jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201196 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CAGNON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 avril, le 28 juillet 2022 et le 28 avril 2023, Mme H A C, représentée par Me Cagnon, demande au tribunal :
A titre principal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2022 par laquelle la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étranger malade ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " conjoint de français " dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans le même délai et sous la même astreinte ou, encore à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
A titre subsidiaire :
3°) d'ordonner avant-dire-droit une expertise médicale ;
En toute état de cause :
4)° de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une personne non habilitée ; l'arrêté du 8 mars 2021 donnant délégation de signature à l'auteur de l'arrêté attaqué est particulièrement général et n'a pas lui-même été régulièrement signé ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que :
* il ne vise pas l'avis défavorable du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
* il n'est pas démontré que les conditions de délibération des trois médecins du collège des médecins de l'OFII étaient réunies et que le médecin ayant établi le rapport n'a pas siégé au sein du conseil ;
* il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dans la mesure où le préfet n'a pas attendu l'avis du collège des médecins de l'OFII pour le prendre ;
* aucun médecin spécialiste de ses pathologies n'a siégé au sein du collège des médecins de l'OFII ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle souffre d'un syndrome de cavernomatose cérébrale compliquée d'hématome cérébraux qui nécessitent impérativement un suivi neurologique, et qui la contraignent dans ses déplacements, tout voyage en avion étant à ce jour contre-indiqué médicalement ; son état de santé a justifié son transport en France par vol médicalisé le 14 novembre 2019, démontrant ainsi que les soins ne pouvaient lui être administrés en Tunisie ; elle est également suivie dans le cadre d'un dépistage positif d'un cancer du col de l'utérus et ses pathologies ont exigé un suivi psychologique ; il n'existe pas d'offre de soins adaptée en Tunisie ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- il est nécessaire que le tribunal administratif ordonne une expertise médicale.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 juin et le 23 août 2022, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme A C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de M. Chevillard et les observations de Me Cagnon, représentant Mme A C, en présence de cette dernière.
Considérant ce qui suit :
1. Mme H A C, ressortissante tunisienne, née le 31 janvier 1997 en Tunisie, a épousé dans ce pays, le 25 avril 2019, un ressortissant français, M. D. Elle déclare être entrée en France le 19 novembre 2019, sous couvert d'un visa d'un an, délivré en qualité de conjoint de français. Elle a sollicité, le 14 août 2019, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de " conjoint de français ". Cependant, M. D a introduit, le 23 décembre 2020, une requête en divorce et le juge aux affaires familiales a constaté la non-conciliation des époux le 31 mai 2021. Par un arrêté du 8 octobre 2021, la préfète du Gard a refusé de délivrer à l'intéressée le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Tunisie comme pays de destination. Par un jugement du 8 mars 2022, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté la requête présentée par Mme A C contre cet arrêté. Par une demande du 10 novembre 2021, l'intéressée a présenté une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par un arrêté du 28 mars 2022, que Mme A C conteste, la préfète du Gard a rejeté sa demande.
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée () ". L'article R. 425-11 du même code dispose : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration./ L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé./ Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ". En vertu de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant: / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé, pour la préfète du Gard, par M. Frédéric Loiseau, secrétaire général de la préfecture qui disposait, en vertu d'un arrêté n° 30-2021-03-08 du 8 mars 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation suffisamment précise à l'effet de signer, en toutes matières, tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département du Gard, à l'exception de certaines matières au nombre desquelles ne figurent pas l'arrêté attaqué. Par ailleurs, la requérante ne démontre pas, comme elle l'allègue, que l'arrêté de délégation, signé électroniquement par la préfète du Gard est irrégulier en méconnaissance de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il est fait application, et notamment l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionne les circonstances sur lesquelles la préfète du Gard s'est fondée pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En troisième lieu, Mme A C soutient que l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il ne vise pas l'avis défavorable du collège des médecins de l'OFII. Toutefois, une erreur dans les visas d'une décision est sans incidence sur sa légalité. Par ailleurs, l'arrêté attaqué mentionne l'avis rendu par ce collège le 17 mars 2022. Par suite, le moyen qui manque en fait doit être écarté.
6. En quatrième lieu, Mme A C soutient que l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas démontré que les conditions de délibération des trois médecins du collège des médecins de l'OFII étaient réunies. Elle n'assortit toutefois pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En cinquième lieu, Mme A C soutient que l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas démontré que le médecin ayant établi le rapport n'a pas siégé au collège des médecins de l'OFII. Toutefois, il ressort des termes même de l'avis rendu par ce collègue le 17 mars 2022 que seuls ont siégé les Dr B E, Nicolas Signol et Cécile De-Rouvray, à l'exclusion du Dr F G, médecin rapporteur. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été privée d'une garantie.
8. En sixième lieu, Mme A C soutient que l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dans la mesure où le préfet n'a pas attendu l'avis du collège des médecins de l'OFII pour le prendre. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, l'arrêté attaqué du 28 mars 2022 a notamment été pris sur le fondement de l'avis rendu préalablement par le collège des médecins de l'OFII le 17 mars 2022. Par suite, le moyen manquant en fait doit être écarté.
9. En septième lieu, aucune disposition ou aucun principe ne le prévoyant, Mme A C ne peut utilement se prévaloir de ce qu'un médecin spécialiste de ses pathologies n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII.
10. En huitième lieu, en application des dispositions citées au point 2, le juge doit seulement s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, dont le défaut de prise en charge pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et n'a en particulier pas à rechercher si les soins dans le pays d'origine peuvent être considérés comme équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.
11. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis du collège médical de l'OFII du 17 mars 2022 rendu au sujet de la demande de la requérante que son état nécessite une prise en charge médicale, que le défaut de celle-ci peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié. Il n'est pas contesté que la requérante souffre d'un syndrome de cavernomatose cérébrale compliquée d'hématome cérébraux nécessitant un suivi neurologique, qu'elle est suivie dans le cadre d'un dépistage positif d'un cancer du col de l'utérus et que ses pathologies ont exigé une prise en charge psychologique ainsi qu'il ressort des nombreux documents médicaux produits à l'instance. Pour contester l'appréciation portée par le collège de médecins de l'OFII, reprise à son compte par la préfète du Gard, la requérante, soutient d'une part, que son état de santé a justifié son transport en France par vol médicalisé le 14 novembre 2019, démontrant ainsi que les soins ne pouvaient lui être administrés en Tunisie. Elle soutient d'autre part qu'il n'existe pas d'offre de soins adaptée à ses pathologies dans ce pays. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée a, dans un premier temps, été hospitalisée dans une clinique tunisienne et a été rapatriée en France pour une hospitalisation en service de neurochirurgie du 14 au 21 novembre 2019 dans une période durant laquelle elle résidait régulièrement en France en qualité de conjoint de français. Par ailleurs, ni les documents médicaux que la requérante produit, ni le certificat de l'hôpital universitaire Tahar Sfar De Mahdia du 20 octobre 2021, ne permettent de démontrer qu'elle ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, alors que la préfète produit des documents démontrant que les pathologies de la requérante, et notamment leurs conséquences caractérisées par des crises d'épilepsie, peuvent être traitées dans son pays d'origine. En outre, s'il ressort de certificats médicaux produits par Mme A C que les voyages en avion sont contre-indiqués par ses pathologies, il n'en ressort pas que de telles contradictions concernent tous autres moyens de transport. Ainsi, dès lors qu'il n'est pas démontré que la requérante ne pourrait pas bénéficier de soins médicaux appropriés dans son pays d'origine et ne pouvait pas voyager sans risque en Tunisie notamment par bateau, la préfète du Gard n'a pas fait une appréciation erronée des conditions prévues à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant à Mme A C de l'admettre au séjour sur ce fondement.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A C résidait en France, à la date de la décision attaquée, depuis un peu plus de deux ans, que la vie commune avec son époux a cessé et qu'une procédure de divorce est en cours. Par ailleurs, l'ensemble des membres de la famille de la requérante, qui n'a pas d'enfant, réside en Tunisie où elle a vécu jusqu'à l'âge de 22 ans. Si la requérante fait valoir que son entourage est menaçant dans la mesure où elle a épousé un ressortissant français, les seules captures d'écran produites sont insuffisantes pour le démontrer, ce d'autant que son mariage n'est plus effectif. En outre, si la requérante se prévaut de son intégration professionnelle et d'un diplôme de manager en hôtellerie, il ressort des pièces du dossier qu'elle n'a travaillé que dans le cadre de contrats à temps partiel en qualité d'assistante de vie. Les seules attestations de suivi et de dispense de formation qu'elle produit sont à cet égard insuffisantes. Tel est également le cas de la seule attestation mentionnant des relations amicales en France. Enfin, si la requérante se prévaut de la gravité de son état de santé, les éléments qu'elle apporte ne sont pas de nature, ainsi qu'il a été dit au point 11, à établir que seul un suivi médical en France serait possible. Dans ces conditions, la décision contestée n'a pas porté au droit de Mme A C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, que Mme A C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté qu'elle conteste. Par voie de conséquences, ses conclusions en annulation et les conclusions qu'elle présente à fin d'injonction sous astreinte et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme H A C, au préfet du Gard et à Me Cagnon.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026