mardi 2 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2104278 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 16 décembre 2021, 20 janvier, 12 avril, 29 juin 2022 et 3 novembre 2023, M. et Mme B et G F, représentés par la Selarl Blanc, Tardivel, Bocognano, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2021 par lequel le maire de Nages-et-Solorgues a délivré à M. D un permis de construire modificatif, ensemble la décision du 3 novembre 2021 par lequel il a rejeté leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nages-et-Solorgues la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il méconnaît les articles UC1 et UC4 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU).
Par des mémoires en défense enregistrés les 2 mars et 14 juin 2022, M. et Mme D, représentés par la SCP BCEP avocats associés, concluent à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le tribunal fasse application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir contre le permis de construire en litige ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2022, la commune de Nages-et-Solorgues, représentée par la SCP Territoire avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir contre le permis de construire en litige ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Rouault pour les requérants, de Me Chatron pour la commune de Nages-et-Solorgues et celles de Me Callens pour M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 octobre 2019, le maire de Nages-et-Solorgues a délivré à M. D un permis de construire une maison individuelle avec garage et piscine sur un terrain situé 100, chemin de la Draille, parcelles cadastrées section B n°s 1718, 1720 et 1722, classées en zone UCd du PLU. M. et Mme C F demandent l'annulation de l'arrêté du 19 mars 2021 par lequel le maire a délivré à M. D un permis de construire modificatif portant sur la modification d'une façade et la création d'un remblai, ensemble la décision du 3 novembre 2021 par laquelle il a rejeté leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé pour le maire de Nages-et-Solorgues par M. E A, adjoint délégué à l'urbanisme, qui bénéficiait pour ce faire, par arrêté du 12 juin 2020 dont les mentions ne sont pas contestées par les requérants, d'une délégation de fonctions en matière notamment de délivrance des permis de construire modificatifs. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté manque en fait et doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article UC1 du règlement du PLU : " Sont interdits : () les affouillements ou exhaussements du sol, sauf ceux qui sont nécessaires à la réalisation d'un projet autorisé dans la zone () "
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux porte notamment sur la création d'un remblai d'une hauteur maximale de 60 centimètres, à l'est de la façade sud de la maison implantée sur le terrain. Ces travaux, qui sont justifiés par la nécessité de combler le vide sanitaire de 60 centimètres que présente la construction et par la topographie de la parcelle, marquée par l'existence d'une pente allant d'est en ouest, doivent être regardés comme étant nécessaires à la réalisation du projet autorisé par le permis de construire initial. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté litigieux méconnaît l'article UC1 précité.
5. En second lieu, en application de l'article UC4 du règlement du PLU : " Les aménagements réalisés sur tout terrain devront être tels qu'ils garantissent l'écoulement des eaux pluviales non infiltrées sur la parcelle dans le réseau public les collectant. Les aménagements réalisés sur un terrain doit être conçu de façon à : - ne pas faire obstacle au libre écoulement des eaux pluviales () "
6. Les requérants font valoir qu'alors que les eaux pluviales du secteur se déversaient initialement depuis le chemin de la Draille sur le terrain d'assiette du projet, la réalisation du remblai, régularisée par le permis de construire en litige, a modifié leur trajectoire et conduit à ce qu'elles stagnent sur le fond voisin puis s'évacuent sur leur propriété, entraînant notamment l'effondrement d'un mur suite à un épisode cévenol en septembre 2021. Les pièces qu'ils produisent, à savoir une attestation du voisin du pétitionnaire et un relevé topographique de la parcelle, ne démontrent toutefois pas que le remblai litigieux, qui comporte des drains de large diamètre visant à l'évacuation de ces eaux, posés dans le cadre du permis de construire initial, ferait obstacle au libre écoulement des eaux pluviales du terrain, ni qu'il serait à l'origine des désordres dont ils font état. Il s'ensuit qu'ils ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté en litige méconnaîtrait l'article UC4 du règlement du PLU.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Nages-et-Solorgues, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants une quelconque somme à verser à la commune de Nages-et-Solorgues et à M. et Mme D sur ce fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Nages-et-Solorgues et de M. D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et G F, à la commune de Nages-et-Solorgues et à M. et Mme D.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023 où siégeaient :
- M. Roux, président,
- Mme Lahmar, conseillère,
- M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 janvier 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
G. ROUXLa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026