mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201295 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL COUDURIER & CHAMSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 avril 2022, M. C A et Mme D A, représentés par la SCP Lemoine-Clabeaut, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-André-d'Olérargues a délivré à M. F un permis de construire une maison individuelle avec piscine et garage ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-André-d'Olérargues une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors qu'il ne contient aucun élément graphique permettant d'évaluer l'impact du projet sur son environnement ;
- le projet méconnaît les dispositions de la carte communale dès lors que le secteur dans lequel il s'implante est éloigné du centre-ville et est classé comme inconstructible, et que le projet n'est pas desservi par les réseaux et dispose d'une voie d'accès dont les caractéristiques sont insuffisantes.
Par des mémoires en défense enregistrés les 27 mai 2023 et 22 septembre 2023, la commune de Saint-André-d'Olérargues, représentée par la SELARL Blanc-Tardivel-Bocognano, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir contre le permis de construire en litige ;
- les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 26 avril 2023, M. E F et Mme G B épouse F, représentés par la SCP Coudurier et Chamski, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boyer,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lorion, représentant M. et Mme A, et H, représentant la commune de Saint-André-d'Olérargues.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 février 2022, le maire de Saint-André-d'Olérargues a délivré à M. F un permis de construire une maison individuelle avec piscine et garage sur un terrain cadastré section B nos 214 et 769, situé chemin du Vaquier. M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à
R. 431-12 () ". L'article R. 431-7 du même code dispose que : " Sont joints à la demande de permis de construire : () / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Selon l'article R. 431-8 de ce code :
" Le projet architectural comprend une notice précisant : () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages () ". Enfin, l'article R. 431-10 du même code prévoit que : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ".
3. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que celui-ci comporte une pièce " PCMI4 ", correspondant à la notice prévue à l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, qui détaille l'aspect de la maison projetée et les partis retenus pour assurer son insertion dans son environnement, ainsi qu'une pièce " PCMI6 " qui constitue un document d'insertion paysagère satisfaisant aux exigences règlementaires. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que ce dossier serait incomplet en ce qu'il ne comporterait pas de documents permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au présent litige : " La carte communale délimite les secteurs où les constructions sont autorisées et les secteurs où les constructions ne sont pas admises () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, si les parcelles d'assiette au projet sont pour partie classées en zone constructible et pour partie en zone inconstructible par la carte communale de Saint-André-d'Olérargues, la construction projetée doit être intégralement implantée sur la partie du terrain d'assiette classée en zone constructible. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que le projet sera raccordé aux réseaux publics d'eau potable, de téléphone et d'électricité et que les eaux usées seront traitées par un dispositif d'assainissement non collectif pour lequel le service public d'assainissement non collectif a émis un avis favorable. L'accès au projet se fera au Nord par le chemin du Vaquier qui est une voie publique communale. Enfin, les extraits du rapport de présentation de la carte communale invoqués par les requérants ne sont pas opposables à une demande d'autorisation d'urbanisme, comme le fait valoir la commune en défense et ne révèlent, en tout état de cause, aucune inadéquation du projet à leur égard. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de la carte communale doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de M. et Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-André-d'Olérargues, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants une somme de 1 200 euros à verser pour moitié à la commune de Saint-André-d'Olérargues et pour moitié à M. et Mme F.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront une somme de 1 200 euros pour moitié à la commune de Saint-André-d'Olérargues et pour moitié à M. et Mme F au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et Mme D A, à la commune de Saint-André-d'Olérargues et à M. E F et Mme G B épouse F.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024
La présidente-rapporteure,
C. BOYER L'assesseur le plus ancien,
R. MOURET
La greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026