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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2200630

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2200630

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2200630
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantROUGEMONT-PELLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 février 2022, M. B A, représenté par Me Rougemont-Pellet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2021 par lequel le maire de Saint-Paulet-de-Caisson a refusé de lui délivrer un permis de construire ;

2°) d'annuler la décision du 30 décembre 2021 par laquelle le maire de Saint-Paulet-de-Caisson a retiré le permis de construire tacite dont il était titulaire ;

3°) d'enjoindre au maire de Saint-Paulet-de-Caisson de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite et d'assortir cette injonction d'une astreinte ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Paulet-de-Caisson la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté du 27 octobre 2021 lui a été notifié après l'expiration du délai d'instruction de sa demande de permis de construire, de sorte qu'il était titulaire à compter de cette date d'un permis de construire tacite ;

- la décision du 30 décembre 2021 est entachée d'illégalité externe en ce que le retrait auquel elle procède n'est pas formalisée par un arrêté ;

- le retrait du permis tacite dont il était titulaire ne saurait être regardé comme ayant été opéré par l'arrêté du 27 octobre 2021, qui n'a en tout état de cause pas été précédé d'une procédure contradictoire ;

- le retrait est entaché d'erreurs de fait, de droit et d'appréciation.

La requête a été régulièrement communiquée à la commune de Saint-Paulet-de-Caisson qui, malgré une mise en demeure en ce sens, n'a pas produit de mémoire en défense.

Par un courrier du 23 avril 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office tirés, d'une part, de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation du refus de permis de construire du 27 octobre 2021 dès lors que M. et Mme A sont titulaires d'un permis de construire tacite dont l'existence est révélée par le certificat qui leur a été délivré en cours d'instance le 14 mars 2022 et, d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation du courrier du maire de Saint-Paulet-de-Caisson du 30 décembre 2021, dépourvu de caractère décisoire et, par conséquent, insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

Des observations en réponse à cette communication ont été présentées pour le requérant et communiquées le 29 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lahmar,

- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,

- et les observations de Me Rougemont-Pellet pour le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. Le 27 août 2021, M. et Mme A ont déposé auprès des services de la commune de Saint-Paulet-de-Caisson une demande de permis de construire pour la réfection de la toiture, la création d'une ouverture et le changement de destination d'une partie d'un bâtiment implanté sur un terrain situé impasse des Lavandes, parcelle cadastrée section AO n° 1 156, classée en zone Uca du plan local d'urbanisme (PLU). Par arrêté du 27 octobre 2021, le maire de Saint-Paulet-de-Caisson a refusé de faire droit à cette demande. M. et Mme A, estimant que cette décision avait procédé au retrait du permis de construire tacite dont ils étaient devenus titulaires, ont formé un recours gracieux à son encontre le 16 novembre suivant. Par courrier du 30 décembre 2021, le maire de Saint-Paulet-de-Caisson les a informés de ce qu'il engageait une procédure contradictoire préalable au retrait de ce même permis tacite. M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 27 octobre 2021 et le courrier du 30 décembre suivante. Enfin, le 14 mars 2022, le maire de Saint-Paulet-de-Caisson a délivré un certificat de permis de construire tacite à M. et Mme A.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

2. En premier lieu, le courrier du 30 décembre 2021, par lequel le maire de Saint-Paulet-de-Caisson a informé M. et Mme A qu'il initiait une procédure contradictoire préalable au retrait du permis de construire tacite dont ils sont devenus titulaires, est dépourvu de caractère décisoire. Il n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir et les conclusions tendant à son annulation sont irrecevables.

3. En second lieu, ainsi qu'exposé au point 1, un certificat de permis de construire tacite a été délivré à M. et Mme A le 14 mars 2022, ce qui a nécessairement eu pour effet de retirer le refus de permis de construire initialement opposé à leur projet par le maire de Saint-Paulet-de-Caisson le 27 octobre 2021. Il n'y a, par suite, plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de cette décision.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les parties sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du maire de Saint-Paulet-de-Caisson du 27 octobre 2021.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Paulet-de-Caisson.

Délibéré après l'audience du 21 mai 2024 où siégeaient :

- Mme Boyer, présidente,

- Mme Lahmar, conseillère,

- M. Mouret, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.

La rapporteure,

L. LAHMAR

La présidente,

C. BOYERLa greffière,

N. LASNIER

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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