mardi 2 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200218 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP MARGALL D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 janvier 2022, M. B A représenté par Me Gils, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 5 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de Villelaure a approuvé la révision générale du plan local d'urbanisme communal, en tant qu'il procède au classement des parcelles cadastrées section AP nos 75, 77 et 78, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux dirigé contre cette délibération en tant qu'elle procède à ce classement ;
2°) d'enjoindre à l'autorité compétente d'engager la procédure adéquate d'évolution du plan local d'urbanisme communal afin de classer les parcelles litigieuses en zone constructible ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villelaure la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le classement de ses parcelles en zone N, qui est justifié par la prise en compte du risque d'inondation identifié par une étude contenant des données erronées, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2022, la commune de Villelaure, représentée par la SCP Territoires Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- le classement des parcelles litigieuses en zone N ainsi qu'en zone A n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chatron, représentant la commune de Villelaure.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 5 juillet 2021, le conseil municipal de Villelaure a approuvé la révision générale du plan local d'urbanisme communal. Par un courrier du 17 septembre 2021, reçu le 22 septembre suivant en mairie, M. A a formé, en vain, un recours gracieux tendant au retrait de cette délibération en tant qu'elle concerne le classement de ses parcelles cadastrées section AP nos 75, 77 et 78. M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler cette délibération, en tant qu'elle procède à ce classement, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux.
2. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
3. L'axe 1 du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme révisé de Villelaure fixe un objectif consistant à " reconstituer et pérenniser la trame verte et bleue " et prévoyant notamment de protéger les espaces naturels et agricoles du mitage. Cet axe 1 comporte également un objectif visant à conserver le potentiel agricole de la commune de Villelaure. Son axe 2 est relatif à la prise en compte de différents risques, notamment le risque de feu de forêt, ainsi que le risque d'inondation lié à la présence, sur le territoire communal, de deux cours d'eau, la Durance et le Marderic. L'axe 3, intitulé " Maîtriser le développement urbain ", fixe des objectifs de modération de la consommation d'espace et de lutte contre l'étalement urbain.
4. D'une part, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme, qui reprend en substance l'ancien article R. 123-7 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section AP n° 75 et une partie de la parcelle castrée section AP n° 77 sont classées en zone A du plan local d'urbanisme en litige, zone au sein de laquelle l'édification de certaines constructions est autorisée, et non en zone N comme le soutient M. A. Ces parcelles attenantes et non bâties s'ouvrent au nord-est et à l'est sur un vaste secteur à dominante naturelle et boisée. M. A n'établit ni même n'allègue qu'elles seraient dépourvues de tout potentiel agronomique, biologique ou économique. Par ailleurs, la commune de Villelaure soutient sans être contredite que ces deux parcelles sont concernées tant par un risque d'inondation que par un risque de feu de forêt. Dans ces conditions, compte tenu du parti d'aménagement, rappelé au point 3, retenu par les auteurs du plan local d'urbanisme révisé ainsi que des caractéristiques des parcelles en cause, leur classement en zone A n'apparaît pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. D'autre part, aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme, qui reprend en partie l'ancien article R. 123-8 du même code : " Les zones naturelles et forestières sont dites
" zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section AP n° 78 et une partie de la parcelle castrée section AP n° 77 font l'objet d'un classement en zone N du plan local d'urbanisme révisé de Villelaure. Bien que situées à proximité de terrains classés en zone urbaine, ces deux parcelles attenantes, qui ont conservé un caractère naturel et sont dépourvues de toute construction, s'ouvrent au nord-est et à l'est sur le vaste secteur, à dominante naturelle et boisée, évoqué au point 5. Par ailleurs, M. A ne produit aucun élément de nature à remettre en cause la réalité et l'intensité du risque d'inondation, lié au Marderic, pris en compte par les auteurs de la révision générale du plan local d'urbanisme de Villelaure. Compte tenu des caractéristiques des deux parcelles en cause, de la vocation du secteur à dominante naturelle dans lequel elles s'inscrivent, ainsi que du parti d'urbanisme rappelé au point 3, leur classement en zone naturelle n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Villelaure, que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Villelaure au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Villelaure au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Villelaure.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 janvier 2024.
Le rapporteur,
R. MOURETLe président,
G. ROUX
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026