation de la décision du 9 juin 2021, et par voie de conséquences, celles présentées au titre de l'injonction et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B, au préfet du Gard, à la défenseure des droits et à Me Laurent-Neyrat.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2103875
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026