mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2104036 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 25 novembre 2021, 12 mai 2022 et 22 septembre 2023, M. B A et Mme E F épouse A, représentés par Me Coque, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2021 par lequel le maire d'Entraigues-sur-la-Sorgue a délivré à cette commune un permis de construire une maison de santé ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Entraigues-sur-la-Sorgue la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet ;
- le permis de construire litigieux méconnaît l'article UA12 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU).
Par des mémoires en défense enregistrés les 31 janvier 2022, 7 septembre et 10 octobre 2023, la commune d'Entraigues-sur-la-Sorgue, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir contre le permis de construire en litige ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public lors de leur construction et des installations ouvertes au public lors de leur aménagement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Coque pour les requérants et celles de Me Callens pour la commune d'Entraigues-sur-la-Sorgue.
Considérant ce qui suit :
1. Le 16 mars 2021, la commune d'Entraigues-sur-la-Sorgue a déposé auprès de ses propres services une demande de permis de construire une maison de santé sur un terrain situé rue Salvador Allende, parcelle cadastrée section AL n° 357, classée en zone UA du PLU. M. et Mme A demandent l'annulation de l'arrêté du 15 juin 2021 par lequel le maire d'Entraigues-sur-la-Sorgue a délivré le permis de construire, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'ils ont formé le 3 août 2021. Enfin, par arrêté du 27 janvier 2022, le maire d'Entraigues-sur-la-Sorgue a délivré à la commune un permis de construire modificatif portant sur la création d'un parking et précisant les conditions d'accessibilité et les moyens d'assurer la sécurité incendie du projet.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé pour le maire d'Entraigues-sur-la-Sorgue par Mme C D, adjointe déléguée à l'urbanisme, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du maire du 1er mars 2021, d'une délégation de signature en matière d'autorisations d'occupations des sols suffisamment précise. En outre, tant les mentions apposées sur cet arrêté que le certificat établi par le maire, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, indiquent respectivement qu'il a été affiché le 2 mars 2021 et publié au recueil des actes administratifs de la commune du premier trimestre de l'année 2021. Le moyen tiré de l'incompétence manque en fait et doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme dispose que : " La demande de permis de construire comprend : a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. 431-33-1 () ". Aux termes de l'article R. 431-7 du même code : " Sont joints à la demande de permis de construire : () b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. ". En application de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ". Au titre de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation () ". En application de l'article R. 111-19-18 du code de la construction et de l'habitation : " Le dossier, mentionné au a de l'article R. 111-19-17, comprend les pièces suivantes : 1° Un plan coté en trois dimensions précisant les cheminements extérieurs ainsi que les conditions de raccordement entre la voirie et les espaces extérieurs de l'établissement et entre l'intérieur et l'extérieur du ou des bâtiments constituant l'établissement ; 2° Un plan coté en trois dimensions précisant les circulations intérieures horizontales et verticales, les aires de stationnement et, s'il y a lieu, les locaux sanitaires destinés au public. "
4. D'autre part, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis de construire modificatif, dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été initialement omises. Les illégalités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis de construire initial.
5. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire qu'y figure une pièce PC06 correspondant au document graphique d'insertion exigé par l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme précité. Par ailleurs, le dossier de demande sur la base duquel a été délivré le permis de construire modificatif du 27 janvier 2022 comporte deux pièces PC02 et PC39-PC40 précisant les cheminements extérieurs et les circulations intérieures accessibles aux personnes à mobilité réduite, de sorte que l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire initial sur ce point ne peut utilement être invoquée.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme : " Lorsque le règlement impose la réalisation d'aires de stationnement pour les véhicules motorisés, celles-ci peuvent être réalisées sur le terrain d'assiette ou dans son environnement immédiat.() " L'article UA12 du règlement du PLU dispose que : " () 12.5 Constructions nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif : - Le nombre de place de stationnement doit être en rapport avec l'utilisation envisagée et la capacité d'accueil de la construction. / Stationnement vélo : à déterminer en fonction de la nature, du taux et du rythme de fréquentation, de la situation géographique ". En application de l'article 3 de l'arrêté du 20 avril 2017 susvisé : " Les places de stationnement adaptées sont localisées à proximité d'une entrée, de la sortie accessible, du hall d'accueil ou de l'ascenseur et reliées à ceux-ci par un cheminement accessible tel que défini selon les cas à l'article 2 ou à l'article 6 du présent arrêté à l'exception de la disposition relative au repérage et au guidage mentionnée au premier alinéa du 1° du II de l'article 2 () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire en litige prévoit l'aménagement de deux places de stationnement sur le trottoir de la rue Salvador Allende longeant le bâtiment projeté. Les pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif indiquent que l'une de ces deux places sera réservée aux ambulances et prévoient, en outre, la réalisation d'un parking privatif composé de onze emplacements, dont trois sont réservées au personnel et un aux personnes à mobilité réduite, de l'autre côté de la rue Salvador Allende. Treize places de stationnement seront donc, au total, affectées au projet et neuf d'entre elles pourront être utilisées par les patients, ce qui apparait suffisant au regard de la capacité d'accueil de trente-deux personnes de l'établissement recevant du public sur lequel il porte, de même que l'aménagement de cinq emplacements de stationnement pour les vélos au sein du parking créé. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé à environ 20 mètres d'un parking public et la commune fait valoir sans être contredite qu'il est également desservi par le réseau de transports en commun. Enfin, compte tenu de ce que l'entrée du projet et le parking seront éloignés d'une distance limitée à environ 30 mètres et de ce qu'un cheminement empruntable par les personnes à mobilité réduite sera aménagé, l'emplacement qui leur est destiné répond aux exigences de l'article 3 de l'arrêté du 20 avril 2017 précité. Il s'ensuit que le moyen tiré de la violation de l'article UA12 du règlement du PLU doit être écarté en toutes ses branches.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune d'Entraigues-sur-la-Sorgue, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. Il y a en revanche lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme A la somme de 1 500 euros à verser à la commune d'Entraigues-sur-la-Sorgue.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune d'Entraigues-sur-la-Sorgue la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et Mme E F épouse A et à la commune d'Entraigues-sur-la-Sorgue.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024 où siégeaient :
- M. Roux, président,
- Mme Lahmar, conseillère,
- M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
G. ROUXLa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026