jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201075 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 7 avril 2022 et le 29 mars 2024, M. A B, représenté par Me Guendouz, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 23 novembre 2021 par laquelle la commune d'Avignon a refusé de le placer à la retraite pour invalidité imputable au service, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 13 février 2022 ;
2°) d'enjoindre à la commune, à titre principal, de l'admettre à la retraite pour invalidité imputable au service avec un taux d'incapacité permanente de 20 % et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui communiquer l'ensemble des arrêtés de prolongation de placement en congé pour invalidité temporaire imputable au service depuis le 21 février 2022, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission de réforme n'était pas composée d'un médecin spécialiste de sa pathologie, en méconnaissance de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de son état de santé consécutif à l'accident de service dont il a été victime.
Par un mémoire enregistré le 5 mars 2024, la commune d'Avignon conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge du requérant la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce que la décision attaquée n'est pas susceptible de recours en tant qu'elle n'est qu'une mesure préparatoire ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Béréhouc,
- les conclusions de M. Chaussard, rapporteur public,
- et les observations de Me Guendouz, représentant de M. B, et de Me Castagnino, représentant de la commune d'Avignon.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, brigadier-chef de la police municipale de la commune d'Avignon, a été victime, le 5 mars 2017, d'un accident de service reconnu imputable au service par arrêté du 8 septembre 2017 puis a été placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 6 mars 2017 au 27 septembre 2017. Il a ensuite déposé une demande de placement à la retraite pour invalidité imputable au service. Estimant qu'après avis de la commission de réforme, par son courrier du 23 novembre 2021, la commune d'Avignon aurait refusé d'y faire droit. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision ainsi que le rejet implicite du recours gracieux qu'il a exercé le 13 décembre 2021.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative " la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Les mesures préparatoires sont des actes qui ne sont qu'un élément de la procédure d'élaboration d'une autre décision. Leur irrégularité ne peut être mise en cause qu'à l'occasion du recours formé contre la décision que ces mesures ont pour objet de préparer.
3. Aux termes de l'article 36 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités territoriales : "le fonctionnaire qui a été mis dans l'impossibilité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou aggravées, soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes, peut être mis à la retraite par anticipation soit sur sa demande, soit d'office, à l'expiration des délais prévus au troisième alinéa de l'article 30 et a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° de l'article 7 et au 2° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite () ". Aux termes de l'article 30 dudit décret : " une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions. La commission de réforme compétente est celle du département où le fonctionnaire exerce ou a exercé, en dernier lieu, ses fonctions. La composition et le fonctionnement des commissions de réforme sont fixés par arrêté conjoint des ministres chargés de la sécurité sociale, des collectivités territoriales, de la santé et du budget, pris après avis du conseil supérieur compétent. Cet arrêté peut prévoir la mise en place de commissions interdépartementales pour les collectivités et les établissements visés aux articles 17 et 18 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. / Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. ". Aux termes de l'article 39 de ce décret : " Le fonctionnaire qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité ne résultant pas du service peut être mis à la retraite par anticipation soit sur demande, soit d'office dans les délais prévus au troisième alinéa de l'article 30 () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, suite à la demande de mise à la retraite pour invalidité imputable au service présentée par M. B, la commune d'Avignon, conformément à la procédure fixée par les dispositions précitées, a saisi la commission de réforme qui a émis, le 14 octobre 2021, un avis défavorable transmis à la l'intéressé par courrier du 15 octobre 2021. Puis, tel que l'établissent les pièces du dossier, et notamment les captures d'écran du compte individuel retraite de M. B produites par la commune, la procédure de mise à la retraite en cause s'est poursuivie et ne s'est jamais interrompue depuis son initiation, le 8 septembre 2021, donnant notamment lieu, le 20 octobre 2021, à la transmission à la CNRACL de la demande qui était toujours en cours d'examen le 9 avril 2024 et sur laquelle il n'est pas démontré qu'il aurait été statué depuis. Au regard de l'ensemble de ces éléments et, pour regrettable qu'ait été maladroitement indiqué, dans le courrier purement informatif du 23 novembre 2021 adressé en réponse à une demande de renseignements de M. B et signé par le directeur adjoint du service des ressources humaines, que la collectivité ne poursuivrait pas l'instruction du dossier de mise à la retraite pour invalidité imputable au service, ce courrier ne saurait être regardé comme une décision ayant statué sur la demande de mise à la retraite et constitue une simple mesure préparatoire intervenant dans le cadre de l'instruction de sa demande de mise à la retraite qui n'est pas susceptible de recours devant le juge de l'excès de pouvoir. Les conclusions de M. B tendant à l'annulation de cette mesure, ensemble du rejet de son recours gracieux, sont donc irrecevables.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-2 : " lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ".
7. L'exécution du présent jugement n'implique ni que la situation de M. B soit réexaminée, ni la communication de l'ensemble des arrêtés de prolongation de congé pour invalidité temporaire imputable au service.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la commune d'Avignon, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de faire application des mêmes dispositions au bénéfice la commune.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la commune d'Avignon est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Avignon.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
Mme Vosgien, première conseillère,
Mme Béréhouc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
F. BEREHOUC
Le président,
G. ROUX
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026