mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200269 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP BRUN CHABADEL EXPERT PITON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 janvier 2022 et 8 décembre 2023, la SARL CLBB, représentée par la SELARL Blanc, Tardivel, Bocognano, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2022 par lequel le maire de Lézan s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux ;
2°) d'enjoindre au maire de Lézan de lui délivrer un arrêté de non-opposition à déclaration préalable dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Lézan le versement de la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- le maire était lié par l'avis favorable émis par la préfète du Gard ;
- le motif tiré de la méconnaissance des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme est infondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 octobre 2023, la commune de Lézan, représentée par la SCP BCEP Avocats associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Rouault pour la requérante et celles de Me Calas pour la commune de Lézan.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 novembre 2021, la SARL CLBB a déposé auprès des services de la commune de Lézan une déclaration préalable de travaux portant sur l'installation de machines à laver en libre-service sur un terrain situé 9, avenue de la Gare. La préfète du Gard, saisie au titre de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme, a tacitement émis un avis favorable au projet. La SARL CLBB demande l'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2022 par lequel le maire de Lézan s'est opposé à la déclaration préalable de travaux.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Il résulte de ces dispositions que le maire n'est pas tenu de suivre un avis favorable du préfet et peut, lorsqu'il estime disposer d'un motif légal pour le faire au titre d'autres dispositions que celles ayant donné lieu à cet avis, s'opposer à la déclaration préalable déposée.
3. En l'espèce, le maire de Lézan s'est écarté de l'avis tacite, réputé favorable au projet de la SARL CLBB, émis par la préfète du Gard le 7 janvier 2022, au motif qu'il méconnaissait les articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme.
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-5 du même code : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. "
5. La décision d'opposition attaquée est notamment fondée, en application des dispositions précitées, sur le caractère inadapté de la desserte du projet. Dans ce cadre, les éléments relatifs à l'état initial du trafic dans le secteur ont trait aux conditions générales de circulation dans la zone et ne pouvaient être pris en compte pour considérer que le projet entraînait un risque pour la sécurité publique. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que les véhicules sortant du parking de la supérette existante au niveau duquel seront installés les appareils projetés doivent, afin d'accéder à l'avenue de la Gare, emprunter un passage à sens unique d'une faible largeur bordant le bâtiment implanté sur la parcelle voisine, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard au faible nombre de véhicules supplémentaires qu'entrainerait la réalisation du projet, que sa desserte par ce passage serait pour autant inadaptée. L'appréciation portée par le maire sur ce point en application de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme est donc erronée.
6. En second, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
7. Pour s'opposer à la déclaration préalable en cause, le maire a également relevé que le projet créait un risque pour la sécurité publique en ce qu'il générerait " du stationnement non autorisé sur la voie publique " et en ce que la voie permettant d'y accéder " n'est pas suffisamment dimensionnée pour pouvoir desservir un tel service ". Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet vise à installer deux lave-linges et un sèche-linge accessibles en libre-service au niveau d'une des façades d'une supérette existante, et prévoit que les clients véhiculés pourront stationner sur les vingt-trois emplacements déjà aménagés pour ce commerce qui resteront disponibles après réalisation du projet. Si un permis de construire, délivré le 19 avril 2019, est susceptible d'entrainer la suppression de quatre de ces places, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que cette autorisation aurait été exécutée ou serait encore valide. Par ailleurs, en l'absence de tout élément relatif au besoin en stationnement généré par la supérette existante, il n'est pas démontré que ces vingt-trois places ne seraient pas suffisantes pour satisfaire, en supplément de ceux-ci, les faibles besoins de stationnement du projet de la SARL CLBB. Au vu de ces éléments, il n'est donc, en tout état de cause, pas démontré que le projet serait susceptible d'entrainer un stationnement sauvage de véhicules sur la voie publique, lequel relèverait au demeurant de l'exercice des pouvoirs de police du maire. D'autre part, et ainsi qu'exposé au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier que les caractéristiques des voies visant à desservir le projet seraient inadaptées à l'usage qui en sera fait suite à sa réalisation et qu'il entraînerait, de ce fait, un risque pour la sécurité publique. Il résulte de ces éléments qu'en s'opposant à la déclaration préalable en cause au motif qu'elle méconnaissait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, le maire a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens de la requête ne sont pas susceptibles de fonder l'annulation de la décision attaquée.
9. Il résulte de ce qui précède que la société requérante est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Il y a lieu d'enjoindre au maire de Lézan de délivrer à la SARL CLBB un arrêté de non-opposition à déclaration préalable dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la société requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. Il y a en revanche lieu, à ce titre, de mettre à la charge de la commune de Lézan une somme de 1 500 euros à verser à la société requérante.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 janvier 2022 du maire de Lézan est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Lézan de prendre un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable sollicitée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : La commune de Lézan versera à la SARL CLBB une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SARL CLBB et à la commune de Lézan.
Délibéré après l'audience du 13 février 2024 où siégeaient :
- M. Roux, président,
- Mme Lahmar, conseillère,
- M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
G. ROUX
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026