mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201314 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GUILLOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 avril 2022 et 11 janvier 2023, la SA Société française du radiotéléphone (SFR), représentée par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2022 par lequel le maire d'Orange s'est opposé à la déclaration préalable de travaux qu'elle a déposée en vue de la construction d'un relais de téléphonie mobile ;
2°) d'enjoindre au maire d'Orange de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa déclaration préalable dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Orange la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- le motif tiré de la violation de l'article DP-U/AU5 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le motif tiré de la méconnaissance de l'article UD7 du règlement du PLU est entaché d'erreur de fait.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2022, la commune d'Orange, représentée par la SELARL Fayol et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Breysse pour la commune d'Orange.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 février 2022, la société SFR a déposé auprès des services de la commune d'Orange une déclaration préalable de travaux en vue de la construction d'un relais de téléphonie mobile sur un terrain situé 110 avenue de Verdun, parcelle cadastrée section BC n° 230, classée en zone Uda du règlement du PLU. Elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er mars 2022 par lequel le maire d'Orange a refusé de faire droit à cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, aux termes de l'article DP-U/AU5 du règlement du PLU, applicable à l'ensemble des terrains situés en zones urbaines : " () Les constructions doivent présenter un aspect compatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, des sites et des paysages naturels et bâtis () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet s'intègre dans un secteur densément bâti, majoritairement composé d'habitations et de commerces mais aussi de bâtiments industriels, ne présentant aucun intérêt architectural particulier. La construction projetée, bien que composée d'un pylône d'une hauteur de 30 mètres qui sera implanté à proximité immédiate de la voie publique, ne présente pas un aspect incompatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants. La société requérante est, dès lors, fondée à soutenir qu'en s'opposant à la déclaration préalable en litige au motif que le projet n'était pas conforme aux dispositions susvisées, le maire d'Orange a entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
4. En second lieu, l'article UD7 du règlement du PLU, dans sa version applicable au litige, prévoit que toute construction à usage d'habitation doit disposer d'une place de stationnement par tranche de 60 mètres-carrés de surface de plancher et d'une place dédiée aux visiteurs. Une place de stationnement par tranche de 30 mètres-carrés de surface de plancher doit également être aménagée pour les constructions à usage de commerce. Enfin, s'agissant des équipements d'intérêt collectif et des constructions nécessaires aux services publics, l'article UD7 dispose que " Le nombre de places de stationnement à réaliser est déterminé en tenant compte de leur nature, du taux et du rythme de leur fréquentation, de leur situation géographique au regard des parkings publics existant à proximité et de leur regroupement et du taux de foisonnement envisageable ".
5. D'une part, contrairement à ce que fait valoir la commune en défense, le relais de téléphonie mobile en cause ne nécessite pas, au regard des dispositions de l'article UD7 applicables aux équipements d'intérêt collectif, que lui soit aménagée une place de stationnement dédiée, et ce en dépit de la circonstance que des véhicules puissent avoir à se rendre sur le terrain de manière épisodique en vue d'assurer la maintenance ou l'entretien du dispositif projeté. D'autre part, l'implantation du relais projeté sur l'emprise de trois des sept places de stationnement actuellement aménagées sur le terrain ne saurait, en tout état de cause, conduire à la méconnaissance de l'article UD7 précité dès lors que les quatre places restantes permettent de satisfaire aux exigences définies par ces dispositions en ce qui concerne le bâtiment existant, qui présente une surface totale de 108 mètres-carrés dont 48 sont affectés à un usage d'habitation et 60 à une activité commerciale. Il s'ensuit qu'en se fondant sur la méconnaissance par le projet de l'article UD7 précité pour s'opposer à la déclaration préalable en litige, le maire a commis une erreur d'appréciation.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen de la requête n'est pas susceptible de fonder l'annulation de la décision attaquée.
7. Il résulte de ce qui précède que la société requérante est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire d'Orange du 1er mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Eu égard aux motifs d'annulation retenus par le présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au maire d'Orange de délivrer à la société requérante une décision de non-opposition à la déclaration préalable en cause dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision. Il n'y pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la société requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Orange la somme de 1 200 euros à verser à la SA SFR.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire d'Orange du 1er mars 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire d'Orange de délivrer à la SA SFR une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune d'Orange versera à la SA SFR une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SA SFR et à la commune d'Orange.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024 où siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026