jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201506 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CHARREL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance du 11 mai 2022, le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé au tribunal administratif de Nîmes le dossier de la requête de Mme A B, enregistrée le 16 février 2022.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Nîmes le 12 mai 2022, complétée par des mémoires enregistrés les 19 janvier et 9 novembre 2023, Mme B, représentée par la SCP Charrel et associés en la personne de Me Gaspar, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2021 par laquelle le Garde des sceaux, ministre de la justice, a refusé sa nomination en qualité de greffière stagiaire ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 29 décembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que les décisions attaquées aient été prises par une autorité habilitée ;
- la décision du 28 octobre 2021 est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'ordonnance n° 2018-359 et du décret n° 2018-360 du 16 mai 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2023, le Garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Par lettre du 28 novembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de prononcer d'office une injonction de nommer Mme B en qualité de greffière stagiaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2018-359 du 16 mai 2018 fixant les modalités de transfert des personnels administratifs des juridictions mentionnées au 1° du I de l'article 109 de la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle et celles de leur accès aux corps des services judiciaires ou aux corps communs du ministère de la justice ensemble le décret n° 2018-360 du même jour ;
- le décret n° 2015-1275 du 13 octobre 2015 portant statut particulier des greffiers des services judiciaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cambrezy,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pellissier, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, salariée depuis le 1er novembre 2008 de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône puis du Vaucluse, a bénéficié d'un détachement auprès du tribunal des affaires de la sécurité sociale de Marseille le 1er janvier 2012 puis d'une mise à disposition auprès du pôle social du tribunal judiciaire d'Avignon à compter du 1er septembre 2019. Le 28 septembre 2021, elle a été admise à l'examen professionnalisé réservé exceptionnel de recrutement dans le corps des greffiers des services judiciaires au titre de l'année 2020. Par décision du 28 octobre 2021, le ministre de la justice a refusé de la nommer en qualité de greffière stagiaire. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 28 octobre 2021, ensemble la décision du 29 décembre 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 5 de l'ordonnance du 16 mai 2018 : " Pendant une durée de trois ans à compter du 1er janvier 2020 et par dérogation à l'article 19 de la loi du 11 janvier 1984 précitée, l'accès aux corps de fonctionnaires du ministère de la justice dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat peut être organisé par la voie de recrutements réservés exceptionnels valorisant les acquis de l'expérience professionnelle ". Aux termes de l'article 6 de l'ordonnance : " L'accès aux corps de fonctionnaires mentionnés à l'article 5 est réservé aux agents contractuels de droit public et aux salariés de droit privé qui occupent, à la date du 31 décembre 2018, un emploi comportant des fonctions administratives ou contentieuses, au sein de l'une des juridictions mentionnées au 1° du I de l'article 109 de la loi du 18 novembre 2016 susvisée. / Ces personnels doivent, à la date du 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle est ouvert le recrutement réservé exceptionnel, être en fonctions ou bénéficier d'un des congés assimilables à du travail effectif au sens de l'article L. 3121-1 du code du travail () ". Aux termes de l'article 7 de l'ordonnance : " Les personnels mentionnés à l'article 6 doivent justifier, à la date du 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle est ouvert le recrutement réservé exceptionnel, d'une durée d'ancienneté au moins égale à quatre années en équivalent temps plein au sein de l'une ou plusieurs des juridictions mentionnées au 1° du I de l'article 109 de la loi du 18 novembre 2016 précitée et, le cas échéant, d'un tribunal judiciaire ou d'une cour d'appel ". Enfin, aux termes de l'article 8 de l'ordonnance : " Les personnels mentionnés à l'article 6 ne peuvent accéder qu'aux corps des services judiciaires ou aux corps communs du ministère de la justice dont les missions, définies par leurs statuts particuliers, relèvent d'une catégorie hiérarchique équivalente à celle des fonctions qu'ils ont exercées pendant une durée de quatre ans en équivalent temps plein ". La liste des corps des services judiciaires et des corps communs du ministère de la justice auxquels peuvent accéder les candidats en application de l'article 5 de l'ordonnance est fixée par l'annexe 2 au décret du 16 mai 2018 : " Liste des grades des corps ouverts aux recrutements réservés exceptionnels : () Greffier des services judiciaires / Secrétaire administratif de classe normale du ministère de la Justice ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 13 octobre 2015 : " Les greffiers des services judiciaires constituent un corps classé dans la catégorie B () ".
4. Pour refuser la nomination de Mme B en qualité de greffière stagiaire, le ministre de la justice a considéré qu'elle ne remplissait pas, à la date des résultats d'admission du recrutement, la condition requise d'ancienneté de quatre ans dans des fonctions de catégorie B. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'état des services produit ainsi que du rapport établi le 12 novembre 2021 par la directrice des services de greffe du tribunal judiciaire d'Avignon, que la requérante a été en détachement auprès du tribunal des affaires de la sécurité sociale de Marseille à compter du 1er janvier 2012 puis affectée à compter du 1er septembre 2019 en vertu d'une convention de mise à disposition temporaire au pôle social du tribunal judiciaire d'Avignon. Au cours des huit années précédant l'ouverture du recrutement réservé exceptionnel au titre de l'année 2020, Mme B a exercé les fonctions de secrétaire du tribunal des affaires de la sécurité sociale puis a participé aux missions de contentieux général et technique de la sécurité sociale du tribunal judiciaire. Tant l'attestation rédigée le 5 décembre 2022 par le vice-président du tribunal judiciaire des Bouches-du-Rhône, exerçant les fonctions de président au pôle social à compétence départementale du tribunal judiciaire de Marseille, que celle du président du tribunal judiciaire d'Avignon du 1er décembre 2021 et le rapport précité de la directrice des services de greffe de ce tribunal attestent que Mme B faisait fonction de greffier et participait à ce titre, notamment, à la préparation et à la tenue des audiences, à la rédaction puis à la notification des jugements et à l'archivage des dossiers, ce dont attestent les jugements anonymisés produits. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que la requérante justifie avoir exercé des fonctions de greffe, lesquelles, en vertu de l'article 1er du décret du 13 octobre 2015, constituent des fonctions exercées par des agents de catégorie B. Dès lors, la décision du ministre 28 octobre 2021 est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme B est fondée à en obtenir son annulation, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 29 décembre 2021.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Aux termes de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative : " Lorsque la décision lui paraît susceptible d'impliquer le prononcé d'office d'une injonction, assortie le cas échéant d'une astreinte, le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction en informe les parties avant la séance de jugement et fixe le délai dans lequel elles peuvent, sans qu'y fasse obstacle la clôture éventuelle de l'instruction, présenter leurs observations ".
6. Le présent jugement prononçant l'annulation de la décision du 28 octobre 2021 par laquelle le Garde des sceaux, ministre de la justice, a refusé la nomination de Mme B en qualité de greffière stagiaire, implique, eu égard au motif retenu, que le ministre procède à la nomination de l'intéressée en qualité de greffière stagiaire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
7. Aux termes de l'article L. 911-3 du code de justice administrative : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet ".
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir l'injonction prononcée d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Aux termes de l'article L. 761 1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. Il y a lieu de faire application des dispositions précitées et de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La décision du 28 octobre 2021 par laquelle le Garde des sceaux, ministre de la justice, a refusé la nomination de Mme B en qualité de greffière stagiaire et la décision de rejet du recours gracieux du 29 décembre 2021 sont annulées.
Article 2 :Il est enjoint au ministre de la justice de procéder à la nomination de Mme A B en qualité de greffière stagiaire dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 :L'État versera à Mme B la somme de 1 200 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au Garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée pour information au président du tribunal judiciaire d'Avignon.
Délibéré après l'audience du 4 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Sarac-Deleigne, première conseillère,
M. Cambrezy, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
Le rapporteur,
G. CAMBREZY
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026