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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2200814

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2200814

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2200814
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantLEGIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 17 et 28 mars et 3 juin 2022 et des mémoires enregistrés les 25 et 31 juillet 2024 et non communiqués, M. et Mme G et I A, représentés par Me Tartanson, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2022 par lequel le maire de Mérindol a délivré un permis de construire à M. J D et Mme B F, lequel a été transféré à Mme C H ;

2°) de mettre à la charge de la partie perdante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que le permis de construire litigieux méconnaît les articles UC3, UC4, UC7 et UC12 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU).

Par un mémoire en défense enregistré le 17 novembre 2023, la commune de Mérindol, représentée par Me Légier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2024, M. et Mme E et C H, représentés par Me Molina, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lahmar,

- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,

- les observations de Me Moiroud-Besse pour les requérants et celles de Me Fekhardji pour la commune de Mérindol.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 20 janvier 2022, le maire de Mérindol a délivré à M. D et Mme F un permis de construire une maison individuelle avec annexe sur un terrain situé 25b chemin des Marres, parcelle cadastrée section AI n° 874, classée en zone UCa du PLU. Le bénéfice de ce permis de construire a été transféré à Mme H par arrêté du maire de Mérindol du 23 mai 2022. M. et Mme A demandent au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 20 janvier 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article UC3 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans les secteurs UCaf3, la voie ouverte à la circulation publique permettant l'accès au terrain doit présenter les caractéristiques suivantes : - Largeur minimale de la chaussée de 5 mètres ; () - Si la voie est une impasse, elle doit comporter en son extrémité une placette de retournement présentant les caractéristiques définies ci-dessous, issues du Règlement opérationnel du Service Départemental d'Incendie et de Secours de Vaucluse arrêté par le Préfet le 8 avril 2013 () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet n'est pas classé en secteur UCaf3 du plan local d'urbanisme de Mérindol. Dès lors, le moyen tiré de ce que le permis attaqué méconnaîtrait les dispositions de l'article UC3 spécifiques à ce secteur ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, l'article UC4 du règlement du PLU dispose que : " Le traitement des eaux pluviales doit s'effectuer prioritairement par infiltration dans le sol de chaque parcelle. () A défaut, les eaux pluviales peuvent être rejetées, soit dans un fossé, soit dans un collecteur séparatif d'eau pluviale (s'il existe). Dans les deux cas, infiltration à la parcelle ou rejet, le volume de rétention préalable doit être calculé sur la base de 100 l/m² imperméabilisé. Sont prises en compte toutes les surfaces imperméabilisées (créées ou existantes) dès lors que le projet est supérieur à 40 m² d'emprise au sol nouvellement créée. En dessous de ce seuil d'emprise au sol créée, aucune rétention n'est prescrite () "

5. Il ressort des pièces du dossier que le projet représente une emprise au sol de 102,03 mètres-carrés, de sorte que la surface du terrain restant libre de toute construction sera, suite à sa réalisation, de 499 mètres-carrés environ. Eu égard à cette configuration, en se bornant à critiquer le volume de rétention de la tranchée drainante prévue par le projet, sans pour autant démontrer ni même alléguer que le traitement des eaux pluviales ne pourra s'effectuer par infiltration dans le sol, les requérants n'établissent pas que le permis en litige méconnaîtrait les dispositions de l'article UC4 précité, alors même que le traitement des eaux pluviales par infiltration dans le sol de la parcelle est le mode de rétention à privilégier selon ces dispositions. Au surplus, l'arrêté attaqué est assorti d'une prescription imposant la réalisation d'un dispositif de rétention des eaux pluviales conformément à la réglementation en vigueur. Au regard de ces éléments, le moyen tiré de la violation de l'article UC4 du règlement du PLU doit être écarté.

6. En troisième lieu, en application de l'article UC7 du règlement du PLU : " Lorsque les constructions ne joignent pas les limites séparatives, la distance comptée horizontalement de tout point du bâtiment à édifier au point le plus proche de la limite séparative, doit être au moins égale à 4 mètres. "

7. Un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. A cet égard, il ressort des plans du dossier de demande de permis de construire que les constructions projetées seront en tout point distantes de plus de 4 mètres des limites séparatives du terrain. Si les requérants font valoir qu'il existe un différend entre eux et les pétitionnaires concernant la délimitation de leurs propriétés, ces éléments relèvent du droit des tiers sous la réserve desquels le permis litigieux a été délivré et ne sauraient conduire à une violation de l'article UC7 précité. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté.

8. En dernier lieu, selon l'article UC12 du règlement du PLU : " Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies publiques ou privées. a) Véhicules motorisés : La superficie à prendre en compte pour le stationnement d'un véhicule est de 25 m², y compris les accès () Les besoins à minima à prendre en compte sont : Habitations : () - 2 places de stationnement par logement de 50 m² de surface de plancher et plus (garage ou aire aménagée)."

9. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation de deux emplacements de stationnement non couverts d'une superficie totale de 26,77 mètres-carrés. Ces emplacements seront situés directement à l'entrée du terrain, de sorte que les véhicules pourront y accéder sans manœuvrer ou stationner sur la voie du lotissement, sans pour autant nécessiter l'aménagement d'une surface dédiée aux accès. Il en résulte qu'en dépit de la circonstance que les places de stationnement susvisées ne présentent pas chacune une superficie de 25 mètres-carrés, laquelle comporte en principe la superficie dédiée aux accès, l'arrêté litigieux ne méconnaît pas l'article UC12 précité. Le moyen tiré de la violation de ces dispositions doit, dès lors, être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Mérindol du 20 janvier 2022.

Sur les frais liés au litige :

11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants la somme de 600 euros à verser à la commune de Mérindol, d'une part, et la même somme à verser à M. et Mme H, d'autre part. Les conclusions présentées par les requérants à ce titre doivent, en revanche, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : M. et Mme A verseront une somme de 600 euros à la commune de Mérindol et une somme de 600 euros à M. et Mme H au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme G et I A, à la commune de Mérindol et à M. et Mme E et C H.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024 où siégeaient :

- Mme Boyer, présidente,

- Mme Lahmar, conseillère,

- Mme Hoenen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

La rapporteure,

L. LAHMAR

La présidente,

C. BOYER

La greffière,

N. LASNIER

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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