mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200896 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MILHE COLOMBAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 mars 2022 et le 26 janvier 2024, la société par actions simplifiée Valsabris, représentée en dernier lieu par la SCP CGCB et Associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2022 par lequel la maire de Pujaut a refusé de lui délivrer un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de dix-huit lots sur un terrain situé au lieu-dit " Les Vanades " ;
2°) d'enjoindre à la maire de Pujaut de lui délivrer le permis d'aménager sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à venir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pujaut la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente ;
- il ne comporte pas la signature de son auteur en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le motif de refus fondé sur l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est illégal ;
- le motif de refus fondé sur l'article R. 111-2 du même code est entaché d'illégalité ;
- le motif de refus fondé sur l'article R. 111-5 de ce code est entaché d'illégalité.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2022, la commune de Pujaut, représentée par la SCP VPNG Avocats Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Valsabris au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Pechon, représentant la société Valsabris, et celles de
Me Bézard, représentant la commune de Pujaut.
Vu la note en délibéré, enregistrée le 27 mai 2024, présentée par la commune de Pujaut.
Considérant ce qui suit :
1. La société Valsabris a déposé, le 26 août 2021, une demande de permis d'aménager, complétée le 26 octobre suivant, en vue de de la création d'un lotissement de dix-huit lots, dont dix-sept lots à bâtir, sur un terrain situé au lieu-dit " Les Vanades " sur le territoire de la commune de Pujaut. Par un arrêté du 21 janvier 2022, la maire de Pujaut a refusé de délivrer le permis d'aménager sollicité. La société Valsabris demande l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté de refus de permis d'aménager en litige :
2. Les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
3. Pour rejeter la demande de permis d'aménager de la société Valsabris, la maire de Pujaut a retenu trois motifs fondés respectivement sur les articles L. 111-11, R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme.
4. Une décision rejetant une demande d'autorisation d'urbanisme pour plusieurs motifs ne peut être annulée par le juge de l'excès de pouvoir à raison de son illégalité interne, réserve faite du détournement de pouvoir, que si chacun des motifs qui pourraient suffire à la justifier sont entachés d'illégalité. En outre, en application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le tribunal administratif saisi doit, lorsqu'il annule une telle décision de refus, se prononcer sur l'ensemble des moyens de la demande qu'il estime susceptibles de fonder cette annulation, qu'ils portent d'ailleurs sur la légalité externe ou sur la légalité interne de la décision.
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis () d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés () ". Il résulte de ces dispositions qu'un permis d'aménager doit être refusé lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte du projet et, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.
6. Aux termes de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au présent litige : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire, d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne la voirie, l'alimentation en eau, gaz et électricité (). / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes. () / L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures () ". Il résulte de ces dispositions que, pour l'alimentation en électricité, relèvent des équipements propres à l'opération ceux qui sont nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction ou du terrain jusqu'au branchement sur le réseau public d'électricité qui existe au droit du terrain, en empruntant, le cas échéant, des voies privées ou en usant de servitudes, ou, dans les conditions définies au troisième alinéa de l'article L. 332-15, en empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve dans ce dernier cas que le raccordement n'excède pas cent mètres. En revanche, pour l'application de ces dispositions, les autres équipements de raccordement aux réseaux publics d'électricité, notamment les ouvrages d'extension ou de branchement en basse tension, et, le cas échéant, le renforcement des réseaux existants, ont le caractère d'équipements publics.
7. Pour retenir le motif de refus fondé sur l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, la maire de Pujaut, après avoir relevé qu'un " poste de distribution public " devait être créé sur le terrain d'assiette du lotissement projeté et qu'une extension du réseau public de distribution d'électricité était nécessaire au vu de l'avis émis le 28 décembre 2021 par la société Enedis, a estimé que, la commune n'entendant pas prendre en charge ces travaux d'extension au regard de son avis émis le 7 janvier 2022, elle n'était pas en mesure d'indiquer dans quel délai ces travaux pourraient être exécutés.
8. L'avis émis le 28 décembre 2021 par la société Enedis dans le cadre de l'instruction de la demande de permis d'aménager de la société Valsabris indique que le projet de lotissement en cause rend nécessaire, outre la création d'un poste de distribution sur le terrain d'assiette, une extension du réseau public de distribution d'électricité d'une longueur de " 150 mètres sur le domaine public ". Toutefois, la société Valsabris produit un second avis émis le 21 février 2022 par la société Enedis dont il ressort que, en tenant compte de l'intégralité des parcelles incluses dans le terrain d'assiette, et en particulier de la parcelle cadastrée section AT n° 104, la desserte du lotissement projeté par le réseau public de distribution d'électricité n'implique aucune extension de ce réseau. Ce second avis, qui, selon son objet, " annule et remplace " l'avis du 28 décembre 2021, fait apparaître une situation existant à la date d'édiction de l'arrêté contesté et peut donc être pris en compte pour apprécier cette situation, alors même qu'il a été rendu postérieurement à cette dernière date. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas allégué en défense, que la création prévue d'un poste de distribution sur le terrain d'assiette impliquerait des travaux de renforcement de la capacité du réseau public de distribution d'électricité. Ce poste de distribution doit, dès lors, être regardé comme étant au nombre des équipements propres à l'opération, au sens de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme, dont la réalisation et le financement peuvent être mis à la charge de la société pétitionnaire. Par suite, la réalisation de travaux d'extension ou de renforcement de la capacité du réseau public en cause n'étant pas nécessaire en l'espèce, la maire de Pujaut a fait une inexacte application de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme en retenant le motif énoncé au point précédent.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus d'autorisation d'urbanisme sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
10. En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, l'autorisation d'urbanisme ne peut être refusée que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande, d'accorder l'autorisation sollicitée en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité du projet aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
11. Pour retenir le motif de refus fondé sur l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, la maire de Pujaut a estimé, en substance, que le lotissement projeté était exposé à un " risque d'effondrement et de fontis ", en raison de la présence de tunnels en tréfonds du terrain d'assiette, que les caractéristiques des géogrilles dont l'installation est prévue par la société pétitionnaire dans les zones non aedificandi n'étaient pas précisées et que la fiabilité de ce dispositif de sécurité n'était pas démontrée.
12. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du rapport d'étude géotechnique joint à la demande de permis d'aménager de la société pétitionnaire, que la cote altimétrique du terrain naturel a été évaluée à environ 62 mètres NGF sur l'assiette foncière du projet et que deux tunnels, dont la cote altimétrique est située entre 39 et 45 mètres NGF, sont présents en tréfonds du terrain en cause. Ce rapport de type G5, relatif à l'aléa d'effondrement lié à la présence de ces deux tunnels sous le terrain d'assiette du projet, indique que les " aménagements de surface ne prévoyant pas de surcharges importantes (bâtiments limités à R+1 et circulations d'engins de chantiers " classiques "), leur incidence sur la stabilité du tunnel apparait négligeable ". Il comporte une cartographie faisant apparaître une zone exposée à un " aléa fort " ainsi qu'une zone soumise à un " aléa moyen " autour des tunnels de l'Etang et du Grès et détaille les principes généraux d'aménagement à mettre en œuvre, en l'absence d'intervention du gestionnaire de ces tunnels, dans les parties du terrain d'assiette exposées à l'un de ces aléas. Il préconise notamment, en zone d'aléa fort, la mise en œuvre de dispositifs de sécurité, tels que les géogrilles. Par ailleurs, il ressort du plan de composition d'ensemble joint à la demande de permis d'aménager de la société Valsabris qu'aucun bâtiment n'a vocation à être implanté dans l'emprise des zones exposées à un aléa d'effondrement, où est seulement prévu l'aménagement de voies de circulation, de places de stationnement ou de bassins de rétention clôturés. La notice descriptive du projet fait en outre état de la mise en place de " géogrilles renforcées sur l'ensemble des zones non constructibles liés à la présence de tunnels ". Alors que la société pétitionnaire a tenu compte du risque d'effondrement identifié sur le terrain d'assiette, la commune de Pujaut ne produit aucun élément technique probant de nature à établir que ce risque serait, en dépit du dispositif de sécurité prévu, d'une intensité de nature à justifier un refus de permis d'aménager sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, il n'apparaît pas que le projet de lotissement de la société Valsabris, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des éléments du dossier de demande de permis d'aménager, ne permettrait pas l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourrait être ultérieurement assurée lors de la délivrance, sur chacun des lots projetés, d'un permis de construire assorti, le cas échéant, de prescriptions spéciales sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par suite, en retenant le motif énoncé au point précédent, la maire de Pujaut a fait une inexacte application de ces dispositions.
13. En troisième et dernier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie ".
14. Au vu de la notice descriptive et du plan de masse joints à la demande de permis d'aménager de la société Valsabris, le lotissement projeté doit être desservi au nord par la route de Four, à l'ouest par le chemin de la Velle et à l'est par le chemin de la Poste. Il ne ressort pas des pièces du dossier, au regard notamment des photographies produites par les parties, que les voies de desserte du terrain d'assiette du lotissement litigieux, qui comportent des accotements et dont il n'est pas contesté qu'elles présentent une largeur supérieure à quatre mètres, ne permettraient pas de répondre à l'importance et à la destination des futures constructions ayant vocation à y être implantées. En particulier, il n'apparaît pas que les caractéristiques du chemin de la Velle et du chemin de la Poste seraient insuffisantes au regard de la nature et de l'importance du projet, ni que les engins de lutte contre l'incendie ne pourraient utiliser ces voies de circulation. Si la maire de Pujaut a estimé que les carrefours situés à proximité du terrain d'assiette " ne sont pas prévus pour absorber la gestion des conflits engendrés " par le projet litigieux, aucun élément versé aux débats ne permet, en tout état de cause, de démontrer l'existence de difficultés de circulation dans le secteur d'implantation du projet. Compte tenu des caractéristiques des voies existantes pouvant assurer sa desserte, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de lotissement permettrait l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises. Il suit de là que le motif de refus fondé sur les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme est entaché d'une erreur d'appréciation.
15. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à entraîner l'annulation de l'arrêté contesté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que la société Valsabris est fondée à demander l'annulation de l'arrêté de la maire de Pujaut du 21 janvier 2022.
Sur l'injonction sollicitée :
17. Il résulte des dispositions des articles L. 424-3 et L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, ainsi que de celles de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que, lorsque le juge annule un refus d'autorisation d'urbanisme après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de cet article L. 424-3 ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à cette autorité de délivrer l'autorisation. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
18. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de l'arrêté annulé interdiraient la délivrance du permis d'aménager sollicité par la société pétitionnaire, ni que la situation de fait existant à la date du présent jugement y ferait obstacle. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre à la maire de Pujaut de délivrer à la société Valsabris le permis d'aménager sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Pujaut, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de
1 200 euros au titre des frais exposés par la société Valsabris et non compris dans les dépens. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Valsabris, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Pujaut demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la maire de Pujaut du 21 janvier 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la maire de Pujaut de délivrer à la société Valsabris le permis d'aménager sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Pujaut versera à la société Valsabris une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Pujaut au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Valsabris et à la commune de Pujaut.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
Le rapporteur,
R. MOURETLa présidente,
C. BOYER
La greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026