jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201306 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LEMOINE CLABEAUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2022, Mme A B, représentée par Me Gault agissant pour la SELARL Rivière et Gault associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er mars 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a refusé de reconnaître comme maladie professionnelle la pathologie de Covid-19 qu'elle a déclarée par un courrier du 11 janvier 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 avril 2022 par lequel la présidente du conseil départemental de Vaucluse l'a placée en congé de maladie ordinaire du 22 mars au 18 juin 2022 ;
3°) d'enjoindre à la présidente du conseil départemental de Vaucluse de reconnaître le caractère de maladie professionnelle de sa pathologie et d'en tirer toutes les conséquences de droit et de fait sur sa rémunération ;
4°) de mettre à la charge du département de Vaucluse la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par des autorités non habilitées ;
- l'avis de la commission de réforme ne lui a pas été notifié, de sorte qu'il n'est pas démontré qu'elle aurait été régulièrement composée ;
- les décisions attaquées sont entachées d'erreur d'appréciation dès lors qu'il existe un lien direct et certain entre la prise en charge de sa collègue sur son lieu de travail et la forme particulièrement sévère de la pathologie contractée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, le département de Vaucluse, représenté par la SCP Lemoine Clabeaut, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chevillard,
- les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lorion, représentant le départemental de Vaucluse.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjointe administrative principale de 2ème classe, affectée au sein du collège Rosa Parks à Cavaillon, a été testée positive à la Covid-19, le 29 novembre 2021, et a été hospitalisée, pour ce motif, du 5 décembre 2021 au 21 février 2022. L'intéressée a présenté une demande de reconnaissance de maladie professionnelle par un courrier du 11 janvier 2022. Suivant l'avis défavorable de la commission de réforme rendu le 24 février 2022, la présidente du département de Vaucluse a, par une décision du 1er mars 2022, refusé de reconnaître comme maladie professionnelle la pathologie de l'intéressée. Par un arrêté du 5 avril 2022, la même autorité a placé Mme B en congé de maladie ordinaire du 22 mars au 18 juin 2022. Par la présente requête, l'intéressée demande au tribunal d'annuler la décision du 1er mars 2022 et l'arrêté du 5 avril 2022.
Sur la légalité des décisions attaquées :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées ont été signées par Mme C D, directrice des ressources humaines du conseil départemental de Vaucluse, qui disposait d'une délégation de signature consentie par la présidente de cette collectivité territoriale pour signer, dans le cadre de ses attributions, les actes en matière de ressources humaines, par arrêté n° 2021-5152 du 1er juillet 2021, publié au recueil des actes administratifs du département n° 315 du mois de juillet 2021. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, en se bornant à faire état de ce que, dès lors que l'avis de la commission de réforme émis le 24 février 2022 ne lui aurait pas été communiqué, il ne serait pas établi que la composition de cette commission aurait été régulière, Mme B n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
5. En troisième et dernier lieu et d'une part, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires créé par l'article 10 de l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service () / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. () / IV. - Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions ". Pour l'application du deuxième alinéa du IV de cet article, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. La situation de Mme B, qui a présenté une demande de reconnaissance de maladie professionnelle le 11 janvier 2022 pour la pathologie Covid-19, relève de ces dispositions.
6. D'autre part, le décret du 14 septembre 2020 relatif à la reconnaissance en maladies professionnelles des pathologies liées à une infection au SARS-CoV2 a inséré, dans l'annexe II du code de la sécurité sociale, un tableau de maladie professionnelle n°100, intitulé : " AFFECTIONS RESPIRATOIRES AIGUËS LIEES A UNE INFECTION AU SARS-COV2 ". Ce tableau fixe le délai de prise en charge à quatorze jours et précise que l'infection au SARS-CoV2 ayant causé ces affections respiratoires aiguës doit être " confirmée par examen biologique ou scanner ou, à défaut, par une histoire clinique documentée (compte rendu d'hospitalisation, documents médicaux) " et doit avoir " nécessité une oxygénothérapie ou toute autre forme d'assistance ventilatoire, attestée par des comptes rendus médicaux, ou ayant entraîné le décès ". Enfin, ce tableau dresse la liste limitative des travaux susceptibles de provoquer cette maladie, au titre desquels figurent les " travaux accomplis en présentiel par le personnel de soins et assimilé, de laboratoire, de service, d'entretien, administratif ou de services sociaux, en milieu d'hospitalisation à domicile ou au sein des établissements et services suivants au sein des établissements et services suivants : établissements hospitaliers () établissements hospitaliers, centres ambulatoires dédiés covid-19, centres de santé, maisons de santé pluriprofessionnelles, établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, services d'aide et d'accompagnement à domicile intervenant auprès de personnes vulnérables, services de soins infirmiers à domicile, services polyvalents d'aide et de soins à domicile, centres de lutte antituberculeuse, foyers d'accueil médicalisés, maisons d'accueil spécialisé, structures d'hébergement pour enfants handicapés, appartements de coordination thérapeutique, lits d'accueil médicalisé, lits halte soins santé, centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie avec hébergement, services de santé au travail, centres médicaux du service de santé des armées, unités sanitaires en milieu pénitentiaire, services médico-psychologiques régionaux, pharmacies d'officine, pharmacies mutualistes ou des sociétés de secours minières. Activités de soins et de prévention auprès des élèves et étudiants des établissements d'enseignement. Activités de transport et d'accompagnement des malades, dans des véhicules affectés à cet usage ".
7. Il n'est pas contesté que Mme B a, notamment du fait de l'infection qu'elle a contractée le 29 novembre 2021, été victime d'affections respiratoires ayant nécessité une oxygénothérapie ou toute autre forme d'assistance ventilatoire, ainsi qu'il ressort du résumé d'observations de son hospitalisation, établi le 6 janvier 2022 et de la lettre de liaison établie par la clinique les Cyprès, à Montfavet, le 21 janvier 2022. Toutefois, la requérante, qui occupait des fonctions de personnel de cuisine au sein d'un collège, n'occupait pas l'une des fonctions visées au tableau de maladie professionnelle n°100. Ainsi, Mme B ne saurait utilement se prévaloir d'une présomption d'imputabilité au service de sa pathologie sur ce fondement. Par ailleurs, si la requérante soutient qu'il existe un lien direct et certain entre la prise en charge de sa collègue sur son lieu de travail et la forme particulièrement sévère de la pathologie contractée, elle ne produit aucun élément probant à l'appui de ses allégations qui sont contredites par le département. Mme B n'est donc pas fondée à soutenir que la présidente du département de Vaucluse aurait commis une erreur d'appréciation en refusant de considérer sa pathologie comme imputable au service et, conséquemment, en la plaçant en congé de maladie ordinaire du 22 mars au 18 juin 2022. Par suite, les moyens doivent être écartés.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a refusé de reconnaitre comme maladie professionnelle la pathologie de Covid-19 que Mme B a déclarée par un courrier du 11 janvier 2022 et de l'arrêté du 5 avril 2022 par lequel la même autorité l'a placée en congé de maladie ordinaire du 22 mars au 18 juin 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions qu'elle a présentées à fin d'injonction ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge du département de Vaucluse, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le département de Vaucluse sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département de Vaucluse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
Le président,
G. ROUX
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201306
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026