mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mars 2022, Mme B C demande au tribunal d'annuler la décision du 22 février 2022 par laquelle l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 13 août 2021 portant retrait de la prime de transition énergétique.
Mme C soutient que :
- elle a monté son dossier de demande de prime de transition énergétique en décembre 2020, antérieurement à la réalisation au mois de février 2021 des travaux d'isolation ;
- lorsqu'elle s'est connectée sur le site " MaPrimeRenov " le lendemain de l'achèvement des travaux afin de terminer le montage de son dossier de demande d'aide, son dossier avait disparu, cette situation étant due à des dysfonctionnements du site en cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2023, l'ANAH conclut au rejet de la requête.
L'ANAH fait valoir que les moyens soulevés par la requérante sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Aymard,
-et les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, qui dispose d'un logement situé à Saint Sauveur Camprieu (Gard), a sollicité, au titre de travaux d'isolation, le bénéfice de la prime de transition énergétique auprès de l'ANAH. Après avoir fait droit à cette demande, la directrice générale de l'ANAH a, par une décision du 13 août 2021, décidé de procéder au retrait de cette subvention. A la suite du recours administratif préalable obligatoire formé par l'intéressée et du rejet de ce recours par l'ANAH par une décision du 22 février 2022, Mme C demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
2. Aux termes de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, dans sa version applicable au litige : " I. - Les dépenses éligibles à la prime de transition énergétique au titre de travaux et prestations figurent à l'annexe 1 du présent décret et peuvent être réalisées dans un immeuble bâti individuel ou collectif. / () / II. - Seuls les travaux et prestations commencés après l'accusé de réception par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de prime y ouvrent droit. Cet accusé de réception ne vaut pas décision d'attribution de la prime. / Toutefois, le directeur général de l'agence peut, à titre exceptionnel, accorder une prime lorsque le dossier a été déposé après le commencement des travaux ou prestations, notamment : / - en cas de travaux ou prestations urgents en raison d'un risque manifeste pour la santé ou la sécurité des personnes ; / - en cas d'application des articles L. 125-1 et L. 122-7 du code des assurances pour les dommages causés par des catastrophes naturelles ou par les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones. / Par dérogation au premier alinéa du présent II, entre le 1er et 31 janvier 2020, le bénéficiaire peut déposer une demande après avoir commencé ses travaux ou prestations, sous réserve que ceux-ci aient commencé au cours de la même période. / Pour les travaux d'isolation des murs, en façade ou pignon, mentionnés au 10 de l'annexe 1 au présent décret, lorsque ces travaux sont réalisés par l'extérieur et ne portent pas sur des parties communes ou éléments d'équipements communs à plusieurs logements, par dérogation au premier alinéa du présent II, jusqu'au 1er novembre 2020, le bénéficiaire peut déposer une demande après avoir commencé ses travaux, sous réserve que ceux-ci aient commencé entre le 15 juillet 2020 et le 31 août 2020. / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, pour décider de retirer à Mme C le bénéfice de la prime de transition énergétique, la directrice générale de l'ANAH s'est fondée sur les dispositions précitées du II de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 et sur la circonstance que les travaux concernés avaient été réalisés avant que la demande de prime correspondant à ceux-ci ne soit déposée.
4. La requérante indique avoir " monté [son] dossier " de demande de prime de transition énergétique en décembre 2020, antérieurement à l'exécution des travaux en février 2021. Toutefois, la requérante n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de ses affirmations. En outre, si la requérante verse à l'instance la question écrite n° 21597 du sénateur M. D A, qui mentionne un dysfonctionnement sur le site " MaPrimeRenov " tenant au défaut d'enregistrement d'informations saisies, cette pièce n'est toutefois pas de nature à établir que Mme C aurait effectivement présenté en décembre 2020 une demande de prime de transition énergétique. Dès lors, Mme C n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait présenté une demande de prime de transition énergétique antérieurement à la réalisation des travaux d'isolation. Il suit de là que les dispositions du II de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 ont été méconnues, l'intéressée ne relevant pas des exceptions prévues par les deuxième et suivants alinéas de cet article.
5. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 22 février 2022 qu'elle conteste. La requête de Mme C doit ainsi être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
Le rapporteur,
F. AYMARD
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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