mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2104111 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 3 décembre 2021, 9 et 10 août 2023, M. A F, représenté par Me Blanc, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2021 par lequel le préfet du Gard l'a mis en demeure de mettre en conformité les remblais et déchets constatés en zone inondable sur la parcelle CN 130 dont il est propriétaire à Nîmes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juin 2023, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Achour,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
- les observations de Me Rouault, représentant M. F,
- et les observations de Mme C, représentant le préfet du Gard.
Considérant ce qui suit :
1. M. F a acquis en mars 2020 une parcelle cadastrée section CN n°130 à Nîmes. A la suite d'un rapport de manquement dressé le 19 mars 2021 et après avoir recueilli les observations de l'intéressé le 1er juin 2021, le préfet du Gard l'a mis en demeure, par un arrêté du 19 août 2021, de mettre en conformité les remblais et déchets constatés sur cette parcelle située en zone inondable. M. F demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 171-7 du code de l'environnement : " I.-Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, lorsque des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés sans avoir fait l'objet de l'autorisation, de l'enregistrement, de l'agrément, de l'homologation, de la certification ou de la déclaration requis en application du présent code, ou sans avoir tenu compte d'une opposition à déclaration, l'autorité administrative compétente met l'intéressé en demeure de régulariser sa situation dans un délai qu'elle détermine, et qui ne peut excéder une durée d'un an. () III.-Sauf en cas d'urgence, et à l'exception de la décision de mise en demeure prévue au premier alinéa du I du présent article, les mesures mentionnées au présent article sont prises après avoir communiqué à l'intéressé les éléments susceptibles de fonder les mesures et l'avoir informé de la possibilité de présenter ses observations dans un délai déterminé ". Aux termes de l'article L. 171-8 du même code : " I.-Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, en cas d'inobservation des prescriptions applicables en vertu du présent code aux installations, ouvrages, travaux, aménagements, opérations, objets, dispositifs et activités, l'autorité administrative compétente met en demeure la personne à laquelle incombe l'obligation d'y satisfaire dans un délai qu'elle détermine. En cas d'urgence, elle fixe, par le même acte ou par un acte distinct, les mesures nécessaires pour prévenir les dangers graves et imminents pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement. II. -Si, à l'expiration du délai imparti, il n'a pas été déféré à la mise en demeure, aux mesures d'urgence mentionnées à la dernière phrase du I du présent article ou aux mesures ordonnées sur le fondement du II de l'article L. 171-7, l'autorité administrative compétente peut arrêter une ou plusieurs des sanctions administratives suivantes () ".
3. En premier lieu, par un arrêté du 8 mars 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet du Gard a donné à M. B, directeur départemental des territoires et de la mer, délégation à l'effet de signer notamment, dans le cadre de ses attributions et compétences au titre de la gestion de l'eau et des milieux aquatiques, les contrôles et sanctions administratives pour les ouvrages et opérations en application des articles L. 171-6 à L. 171-11 du code de l'environnement en matière de police de l'eau, en particulier les arrêtés de mise en demeure suite à infraction, et l'a autorisé à subdéléguer sa signature sous sa responsabilité à ses collaborateurs. L'acte attaqué a été signé par M. D E, ingénieur en chef des travaux publics de l'Etat, lequel disposait, en vertu d'un arrêté du 11 mars 2021 publié le 13 mars 2021, d'une subdélégation de signature de M. B à l'effet de signer, en matière de gestion de l'eau et des milieux aquatiques, notamment tous les actes de procédures et décisions dont les arrêtés de prescriptions complémentaires et arrêtés de prescriptions spécifiques., sans exclure les mises en demeure. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque ainsi en fait et doit être écarté.
4. En second lieu, il résulte de l'instruction qu'après une visite sur place le 16 mars 2021, dans le cadre d'une opération de contrôle de remblais et de déchets en zone inondable sur le territoire de la commune de Nîmes à la suite d'un signalement, le service eau et risques de la direction départementale des territoires et de la mer du Gard a dressé un rapport de manquement administratif constatant, sur la parcelle CN130 appartenant à M. F, la présence de deux talus de remblais récents visibles depuis la route d'Avignon, stabilisés et formant deux grandes plateformes l'une à 1,50 mètres de hauteur, l'autre à 3 mètres sur une largeur totale de 37 mètres et une longueur de 107 mètres et la présence de quelques tas de déchets de toute nature, d'autres déchets potentiellement dangereux constatés en septembre 2020 ayant potentiellement été enfouis dans les remblais.
5. Il est constant que la parcelle CN130 est située en zone non urbaine inondable caractérisée par un aléa très fort selon le plan de prévention des risques d'inondation de la commune de Nîmes approuvé le 28 février 2012, interdisant tous remblais, dépôts de matériaux et conditionnements susceptibles d'être emportés, de gêner les écoulements ou de polluer les eaux en cas de crue et en particulier les décharges, dépôts d'ordures, de déchets ou de produits dangereux ou polluants. Il n'est pas contesté par ailleurs que cette parcelle est située dans le lit majeur d'un cours d'eau au sens de l'article R. 214-1 du code de l'environnement qui soumet à déclaration les remblais de plus de 400 m² et de moins de 10 000 m².
6. M. F conteste les constatations fondant l'arrêté en litige, arguant n'avoir ajouté aucun remblai et s'être borné à niveler les remblais existants et à reconstituer les restanques, et affirmant avoir évacué les déchets. Toutefois, il reconnaît que la parcelle CN130 lui appartenant accueillait des dépôts de déchets et qu'elle est en partie constituée de remblais, lesquels peuvent avoir été réalisés par l'enfouissement des déchets et matériaux autrefois présents. S'il soutient avoir évacué les tas de déchets constatés lors du contrôle sur place, il n'établit ni même n'allègue avoir supprimé les remblais existants. La circonstance que ceux-ci auraient été présents lors de l'acquisition de la parcelle en mars 2020 est quant à elle sans incidence sur la légalité de l'acte attaqué. En tout état de cause, les photographies prises sur le site lors du contrôle démontrent la présence de remblais récents, couvrant la base des oliviers et constituant des talus surélevés alors que, comme le mentionne le rapport du cabinet Camps établi à la demande de l'intéressé en réponse à la notification du projet d'arrêté, le reste du terrain a été laissé dans son état naturel en contrebas de la route. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, M. F n'est pas fondé en soutenir que la mise en demeure en litige, lui imposant de supprimer les remblais et déchets présents sur la parcelle, serait entachée d'une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation présentées par M. F doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F et au préfet du Gard.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
La rapporteure,
P. ACHOUR
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104111
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026