mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200368 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DRAI Associés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 février 2022, M. D A et Mme C B épouse A, représentés par Me Collion, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 décembre 2021 par lequel le maire d'Althen-des-Paluds s'est opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. A ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Althen-des-Paluds la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- les motifs tirés de la méconnaissance des articles A2 et A3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) sont illégaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2023, la commune d'Althen-des-Paluds, représentée par la SELARL Drai associés, conclut au rejet de la requête de M. et Mme A et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la déclaration préalable ayant été déposée par M. A uniquement, les conclusions de la requête formées par Mme A sont irrecevables ;
- le projet n'impliquait la délivrance d'aucune autorisation d'urbanisme, de sorte que la décision attaquée présente un caractère superfétatoire et que les conclusions tendant à son annulation sont irrecevables ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Collion pour les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 décembre 2021, M. A a déposé auprès des services de la commune d'Althen-des-Paluds une déclaration préalable de travaux pour la création d'un accès sur la parcelle cadastrée section A n° 935, située route du Cabanon et classée en zone A du PLU. M. et Mme A demandent l'annulation de l'arrêté du 29 décembre 2021 par lequel le maire d'Althen-des-Paluds s'y est opposé.
Sur la recevabilité de la requête :
Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir de Mme A :
2. La circonstance que l'un des auteurs d'une requête collective ne justifie pas d'un intérêt à agir ne fait pas obstacle à ce que les conclusions de cette requête soient jugées recevables, mais seulement à ce que le juge accueille les conclusions propres à ce requérant, telles celles tendant au remboursement des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Ainsi, la circonstance que Mme A, à la supposer établie et alors qu'il n'est pas contesté qu'elle est également propriétaire du terrain d'assiette du projet, ne justifierait pas d'un intérêt à agir contre l'arrêté litigieux, ne fait pas obstacle à ce que les conclusions à fin d'annulation de la présente requête collective soient jugées recevables.
Sur la fin de non-recevoir tirée du caractère superfétatoire de la décision attaquée :
3. Aux termes de l'article R. 421-18 du code de l'urbanisme : " Les travaux, installations et aménagements autres que ceux exécutés sur des constructions existantes sont dispensés de toute formalité au titre du code de l'urbanisme à l'exception : a) De ceux, mentionnés aux articles R. 421-19 à R. 421-22, qui sont soumis à permis d'aménager ; b) De ceux, mentionnés aux articles R. 421-23 à R. 421-25, qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. "
4. Les travaux en cause visent à déplacer de quelques mètres le débouché du chemin traversant les parcelles cadastrées section A nos 121 et 935, que les requérants utilisent pour accéder à leur habitation, sur la route de Cabanon. Ils ne figurent, à cet égard, ni dans la liste des travaux, installations et aménagements mentionnés aux articles R. 421-19 à R. 421-22 du code de l'urbanisme, ni dans celle fixée aux articles R. 421-23 à R. 421-25 de ce code et n'étaient donc soumis à aucune formalité. Il s'ensuit que la décision d'opposition à déclaration préalable en litige ne présentait aucun caractère nécessaire. Toutefois, eu égard à la valeur d'interdiction présentée par le refus qui leur a été opposé et aux effets négatifs qu'elle emporte sur la situation des requérants, cette décision doit être regardée comme leur faisant grief. Ils sont, par suite, recevables à en demander l'annulation pour excès de pouvoir. La fin de non-recevoir tirée de ce que la requête serait, pour ce motif, irrecevable, doit, dès lors, être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, en s'opposant à la déclaration préalable en litige, alors que, ainsi qu'il vient d'être dit, les travaux en cause n'étaient soumis à aucune formalité, le maire d'Althen-des-Paluds a entaché sa décision d'erreur de droit.
6. En deuxième lieu, sauf dispositions législatives contraires, les riverains d'une voie publique ont le droit d'accéder librement à leur propriété, et notamment, d'entrer et de sortir des immeubles à pied ou avec un véhicule. L'autorité domaniale, le cas échéant consultée par l'autorité saisie d'une demande d'autorisation d'urbanisme, ne peut refuser d'accorder un tel accès, qui constitue un accessoire du droit de propriété, que pour des motifs tirés de la conservation et de la protection du domaine public ou de la sécurité de la circulation sur la voie publique. Il est toutefois loisible au plan local d'urbanisme, qui peut, en vertu de l'article L. 151-39 du code de l'urbanisme, fixer les conditions de desserte des terrains susceptibles de recevoir des constructions ou de faire l'objet d'aménagements, de préciser, dans le respect du principe énoncé au point précédent, les conditions de l'accès à ces terrains par les voies publiques.
7. Aux termes de l'article A3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Althen-des-Paluds : " Pour être constructible, un terrain doit être desservi par une voie publique ou privée présentant les caractéristiques techniques adaptées aux usages qu'elle supporte et aux opérations qu'elle dessert (défense contre l'incendie, sécurité civile, ramassage des ordures, capacités d'accueil et fréquentation des bâtiments, etc.). L'accès au terrain doit également ne pas présenter de risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu notamment de la position des accès, de leur configuration, ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic ". L'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
8. Pour s'opposer à la déclaration préalable en cause, le maire d'Althen-des-Paluds a d'abord relevé, en se fondant sur les dispositions précitées des articles A3 du règlement du PLU et R. 111-2 du code de l'urbanisme, que l'accès projeté était de nature à créer un risque pour la sécurité publique. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que les requérants, qui exercent la profession de forains, sont propriétaires d'une maison d'habitation édifiée sur les parcelles cadastrées section A nos 118 à 120 dont la desserte est réalisée par le chemin traversant les parcelles cadastrées section A nos 121 et 935 et débouchant sur la route de Cabanon. Dans le cadre de l'exécution de travaux sur la route de Cabanon, une nouvelle voie a été créée au niveau de cet accès existant. Il ressort du procès-verbal de constat d'huissier établi à la demande des requérants le 22 février 2022 que le dévers goudronné dont est constitué cette nouvelle voie en réduit la largeur, faisant ainsi obstacle au passage de véhicules longs tels ceux dont sont propriétaires M. et Mme A. Le projet vise, de ce fait, et ainsi qu'exposé précédemment, à déplacer l'accès sur la route de Cabanon de quelques mètres à l'ouest afin d'éviter aux véhicules d'avoir à emprunter le dévers goudronné en question. Eu égard au caractère mineur de ces modifications d'un accès existant, la circonstance dont a fait état le maire dans l'arrêté attaqué selon laquelle l'accès projeté sera lui aussi situé dans un virage et dans une zone où la circulation est rapide, ce qui n'est au demeurant pas établi, n'est pas de nature à démontrer qu'il entraînerait la création d'un risque pour la sécurité publique, alors qu'il vient d'être dit que l'accès existant présente, en l'état, un caractère dangereux en ce qui concerne le passage des véhicules longs. De la même manière, la circonstance que l'accès prévu soit plus proche de l'intersection entre la route de Cabanon et la nouvelle voie et du marquage " STOP " la régissant ne révèle pas l'existence d'un risque pour la sécurité publique. Il en résulte qu'en se fondant sur un tel motif pour s'opposer à la déclaration préalable litigieuse, le maire d'Althen-des-Paluds a en tout état de cause entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
9. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 6 qu'une décision de refus de créer un accès sur une voie publique ne peut être légalement fondée que sur des motifs tirés de la conservation et de la protection du domaine public ou de la sécurité de la circulation sur la voie publique. Le maire d'Althen-des-Paluds ne pouvait donc, en tout état de cause, légalement opposer au projet l'impact défavorable qu'il occasionnerait sur le potentiel agricole du terrain sur lequel il sera réalisé et l'absence de caractère nécessaire vis-à-vis d'une exploitation agricole au regard des dispositions de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme.
10. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen de la requête n'est pas susceptible de fonder l'annulation de la décision attaquée.
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 29 décembre 2021 par lequel le maire d'Althen-des-Paluds s'est opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. A.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, les travaux en cause ne nécessitent la délivrance d'aucune autorisation d'urbanisme. Il n'y a, dès lors, pas lieu de faire droit aux conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au maire d'Althen-des-Paluds de délivrer aux requérants une décision de non-opposition à déclaration préalable.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Althen-des-Paluds la somme de 1 200 euros à verser aux requérants sur le fondement des mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire d'Althen-des-Paluds du 29 décembre 2021 est annulé.
Article 2 : La commune d'Althen-des-Paluds versera à M. et Mme A une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme A et les conclusions de la commune d'Althen-des-Paluds présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D et C A et à la commune d'Althen-des-Paluds.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024 où siégeaient :
- M. Ciréfice, président,
- Mme Lahmar, conseillère,
- Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
C. CIREFICE
La greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026