jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201335 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LUCCHINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2022, Mme C A, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la présidente du département de Vaucluse a implicitement refusé de lui accorder une indemnité compensatrice pour les six jours de congés payés dont elle bénéficiait à l'issue de son contrat de travail à durée déterminée.
Elle soutient que :
- l'intégralité de ses congés payés non pris à l'issue de son contrat aurait dû lui être réglée, dès lors que, seule psychologue au sein de son service, elle n'a pas pu prendre ses six jours de congés restants ;
- elle n'a pas été informée de l'obligation de prendre l'intégralité de ses congés avant l'issue de son dernier contrat de travail ;
- elle n'a bénéficié d'aucun entretien préalable à ses renouvellements de contrats ;
- les délais de prévenance n'ont pas été respectés dans le cadre de ses renouvellements de contrats.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2022, le département de Vaucluse, représenté par Me Lucchini, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Chevillard,
-les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,
-et les observations de Mme D, agent mandaté, représentant le département de Vaucluse.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée par contrat à durée déterminée le 3 décembre 2019 par le département de Vaucluse, pour exercer les fonctions de psychologue au sein de l'espace départemental des solidarités de la commune de Montfavet en remplacement d'un autre agent. Le contrat de travail de l'intéressée a été renouvelé pour ce motif jusqu'au 30 juin 2021. Le 15 juin 2021, Mme A a conclu un nouveau contrat pour la période allant du 1er juillet au 30 septembre 2021 en raison d'un accroissement temporaire d'activité. Ce contrat a été prolongé par avenant jusqu'au 31 décembre 2021. Par un courriel du 29 novembre 2021, Mme A a informé son employeur de son choix de ne pas renouveler son contrat de travail. Par un courrier du 28 janvier 2022, auquel il n'a pas été répondu, l'intéressée a sollicité l'indemnisation de six jours de congés payés non pris à l'issue de son dernier contrat. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision ayant implicitement rejeté sa demande.
2. En premier lieu, la requérante ne saurait utilement se prévaloir des circonstances qu'elle n'aurait bénéficié d'aucun entretien préalablement à ses renouvellements de contrats ni qu'aucun délai de prévenance n'aurait été respecté par son employeur, dès lors que la décision attaquée n'a pas pour objet l'absence de renouvellement de son dernier contrat de travail ou de ses contrats précédents. Par suite, ces moyens inopérants doivent être écartés.
3. Aucune disposition légale ou règlementaire ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'employeur public d'un agent non titulaire d'informer ce dernier des conditions dans lesquelles il doit prendre l'intégralité de ses congés avant l'issue de son contrat. Le moyen invoqué par Mme A tiré de ce qu'elle n'aurait pas reçue une telle information est inopérant et doit donc être rejeté.
4. En deuxième et dernier lieu, aux termes de l'article 5 du décret précité du 15 février 1988 : " L'agent contractuel en activité a droit, dans les conditions prévues par le décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux, à un congé annuel dont la durée et les conditions d'attribution sont identiques à celles du congé annuel des fonctionnaires titulaires. A la fin d'un contrat à durée déterminée ou en cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire, l'agent qui, du fait de l'autorité territoriale, en raison notamment de la définition du calendrier des congés annuels, n'a pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels a droit à une indemnité compensatrice. Lorsque l'agent n'a pu bénéficier d'aucun congé annuel, l'indemnité compensatrice est égale au 1 / 10 de la rémunération totale brute perçue par l'agent lors de l'année en cours. Lorsque l'agent a pu bénéficier d'une partie de ses congés annuels, l'indemnité compensatrice est proportionnelle au nombre de jours de congés annuels dus et non pris. L'indemnité ne peut être inférieure au montant de la rémunération que l'agent aurait perçue pendant la période de congés annuels dus et non pris. L'indemnité est soumise aux mêmes retenues que la rémunération de l'agent. ".
5. Mme A soutient que, seule psychologue au sein de son service, elle n'a pas été en mesure de prendre ses six jours de congés restants du fait de son employeur. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier qu'elle n'était pas la seule psychologue à exercer dans son service dès lors qu'elle n'était plus engagée depuis le 1er juillet 2021 pour remplacer Mme B mais en raison d'un accroissement temporaire d'activité. D'autre part, le département démontre, par la production de l'état des congés pris par la requérante pour l'année 2021, que celle-ci a été mis à même de poser l'intégralité de ses congés avant la fin de son contrat, spécialement à compter du 29 octobre 2021, date à laquelle elle a informé son employeur de sa volonté de ne pas voir son contrat de travail renouvelé alors que celui-ci a envisagé son renouvellement à compter du 1er janvier 2022. Il n'est ainsi pas établi que Mme A n'aurait pas été en mesure de bénéficier de l'intégralité de ses congés du fait de l'autorité territoriale. Elle n'est donc pas fondée à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées au point précédent ni, par suite, à demander le versement de l'indemnité compensatrice en cause.
6. Il résulte de qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision implicite qu'elle conteste serait entachée d'illégalité. Par suite, ses conclusions tendant à son annulation doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au département de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
Le président,
G. ROUX
Le greffier,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026