mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201310 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LOISEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 avril 2022 et 17 mai 2024, le syndicat des copropriétaires de la Résidence Villa Florès et Mme D C, représentés par Me Loiseau, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2021 par lequel le maire de Pertuis a délivré un permis de construire à M. B, ensemble les décisions de rejet de leurs recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pertuis la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il méconnaît les articles UC3, UC5 et UC11 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU).
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juin 2022, la commune de Pertuis conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- il n'est pas démontré que le recours gracieux formé par Mme C a été notifié au pétitionnaire, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les requérants n'ont pas intérêt à agir contre le permis de construire en litige ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2023, la société TG IMMO conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le tribunal fasse application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et en tout état de cause à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il n'est pas démontré que le recours gracieux formé par Mme C a été notifié au titulaire initial du permis, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- il n'est pas établi que le recours contentieux a été notifié à la commune et au titulaire initial du permis conformément à ces mêmes dispositions ;
- les requérants n'ont pas intérêt à agir contre le permis de construire en litige ;
- en l'absence de décision générale de l'assemblée du syndicat de copropriété requérant l'y autorisant, le syndic n'avait pas qualité pour introduire le présent recours en son nom ;
- Mme C ne démontre pas avoir pas qualité pour agir au titre des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Grange substituant Me Besson pour la société TG Immo.
Considérant ce qui suit :
1. Le 20 août 2021, M. B a déposé auprès des services de la commune de Pertuis une demande de permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 177, avenue du Pavillon, parcelle cadastrée section AT n° 428p, classée en zone UC du PLU. Par arrêté du 7 décembre 2021, le maire de Pertuis a délivré le permis de construire, dont le bénéfice a été transféré à la société TP IMMO en cours d'instance. Le syndicat des copropriétaires de la Résidence Villa Florès et Mme C ont respectivement formé des recours gracieux contre cet arrêté par courriers des 31 janvier et 3 février 2022. Les requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 février 2021 ainsi que la décision du 24 février 2022 portant rejet du recours gracieux formé par le syndicat des copropriétaires de la Résidence Villa Florès et la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par Mme C.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé pour le maire de Pertuis par son adjoint délégué à l'urbanisme, M. E A. La commune produit en défense l'arrêté du 16 octobre 2020, extrait du registre des arrêtés du maire et transmis en préfecture le 21 octobre suivant, par lequel le maire de Pertuis a accordé à M. A une délégation de fonctions en matière d'urbanisme notamment. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté contesté doit, dès lors, être écarté.
3. En deuxième lieu, en vertu de l'article 3 du titre II du règlement du PLU, applicable à l'ensemble des zones et auquel renvoie l'article UC3 de ce règlement : " 1 - Accès : () Les accès doivent être aménagés de manière à ne pas créer de difficultés ou de dangers pour la circulation générale. Ils doivent satisfaire aux exigences de la sécurité publique, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. Les accès doivent être localisés et configurés en tenant compte des éléments suivants : - La topographie et la morphologie des lieux dans lesquels s'insère l'opération ; - La nature des voies sur lesquelles les accès sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic, ) ; - Le type de trafic généré par l'opération (fréquence journalière, nombre de véhicules accédant à la construction, type de véhicules, ) ; - Les conditions permettant l'entrée et la sortie des véhicules dans le terrain sans manœuvre, ni stationnement, sur la voie de desserte. "
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création d'un accès automobile débouchant sur l'impasse privée desservant, en plus du terrain en cause, cinq autres constructions. Cet accès donnera sur les deux places de parking non couvertes aménagées dans le cadre du projet. Si les requérants font valoir que les véhicules seront tenus de sortir du terrain en marche arrière et donc avec peu de visibilité, rien ne fait obstacle à ce qu'ils y entrent en sens inverse et puissent ainsi quitter les places de stationnement en marche avant. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que la visibilité des véhicules depuis l'accès projeté, qui débouche sur une impasse dont il a été dit qu'elle desservait un nombre limité d'habitations et supporte donc une faible fréquentation, est suffisante. L'aménagement de cet accès n'est, par conséquent, pas de nature à créer de difficultés ou de danger pour la circulation générale et satisfait aux exigences des dispositions précitées.
5. En troisième lieu, d'une part, au titre de l'article 5 du titre II règlement du PLU, applicable à l'ensemble des zones : " Les dispositions des articles 5 du règlement régissent l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises en se référant à la notion de limite de référence. Dans les développements suivants, la notion de limite de référence correspond à la limite entre les voies et emprises publiques existantes, à créer ou à modifier ci-après désignées et le domaine privé : - les voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique, - les places et jardins publics, - les emprises des voies ferrées du domaine ferroviaire, - les emplacements réservés nécessaires à la création, à l'élargissement ou l'extension desdites voies, places et emprises. " En application de l'article UC5 du règlement du PLU : " 5-1 Règle générale : Les constructions seront édifiées en retrait minimum de 4 mètres de la limite de référence. / 5-2 Règles particulières : Des implantations en limite de référence ou en retrait inférieur à celui fixé au 5-1 ci-dessus pourront être autorisées dans les cas suivants : () - pour prendre en compte les caractéristiques particulières du terrain d'assiette de la construction telles qu'une configuration atypique du parcellaire, une topographie accidentée ou lorsque le terrain est riverain de plusieurs limites de référence (terrain d'angle) () "
6. D'autre part, la fraude est caractérisée lorsque le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet en vue de l'obtention d'une décision indue.
7. Il ressort des pièces du dossier que le permis en litige vise à la construction d'une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section AT n° 428 p2, issue de la division en deux lots de la parcelle cadastrée section AT n° 428 p. Le projet implique, en outre, la réalisation d'un accès et de deux places de stationnement sur la parcelle cadastrée section AT n° 428 p1, ce qui apparaît clairement dans la notice et les plans du dossier de demande de permis de construire, lequel comporte, en outre, un plan de division de la parcelle cadastrée section AT n° 428p et l'acte notarié par lequel a été constitué une servitude de cour commune sur la parcelle cadastrée section AT n° 428 p1 au profit de la parcelle cadastrée section AT n° 428 p2. Ainsi, et contrairement à ce qui est soutenu, l'inclusion de la parcelle cadastrée section AT n° 428 p1 dans le terrain d'assiette du projet figurait dans la demande de permis de construire, dont les indications permettaient au service instructeur d'apprécier pleinement la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. En outre, l'implantation de la construction projetée au niveau de la limite séparant le terrain de l'impasse ouverte à la circulation publique aménagée sur la parcelle cadastrée section AT n° 170, par dérogation au retrait de 4 mètres imposé par l'article UC5-1 précité, est justifiée, comme le prévoit l'article UC5-2, par la configuration particulière du terrain résidant dans sa forme pentagonale dont l'un des côtés jouxte, ainsi qu'il vient d'être dit, une voie ouverte à la circulation publique. L'inclusion ou l'exclusion de la parcelle cadastrée section AT n° 428 p1 dans l'assiette du terrain est d'ailleurs sans incidence sur cette forme spécifique et donc sur la conformité du projet à l'article UC5. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le pétitionnaire aurait volontairement procédé à une inexacte définition du terrain d'assiette du projet dans l'objectif de rendre le permis litigieux conforme à l'article UC5, ni davantage que l'autorisation contestée en méconnaît les dispositions.
9. En dernier lieu, en vertu de l'article 11 du titre II du règlement du PLU, auquel renvoie l'article UC11 : " () 1 - 2 Modalités de calcul : () Les aires de stationnement de surface ou souterraines doivent être conçues dans l'organisation des aires de dégagement et de circulation pour garantir leur fonctionnement et leur accessibilité () 1 - 3 Modalités de réalisation : Lorsque le plan local d'urbanisme impose la réalisation d'aires de stationnement, celles-ci peuvent être réalisées sur le terrain d'assiette ou dans son environnement immédiat () Lorsque le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition à une déclaration préalable ne peut pas satisfaire aux obligations résultant de l'alinéa précédent, il peut être tenu quitte de ces obligations en justifiant, pour les places qu'il ne peut réaliser lui-même, soit de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement existant ou en cours de réalisation et situé à proximité de l'opération, soit de l'acquisition ou de la concession de places dans un parc privé de stationnement répondant aux mêmes conditions. () "
10. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation de deux places de stationnement configurées en enfilade sur la parcelle cadastrée AT n° 428 p1. Ainsi qu'exposé précédemment, cette parcelle est comprise dans le terrain d'assiette du projet. Les dispositions précitées permettent, en tout état de cause, l'aménagement de places de stationnement dans l'environnement immédiat du projet. Par ailleurs, ces dispositions n'interdisent pas que certaines places de stationnement soient en enfilade de places directement accessibles, dès lors que chacune d'elles, affectée au même logement que celle qui en commande l'accès, est effectivement utilisable, comme tel est le cas en l'espèce. Le moyen tiré de la violation de l'article UC11 du règlement du PLU doit, par conséquent, être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Pertuis, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire des requérants la somme de 1 200 euros à verser à la société TG IMMO.
D É C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de la Résidence Villa Florès et de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le syndicat des copropriétaires de la Résidence Villa Florès et Mme C verseront une somme de 1 200 euros à la société TG IMMO au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de la Résidence Villa Florès, à Mme D C, à la commune de Pertuis et à la société TG IMMO.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024 où siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026