mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200600 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BRAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 26 février et 17 octobre 2022 et 28 décembre 2023, M. A C et Mme B D épouse C, représentés par Me Berenger, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2021 par lequel le maire de Cheval-Blanc a délivré à cette commune un permis de construire un pôle médical, ensemble la décision du 24 décembre 2021 ayant rejeté leur recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 août 2021 par lequel le maire de Cheval-Blanc a délivré à cette commune une autorisation de travaux portant sur un établissement recevant du public ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Cheval-Blanc la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
En ce qui concerne l'arrêté du 18 août 2021 :
- il est entaché d'incompétence dès lors qu'il devait être délivré par le maire au nom de l'Etat, et non de la commune ;
- le maire ne pouvait légalement statuer par un arrêté distinct sur la demande d'autorisation de travaux en application des articles L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation et L. 425-3 du code de l'urbanisme ; le recours à une instruction disjointe entache l'autorisation de travaux d'un vice de procédure.
En ce qui concerne l'arrêté du 25 octobre 2021 :
- le projet nécessitait la délivrance d'une autorisation de défrichement ; en l'absence d'obtention d'une telle autorisation, le maire n'était pas compétent pour délivrer le permis de construire ;
- le maire ne pouvait légalement statuer par un arrêté distinct sur la demande d'autorisation de travaux en application des articles L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation et L. 425-3 du code de l'urbanisme ; le recours à une instruction disjointe entache le permis de construire d'un vice de procédure ;
- le maire n'avait pas qualité pour déposer la demande de permis de construire au nom de la commune, en méconnaissance des articles R. 423-1 du code de l'urbanisme et L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des dispositions des articles R. 431-16 n) et R. 431-19 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire méconnaît les articles N13, N3, N12 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- le département de Vaucluse n'a pas été saisi pour avis, en méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme ;
- le règlement du PLU applicable au secteur Nhf3 est illégal dès lors que :
* il fixe des règles spécifiques au pôle médical projeté alors qu'il ne s'agit pas d'une des destinations de constructions prévues par le code de l'urbanisme, en méconnaissance de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme ;
* il ne fixe pas les règles d'implantation, de raccordement aux réseaux publics, d'hygiène et de sécurité applicables aux constructions édifiées dans le secteur, en méconnaissance de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme ;
* il est incohérent vis-à-vis du projet d'aménagement et de développement durable (PADD).
Par des mémoires en défense enregistrés les 19 août et 17 novembre 2022 et 7 décembre 2023, la commune de Cheval-Blanc, représentée par Me Audouin, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, au rejet de la requête, subsidiairement, à ce que le tribunal fasse application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et en tout état de cause à ce que soient mis à la charge des requérants une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 18 août 2021 sont tardives ;
- les requérants n'ont pas intérêt à agir contre le permis de construire en litige ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par lettres du 29 février 2024, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de mettre en œuvre la procédure prévue à l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et invitées à présenter leurs observations sur ce point.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code forestier ;
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Tagnon pour les requérants et celles de Me Audouin pour la commune de Cheval-Blanc.
Une note en délibéré, présentée pour la commune de Cheval-Blanc, a été enregistrée le 10 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le 16 juin 2021, la commune de Cheval-Blanc a déposé auprès de ses propres services, d'une part, une demande de permis de construire un pôle médical sur un terrain situé Route des Taillades, parcelles cadastrées section AL nos 39 et 349, classées en zone Nhf3 du PLU, et, d'autre part, une demande d'autorisation de travaux pour ce même projet dans le cadre des dispositions de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation. M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler les arrêtés des 18 août et 25 octobre 2021 par lesquels le maire de Cheval-Blanc a respectivement délivré l'autorisation de travaux et le permis de construire, ensemble la décision du 24 décembre 2021 par laquelle il a rejeté leur recours gracieux.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 18 août 2021 :
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, dans leur version applicable à la date de dépôt de la demande d'autorisation de travaux litigieuse, désormais reprises à l'article L. 122-3 de ce code : " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative qui vérifie leur conformité aux règles prévues aux articles L. 111-7, L. 123-1 et L. 123-2. Lorsque ces travaux sont soumis à permis de construire, celui-ci tient lieu de cette autorisation dès lors que sa délivrance a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente mentionnée à l'alinéa précédent. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt d'une demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public. () ". L'article L. 425-3 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige, dispose que : " Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente qui peut imposer des prescriptions relatives à l'exploitation des bâtiments en application de l'article L. 123-2 du code de la construction et de l'habitation. Le permis de construire mentionne ces prescriptions. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt d'une demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public. "
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département où à son délégué dans l'arrondissement () / La publication ou l'affichage des actes mentionnés au premier alinéa sont assurés sous forme papier. ". En application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le délai de recours contentieux contre une décision individuelle ne peut courir à l'encontre de son destinataire qu'à compter de sa notification régulière et à l'encontre du tiers, dont la situation personnelle se trouverait affectée par cet acte, qu'à compter de sa publication.
4. Il ressort des pièces du dossier que, ainsi qu'exposé précédemment, le maire de Cheval-Blanc a fait droit, par deux arrêtés distincts, aux demandes déposées simultanément par la commune le 16 juin 2021, l'une en vue de l'obtention d'un permis de construire, et l'autre en vue de l'obtention d'une autorisation de travaux conduisant à la création d'un établissement recevant du public au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation précité. La commune de Cheval-Blanc fait valoir en défense que les conclusions de la requête dirigées contre l'arrêté du 18 août 2021 délivrant l'autorisation de travaux sont tardives et, par suite, irrecevables.
5. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'arrêté attaqué aurait fait l'objet d'une publication régulière. Alors même qu'elle ne constitue pas une autorisation d'urbanisme soumise au respect des dispositions de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, la décision litigieuse indique, en ce qui concerne les voies et délais de recours permettant de la contester, que " le délai de recours contentieux court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain ". Ainsi, à supposer que l'affichage en mairie de l'autorisation contestée pour une période continue de deux mois dont fait état la commune constitue une mesure de publicité susceptible de faire courir le délai de recours contentieux à l'égard des tiers, la mention erronée des voies et délais de recours qu'elle comporte fait obstacle à ce qu'ils leur soient opposables, en l'absence de toute preuve d'affichage de la décision sur le terrain. La seule circonstance que l'arrêté du 25 octobre 2021 délivrant le permis de construire vise l'arrêté du 18 août 2021 ne saurait, par ailleurs, suffire à considérer que les requérants auraient eu nécessairement connaissance de l'existence de cet acte à la date à laquelle ils ont formé un recours gracieux contre le permis de construire, le 17 décembre suivant. Dans ces conditions, il n'est pas établi que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 août 2021, enregistrées au greffe du tribunal le 26 février 2022 seraient tardives ni, par suite, irrecevables. La fin de non-recevoir opposée sur ce point doit donc être écartée.
Sur la légalité de l'autorisation de travaux :
6. Aux termes de l'article R. 111-19-13 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à la date de dépôt de la demande d'autorisation de travaux litigieuse, désormais reprises à l'article L. 122-3 de ce code : " L'autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement recevant le public prévue à l'article L. 111-8 est délivrée au nom de l'Etat par : a) Le préfet, lorsque celui-ci est compétent pour délivrer le permis de construire ou lorsque le projet porte sur un immeuble de grande hauteur ; b) Le maire, dans les autres cas. "
7. Les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté portant autorisation de travaux en litige, adopté par le maire de Cheval-Blanc au nom de la commune et non au nom de l'Etat comme le prévoient les dispositions susvisées, est entaché d'incompétence.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre moyen dirigé contre cette décision, les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 18 août 2021.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 25 octobre 2021 :
Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants :
9. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
10. Le projet, qui porte sur la construction d'un établissement recevant du public de cinquième catégorie dont la capacité d'accueil est estimée à quatre-vingt quatre personnes et représentant une surface de plancher de 670 mètres-carrés sur un terrain actuellement non bâti limitrophe aux parcelles des requérants, est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur bien. La fin de non-recevoir tirée de leur défaut d'intérêt à agir contre le permis de construire en litige doit, par suite, être écartée.
Sur la légalité du permis :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales : " Sous le contrôle du conseil municipal et sous le contrôle administratif du représentant de l'État dans le département, le maire est chargé, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal et, en particulier : / 1° De conserver et d'administrer les propriétés de la commune et de faire, en conséquence, tous actes conservatoires de ses droits ; () ". En vertu de l'article L. 2121-29 du même code, " le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. () ". Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire () sont adressées () ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; () ". Il résulte de ces dispositions combinées qu'un maire ne peut solliciter une demande de permis de construire au nom de sa commune sans y avoir été expressément autorisé par le conseil municipal.
12. Il ressort des pièces du dossier que par délibération du 16 juin 2020 régulièrement affichée et transmise en préfecture le 19 juin suivant, le conseil municipal de Cheval-Blanc a délégué à son maire le pouvoir de " procéder au dépôt des demandes d'autorisations d'urbanisme relatives à la démolition, à la transformation ou à l'édification des biens municipaux ". Cette délégation, suffisamment précise, autorisait donc le maire à déposer la demande de permis de construire en litige au nom de la commune et le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pas eu qualité pour ce faire et de ce que le permis de construire serait entaché de fraude sur ce point doit être écarté.
13. En deuxième lieu, il résulte des dispositions citées au point 2 que lorsque des travaux conduisant à la création d'un établissement recevant du public sont soumis à permis de construire, l'autorisation d'urbanisme tient lieu de l'autorisation de travaux requise par l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation. En l'espèce, l'arrêté du 25 octobre 2021 vise l'arrêté du 18 août 2021 qui lui est joint ainsi que l'avis émis par la commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité sur la demande d'autorisation de travaux, sans qu'il ne soit établi que le projet de création d'un établissement recevant du public ait été modifié, entre la date à laquelle la commission s'est prononcée et la date à laquelle le permis a été délivré, de telle sorte qu'une nouvelle saisine de cette instance ait été rendue nécessaire. Au regard de ces éléments établissant que les formalités requises pour l'instruction de la demande d'autorisation de travaux avaient été réalisées à la date à laquelle le permis de construire a été délivré, la circonstance que le maire de Cheval-Blanc ait illégalement statué par un acte distinct sur la demande d'autorisation de travaux ne fait pas obstacle à ce que l'arrêté du 25 octobre 2021 soit seul regardé comme tenant lieu de cette autorisation, conformément aux dispositions susvisées. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'il serait entaché d'un vice de procédure sur ce point.
14. En troisième lieu, l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme dispose que : " Conformément à l'article L. 341-7 du nouveau code forestier, lorsque le projet porte sur une opération ou des travaux soumis à l'autorisation de défrichement prévue aux articles L. 341-1 et L. 341-3 du même code, celle-ci doit être obtenue préalablement à la délivrance du permis". Selon l'article L. 341-1 du code forestier : "Est un défrichement toute opération volontaire ayant pour effet de détruire l'état boisé d'un terrain et de mettre fin à sa destination forestière".
15. La seule circonstance qu'une partie du terrain d'assiette du projet est plantée d'arbres de haute tige et qu'il est situé à l'ouest d'un vaste espace boisé, alors qu'il en est séparé par plusieurs parcelles bâties, ne permet pas de démontrer qu'il remplirait une destination forestière et qu'il présenterait un état boisé au sens des dispositions précitées. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire litigieux aurait été délivré irrégulièrement en l'absence d'obtention préalable d'une autorisation de défrichement.
16. En quatrième lieu, l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme dispose que : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie. "
17. Il ressort des pièces du dossier que le projet implique la création d'un accès sur la route départementale 31. La commune produit en défense l'avis favorable émis sur ce point par le département de Vaucluse le 10 juillet 2021, conformément aux dispositions susvisées.
18. En cinquième lieu, l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme dispose que : " La demande de permis de construire comprend : a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. * 431-33-1 () ". D'une part, en application de l'article R. 431-19 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent une autorisation de défrichement en application des articles L. 341-1, L. 341-3 ou L. 214-13 du code forestier, la demande de permis de construire est complétée par la copie de la lettre par laquelle le préfet fait connaître au demandeur que son dossier de demande d'autorisation de défrichement est complet, si le défrichement est ou non soumis à reconnaissance de la situation et de l'état des terrains et si la demande doit ou non faire l'objet d'une enquête publique" ;
19. D'autre part, l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme dispose que : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () n) Dans le cas prévu par l'article L. 556-1 du code de l'environnement, un document établi par un bureau d'études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, ou équivalent, attestant que les mesures de gestion de la pollution au regard du nouvel usage du terrain projeté ont été prises en compte dans la conception du projet () ". En application de l'article L. 556-1 du code de l'environnement : " Sans préjudice des articles L. 512-6-1, L. 512-7-6 et L. 512-12-1, sur les terrains ayant accueilli une installation classée mise à l'arrêt définitif et régulièrement réhabilitée pour permettre l'usage défini dans les conditions prévues par ces mêmes articles, lorsqu'un usage différent est ultérieurement envisagé, le maître d'ouvrage à l'initiative du changement d'usage doit définir des mesures de gestion de la pollution des sols et les mettre en œuvre afin d'assurer la compatibilité entre l'état des sols et la protection de la sécurité, de la santé ou de la salubrité publiques, l'agriculture et l'environnement au regard du nouvel usage projeté ". Au titre de l'article L. 512-6-1 de ce code : " Lorsqu'une installation autorisée avant le 1er février 2004 est mise à l'arrêt définitif, son exploitant place son site dans un état tel qu'il ne puisse porter atteinte aux intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 et, le cas échéant, à l'article L. 211-1 et qu'il permette un usage futur du site déterminé conjointement avec le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'urbanisme et, s'il ne s'agit pas de l'exploitant, le propriétaire du terrain sur lequel est sise l'installation. A défaut d'accord entre les personnes mentionnées au premier alinéa, lorsque l'installation est mise à l'arrêt définitif, son exploitant place son site dans un état tel qu'il ne puisse porter atteinte aux intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 et, le cas échéant, à l'article L. 211-1 et qu'il permette un usage futur du site comparable à celui de la dernière période d'exploitation de l'installation mise à l'arrêt ". L'exploitation de carrières constitue une installation classée pour la protection de l'environnement au titre de la rubrique n° 2510 du tableau annexé à l'article R. 511-9 du code de l'environnement. Enfin, l'article R. 556-3 du code de l'environnement dispose que : " I. - L'attestation du bureau d'études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, ou équivalent, prévue aux articles L. 556-1 et L. 556-2, garantit : - la réalisation d'une étude de sols ; - la prise en compte des préconisations de cette étude pour assurer la compatibilité entre l'état des sols et l'usage futur du site dans la conception du projet de construction ou de lotissement () ".
20. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
21. D'une part, ainsi qu'exposé au point 15, les travaux projetés ne nécessitaient pas d'autorisation de défrichement, de sorte que la pièce prévue à l'article R. 431-19 du code de l'urbanisme précité n'avait pas à figurer dans le dossier de demande de permis de construire.
22. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet était le siège d'une carrière, installation classée dont la création a été autorisée par arrêté préfectoral du 3 août 1983, et que, suite à la cessation de cette activité, le terrain a fait l'objet d'une remise en état. Le projet entrait donc dans le champ de l'article L. 556-1 du code de l'environnement, de sorte que le dossier de demande de permis de construire devait comporter l'attestation prévue à l'article R. 431-16 précité. Le simple courrier dans lequel le directeur régional de l'environnement, de l'aménagement et du logement de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a indiqué, dans le cadre d'une précédente demande d'autorisation d'urbanisme, que rien ne s'opposait à l'édification d'un bâtiment communal sur la parcelle, ne saurait satisfaire aux exigences définies par l'article R. 556-3 du code de l'environnement et ainsi tenir lieu de cette pièce dont l'absence de production a été susceptible de fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Il s'ensuit que les requérants sont fondés à soutenir que le dossier de demande de permis de construire est incomplet sur ce point.
23. En sixième lieu, en application de l'article N13 du règlement du PLU : " () Les plantations existantes seront maintenues. Les défrichements seront limités aux seuls besoins agricoles () ".
24. D'une part, le permis litigieux a été délivré au regard du projet tel qu'il est notamment décrit dans la notice du dossier de demande, laquelle indique que les plantations existantes seront maintenues, et si besoin transplantées. Il ne résulte pas de la comparaison entre le plan topographique du terrain dans son état initial, qui ne permet pas de déterminer de manière précise le nombre d'arbres plantés sur le terrain parmi l'ensemble des végétaux qu'il compte, et du plan de masse, qui matérialise un nombre total de plantations comparable à celui ressortant du plan topographique, que les instructions de la notice ne seront pas respectées. D'autre part, au regard des éléments énoncés précédemment, le permis de construire litigieux n'implique pas la réalisation d'un défrichement. Le moyen tiré de la violation de l'article N13 du règlement du PLU doit, par conséquent, être écarté.
25. En septième lieu, aux termes de l'article N12 du règlement du PLU : " Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies publiques ou privées susceptibles d'être affectées à la circulation publique. "
26. Il ressort des pièces du dossier que le pôle médical projeté comptera quatorze cabinets dont la fréquentation est estimée à six personnes chacun, personnel compris, de sorte que sa capacité d'accueil totale est fixée à quatre-vingt quatre personnes. Le permis litigieux prévoit, d'une part, la réalisation de dix-huit places de stationnement dédiées au personnel, permettant de satisfaire aux besoins des vingt personnes qui y travailleront. En revanche, les vingt-sept places dédiées aux usagers ne peuvent être regardées comme suffisantes pour assurer leur stationnement, alors qu'environ cinquante personnes sont susceptibles d'être présentes sur les lieux de manière simultanée au regard de ce qui vient d'être dit. Il s'ensuit que le permis en litige ne permet pas de garantir que le stationnement des véhicules sera assuré en dehors des voies publiques ou privées susceptibles d'être affectées à la circulation publique, en méconnaissance de l'article N12 précité.
27. En huitième lieu, en application de l'article N3 du règlement du PLU : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée présentant les caractéristiques techniques adaptées aux usages qu'elle supporte et aux opérations qu'elle dessert (défense contre l'incendie, sécurité civile, ramassage des ordures). Le terrain doit également ne pas présenter de risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu notamment de la position des accès, de leur configuration, ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. Le long des voies départementales, les accès sont limités à un seul par propriété. Ils sont interdits lorsque le terrain est desservi par une autre voie de caractéristiques suffisantes () "
28. Il ressort des pièces du dossier que si le terrain d'assiette du projet dispose d'un accès au nord sur le chemin de Vidauque, les caractéristiques de cette voie, et notamment sa faible largeur, ne sont pas suffisantes eu égard à la fréquentation attendue du pôle médical projeté, dont la capacité d'accueil a été fixée à quatre-vingt-quatre personnes. Dès lors, la création d'un accès sur la route départementale 31 ne méconnaît pas les dispositions de l'article N3. Tant les caractéristiques de cette voie, qui présente une largeur importante et une visibilité suffisante au droit du terrain, que celles de l'accès sur lequel elle débouchera, d'une largeur de 3,5 mètres pour les véhicules et de 2,5 mètres pour les piétons, sont adaptées au projet et ne présentent pas de risque pour la sécurité publique. Par conséquent, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire attaqué viole l'article N3 du règlement du PLU.
29. En neuvième lieu, il résulte de l'article L. 600-12-1 du code de l'urbanisme que l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un document local d'urbanisme n'entraine pas l'illégalité des autorisations d'urbanisme délivrées lorsque cette annulation ou déclaration d'illégalité repose sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet en cause. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de l'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours contre une autorisation d'urbanisme, de vérifier d'abord si l'un au moins des motifs d'illégalité du document local d'urbanisme est en rapport direct avec les règles applicables à l'autorisation d'urbanisme. Un vice de légalité externe est étranger à ces règles, sauf s'il a été de nature à exercer une influence directe sur des règles d'urbanisme applicables au projet. En revanche, sauf s'il concerne des règles qui ne sont pas applicables au projet, un vice de légalité interne ne leur est pas étranger. En outre, lorsqu'un motif d'illégalité non étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet est susceptible de conduire à remettre en vigueur tout ou partie du document local d'urbanisme immédiatement antérieur, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours en annulation d'une autorisation d'urbanisme ne peut être utilement soulevé que si le requérant soutient également que cette autorisation méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.
30. En application de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées. " L'article L. 151-13 du même code dispose que : " Le règlement peut, à titre exceptionnel, délimiter dans les zones naturelles, agricoles ou forestières des secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées dans lesquels peuvent être autorisés : 1° Des constructions ; 2° Des aires d'accueil et des terrains familiaux locatifs destinés à l'habitat des gens du voyage au sens de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ; 3° Des résidences démontables constituant l'habitat permanent de leurs utilisateurs. Il précise les conditions de hauteur, d'implantation et de densité des constructions, permettant d'assurer leur insertion dans l'environnement et leur compatibilité avec le maintien du caractère naturel, agricole ou forestier de la zone. Il fixe les conditions relatives aux raccordements aux réseaux publics, ainsi que les conditions relatives à l'hygiène et à la sécurité auxquelles les constructions, les résidences démontables ou les résidences mobiles doivent satisfaire. "
31. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les parcelles servant d'assiettes au projet sont classées en secteur de taille et de capacité limitée (STECAL) Nhf3, institué par le PLU dans le cadre de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme précité. A cet égard, en autorisant en secteur Nhf3 les " constructions et installations nécessaires au fonctionnement du pôle médical ", l'article N2 du règlement du PLU se borne à préciser la nature des activités qui peuvent être exercées dans le secteur, conformément à l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 151-13 prévoient elles-mêmes que le règlement du PLU fixe les règles de hauteur et de densité des constructions se trouvant dans l'emprise d'un STECAL, ainsi que les conditions de sécurité auxquelles elles doivent satisfaire. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en fixant de telles règles spécifiques au secteur Nhf3, les articles N3, N9 et N10 du règlement du PLU méconnaîtraient l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme.
32. D'autre part, ainsi qu'il vient d'être exposé au point précédent, les articles N3, N9 et N10 du règlement du PLU définissent respectivement les conditions de sécurité auxquelles les constructions du secteur Nhf3 doivent satisfaire en matière de voirie et d'accès et les règles spécifiques de hauteur et de densité qui s'y appliquent. De la même manière, l'article A4 du règlement du PLU détermine, pour le secteur Nhf3, les règles de raccordement des constructions au réseau public d'eau potable. S'appliquent enfin aux constructions édifiées au sein du secteur les règles générales d'implantation des constructions applicables à l'ensemble de la zone N. Les constructions situées en secteur Nhf3 sont donc régies, pour l'essentiel, par des dispositions qui leur sont spécifiquement applicables et dont le contenu vise à permettre l'intégration du pôle médical autorisé par le permis de construire litigieux dans son environnement ainsi que sa compatibilité avec le maintien du caractère naturel de la zone. Dès lors, le moyen tiré de ce que les règles du PLU applicables au secteur Nhf3 ne satisferaient pas aux exigences posées par l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme doit être écarté.
33. Enfin, aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. " Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme (PLU) entre le règlement et le PADD, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du PLU à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
34. Il ressort des pièces du dossier que le schéma d'aménagement illustrant le PADD fixe un objectif de " stopper l'urbanisation des secteurs en discontinuité du village et présentant des problèmes en matière d'équipements (assainissement, desserte, etc) " applicable au secteur du Vidauque dans lequel se trouve le terrain d'assiette du projet. Toutefois, il ressort de ces mêmes pièces que, d'une part, les parcelles en cause sont entièrement bordées par des parcelles bâties, formant un compartiment de terrains délimité à l'ouest par la route départementale n° 31 constituant un secteur urbanisé que la réalisation du projet n'aura pas pour effet d'étendre. D'autre part, le terrain est desservi par les réseaux publics d'électricité et d'eau potable et par une voie publique, la route départementale n° 31, présentant des caractéristiques adaptées. Le règlement du PLU, en tant qu'il crée un secteur Nhf3 sur ces parcelles dans l'objectif qu'y soit édifié un pôle médical, n'est donc pas incohérent vis-à-vis des indications reportées dans le schéma d'aménagement du PADD. Par ailleurs, ce projet concoure à la réalisation des objectifs du PADD tendant à accroître la population communale tout en assurant " une cohérence entre les équipements existants et le développement souhaité ". Il résulte de ces éléments que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le règlement du PLU applicable au secteur Nhf3 est incohérent vis-à-vis du PADD.
35. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C sont seulement fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 25 octobre 2021 en tant qu'il méconnaît les articles R. 431-16 n) du code de l'urbanisme et N12 du règlement du PLU ainsi que, dans la même mesure, de la décision de rejet de leur recours gracieux.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme en ce qui concerne l'arrêté du 25 octobre 2021 :
36. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux () ".
37. Il résulte de ces dispositions que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
38. Les vices relevés ci-dessus, tirés de la méconnaissance des articles R. 431-16 n) du code de l'urbanisme et N12 du règlement du PLU par l'arrêté du 25 octobre 2021, sont susceptibles d'être régularisés par une mesure de régularisation dont la délivrance n'implique pas d'apporter au projet d'ensemble immobilier en litige un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et d'impartir à la commune de Cheval-Blanc un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement afin de produire la mesure de régularisation nécessaire.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 18 août 2021 du maire de Cheval-Blanc est annulé.
Article 2 : Il est sursis à statuer sur la requête de M. et Mme C, jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois, afin de permettre la régularisation des vices mentionnés au point 38 du présent jugement.
Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et Mme B C épouse D et à la commune de Cheval-Blanc.
Délibéré après l'audience du 5 mars 2024 où siégeaient :
M. Roux, président,
Mme Lahmar, conseillère,
Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
G. ROUXLe greffier,
B. GALLIOT
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026