jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201172 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DEBUREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 avril 2022, M. C A, représenté par Me Debureau, demande au tribunal :
- d'annuler la délibération n° 2020-10-15-031 du 15/12/2021 par laquelle le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours administratif préalable et lui a refusé la délivrance d'une autorisation préalable d'accès à une formation professionnelle ;
- d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer la carte professionnelle d'agent de sécurité ;
- de condamner le Conseil national des activités privées de sécurité aux dépens et à verser la somme de 1.500 euros taxes comprises à son conseil, ladite condamnation valant renonciation de ce dernier à l'indemnisation prévue par la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation ; en effet les deux condamnations dont il a fait l'objet concernent des faits commis en 2013 et 2014 ; en outre, les condamnations dont il est fait mention ne sont absolument pas incompatibles avec l'exercice de la profession d'agent de sécurité ; il s'agit de faits isolés qui ne sauraient caractériser à eux seuls le fait qu'il ne puisse pas exercer une activité privée de sécurité ;
- le CNAPS ne saurait se prévaloir de deux dossiers dans lesquels il aurait été mis en cause et pour lesquels il n'a pas été poursuivi, en l'absence de matérialité des faits concernés, sur lesquels il n'a pas été mis en mesure de présenter des observations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2023, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B Parisien ;
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 26 mai 2021, la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Ouest a rejeté la demande de M. A tendant à la délivrance d'une autorisation préalable d'accès à la formation professionnelle, sollicitée en vue d'effectuer une formation au métier d'agent de sécurité privée. M. A a alors saisi la commission nationale d'agrément et de contrôle, laquelle, par une décision du 15 décembre 2021, a rejeté sa demande, au motif que les faits et condamnations relevées à l'encontre de l'intéressé révélaient un comportement incompatible avec l'exercice d'une activité privée de sécurité au sens du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure: " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire () dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents des commissions nationale et régionales d'agrément et de contrôle spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, à l'issue d'une enquête administrative, et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les actes commis par le demandeur sont compatibles avec l'exercice de la profession ou la direction d'une personne morale exerçant cette activité, alors même que les agissements en cause n'auraient pas donné lieu à une condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, ou que la condamnation prononcée en raison de ces agissements aurait été effacée de ce bulletin. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
4. Il ressort des pièces du dossier que le refus, daté du 15 décembre 2021, d'autorisation préalable d'accès à une formation professionnelle d'agent de sécurité privée est motivé, d'une part, par la condamnation de M. A, le 28 juin 2016, par une ordonnance pénale du tribunal correctionnel de Nîmes, à une peine de 300 euros d'amende ainsi qu'à une suspension du permis de conduire pour une durée de trois mois pour avoir commis, le 5 septembre 2014, des faits de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance. Si ces faits sont par leur nature même contraires aux principes auxquels l'agent d'une société de sécurité privée doit se conformer, ils demeurent isolés, et ils sont antérieurs de cinq et huit ans à la décision attaquée.
5. La décision relève d'autre part une précédente condamnation par un jugement du tribunal correctionnel de Nîmes en date du 19 mars 2014, à une peine de 15 jours d'emprisonnement avec sursis pour avoir commis, le 11 juillet 2013, des faits de vol. Enfin, M. A a été mis en cause, le 2 janvier 2018, en qualité d'auteur de faits d'escroquerie commis le 19 septembre 2016, ainsi que pour des faits de violences volontaires par conjoint ou concubin avec ITT de moins de 8 jours, commis le 22 avril 2014. Cependant, la réalité de ces derniers faits pour lesquels M. A a été mis en cause est fermement contestée, et ils ne sont pas établis par ces seules mises en cause, étant observé que le Conseil national des activités privées de sécurité n'apporte aucun autre élément de nature à en justifier le bien-fondé.
6. Par conséquent, les seuls faits établis, pour lesquels M. A a été condamné, nonobstant leur gravité, doivent être regardés comme anciens, et, eu égard aux doutes entourant les autres faits relevés par le Conseil national des activités privées de sécurité, ne suffisent pas à justifier la décision du 15 décembre 2021, qui doit, par suite, être regardée comme entachée d'une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité du 15 décembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le motif d'annulation retenu implique seulement que la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité procède à un nouvel examen de la demande de M. A en tenant compte des motifs du présent jugement. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. En l'absence de dépens dans la présente instance, au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions tendant à leur remboursement, en tout état de cause non chiffrées, ne peuvent qu'être rejetées.
10. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dès lors, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le paiement d'une somme de 1 000 euros à Me Debureau, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 15 décembre 2021 de la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité, refusant à M. A la délivrance d'une autorisation préalable d'accès à une formation professionnelle est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de réexaminer la demande de délivrance d'une autorisation préalable d'accès à une formation professionnelle d'une société privée de sécurité présentée par M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le Conseil national des activités privées de sécurité versera à Me Debureau, avocate de M. A, une somme de 1 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejetée.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le rapporteur,
P. PARISIEN Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°220117
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026