vendredi 19 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201228 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LEXTRAIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 avril 2022 et 15 septembre 2022, M. B D, représenté par Me Lextrait, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2022 par lequel la préfète du Gard lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes, munitions et leurs éléments de toute catégorie et a procédé à son inscription au fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes ;
2°) d'annuler la décision du 10 mai 2022 portant rejet de son recours gracieux ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que la décision de rejet et l'arrêté attaqués sont :
- signés sans délégation à cet effet par Mme C A ;
- insuffisamment motivés ;
- entachés d'une erreur sur la qualification juridique des faits ;
- entachés d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 août 2022 et le 29 mars 2023, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête de M. D.
Elle soutient que :
- les conclusions du 15 septembre 2022 sont tardives et irrecevables en tant qu'elles sont dirigées contre l'interdiction d'acquérir ou de détenir des armes ;
- le recours gracieux de M. D du 18 avril 2022 a eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux pour la seule contestation de son inscription au fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Baccati,
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lextrait, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 3 mars 2022 la préfète du Gard a interdit à M. D d'acquérir ou détenir des armes, munitions et leurs éléments de toute catégorie, et procédé à son inscription au fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes. Par décision du 10 mai 2022, elle a rejeté son recours gracieux. M. D demande au tribunal de prononcer l'annulation, pour excès de pouvoir, de l'arrêté et de la décision de rejet de la préfète.
Sur la recevabilité :
2. M. D doit être regardé comme ayant entendu contester, dès sa requête introductive d'instance du 21 avril 2022, l'arrêté du 3 mars 2022 dans toutes ses dispositions. En conséquence, la fin de non-recevoir pour tardiveté doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Selon l'article L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure : " L'autorité administrative peut interdire l'acquisition et la détention des armes, munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C aux personnes dont le comportement laisse craindre une utilisation dangereuse pour elles-mêmes ou pour autrui. ". Selon l'article L. 312-16 du même code : " Un fichier national automatisé nominatif recense : () 3° Les personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C en application de l'article L. 312-3-1. (). ".
4. Il ressort des pièces du dossier que pour prendre à l'égard de M. D une décision d'interdiction d'acquisition et de détention d'armes sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 312-1-3 du code de la sécurité intérieure, la préfète du Gard s'est fondée sur une enquête administrative dont il ressort que l'intéressé s'est signalé pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité, ultérieurement requalifiés en refus par le conducteur d'un véhicule d'obtempérer à une sommation de s'arrêter dans des circonstances exposant directement autrui à un risque de mort ou d'infirmité. Ces faits ont motivé la condamnation de M. D le 9 mars 2016 par le tribunal correctionnel d'Alès à une peine de 8 mois d'emprisonnement avec sursis et à une suspension de permis de conduire de 6 mois. La préfète a estimé que ce comportement laissait craindre une utilisation par M. D d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C, dangereuse pour lui-même ou pour autrui, incompatible avec l'acquisition et la détention de ceux-ci.
5. Toutefois, ces faits sur lesquels la préfète s'est fondée sont anciens et isolés. En outre il n'est pas contesté en défense que M. D n'a eu depuis aucun démêlé avec la justice, alors que six ans se sont écoulés entre la commission de ces faits et la décision attaquée. Dans l'ensemble de ces conditions, en estimant que le comportement de M. D est incompatible avec l'acquisition ou la détention d'armes, la préfète du Gard a commis une erreur d'appréciation. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'arrêté du 3 mars 2022 et, par voie de conséquence, la décision de rejet du recours gracieux du 10 mai 2022, doivent être annulés.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. . En l'absence de dépens au sens de l'article R 761-1 du code de justice administrative, les conclusions tendant à leur remboursement doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 er : L'arrêté de la préfète du Gard du 3 mars 2022 et la décision de rejet du recours gracieux du 10 mai 2022 sont annulés.
Article 2 : L'Etat versera à M. D une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet du Gard.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Baccati, premier conseiller.
M. Parisien, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2024.
Le rapporteur,
J. BACCATI
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026