mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201611 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 et 31 mai 2022, Mme D E et Mme B E épouse A, représentées par Me Breuillot, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2017 par lequel le maire de Bédoin ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. G C, ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bédoin la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors que l'autorisation d'urbanisme en litige n'a jamais été affichée, que les travaux ne sont pas achevés et qu'elles ont formé un recours gracieux ;
- le projet litigieux méconnaît l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Bédoin ;
- le projet litigieux était soumis à l'avis conforme de l'architecte des Bâtiments de France et l'arrêté contesté n'est pas conforme à l'avis émis par ce dernier ; en tout état de cause, l'absence d'un tel avis conforme révèle une rupture d'égalité ;
- le projet litigieux méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 janvier 2024, la commune de Bédoin, représentée par Me Doux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- la requête est irrecevable en l'absence de notification du recours gracieux au pétitionnaire en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les requérantes ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- la décision de rejet du recours gracieux présente un caractère purement confirmatif ;
- les moyens invoqués par les requérantes ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et celles de Me Doux, représentant la commune de Bédoin.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, gérant de la société civile immobilière Le Cours, a déposé, le 22 août 2017, une déclaration préalable en vue de la modification d'une ouverture et de la pose d'une couverture sur la terrasse d'un immeuble situé 168 rue des Epoux F sur le territoire de la commune de Bédoin et classé en zone UA du plan local d'urbanisme communal. Par un arrêté du 18 septembre 2017, le maire de Bédoin ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable de travaux. Mme E et Mme A demandent l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté et de la décision rejetant leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine, dans sa rédaction issue de la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine : " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords (). / II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31 (). / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci () ". L'article L. 621-32 du même code, dans sa rédaction applicable au présent litige, dispose que : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues à l'article L. 632-2 du présent code ". Enfin, selon le I de l'article L. 632-2 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " () l'absence d'opposition à déclaration préalable () tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées ". L'article R. 425-1 du code de l'urbanisme prévoit, de même, que lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées.
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que ne peuvent être délivrées qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les décisions de non-opposition à déclaration préalable portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause.
4. Il est constant que l'immeuble sur lequel portent les travaux litigieux est situé à moins de cinq cents mètres d'un monument historique. Consulté dans le cadre de l'instruction du dossier de déclaration préalable déposé par le pétitionnaire, l'architecte des Bâtiments de France a estimé, dans son avis émis le 1er septembre 2017, que, le projet litigieux n'étant pas situé dans un périmètre délimité des abords, ni dans le champ de visibilité d'un monument historique, son accord n'était pas requis. Il ne ressort pas des seules pièces du dossier, compte tenu de la nature et de la localisation des travaux évoqués au point 1, que le projet litigieux serait visible depuis le monument historique mentionné dans cet avis ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public. L'accord de l'architecte des Bâtiments de France n'étant, dès lors, pas requis, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le maire de Bédoin était tenu d'assortir l'arrêté contesté de prescriptions reprenant l'intégralité des recommandations énoncées dans l'avis simple du 1er septembre 2017. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 621-31 du code du patrimoine et L. 425-1 et R. 425-1 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, la circonstance que l'architecte des Bâtiments de France a émis un avis conforme dans le cadre de l'instruction de plusieurs demandes d'autorisation d'urbanisme portant sur des travaux devant être réalisés à proximité du terrain d'assiette du projet litigieux ne saurait, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, suffire à établir l'existence de la " rupture d'égalité " alléguée. Par suite, le moyen tiré, en substance, de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement des administrés devant la loi ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Bédoin : " A moins que le bâtiment à construire ne jouxte la limite parcellaire, la distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite parcellaire qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à 3 mètres. / Lorsque par son gabarit ou son implantation, un immeuble bâti existant n'est pas conforme aux prescriptions de l'alinéa ci-dessus, le permis de construire ne peut être accordé que pour des travaux qui ont pour objet d'améliorer la conformité de l'implantation ou du gabarit de cet immeuble avec ces prescriptions ou pour des travaux qui sont sans effet sur l'implantation ou le gabarit de l'immeuble ".
7. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du plan de la façade sud joint à la déclaration préalable du pétitionnaire, que l'auvent dont l'édification est prévue au-dessus de la terrasse existante doit être implanté sur la limite séparative ouest. La circonstance alléguée que l'auvent qui a été réalisé ne serait pas implanté sur cette limite parcellaire, mais avec un recul de quelques centimètres par rapport à celle-ci, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté, celui-ci n'ayant pas d'autre objet que d'autoriser la réalisation de travaux conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Bédoin ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
8. En quatrième lieu, à supposer que les requérantes puissent être regardées comme ayant entendu se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article 662 du code civil relatives aux murs mitoyens, un tel moyen est sans incidence sur la légalité de l'autorisation d'urbanisme en litige, celle-ci ayant été délivrée sous réserve du droit des tiers.
9. En cinquième et dernier lieu, si les requérantes soutiennent que le projet litigieux méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme, elles n'assortissent pas leurs allégations sur ce point de précisions suffisantes. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que les travaux litigieux portent sur une construction existante implantée dans le centre de la commune de Bédoin. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Bédoin, que la requête de Mme E et autre doit être rejetée, y compris leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Bédoin sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E et autre est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bédoin au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, première dénommée, à la commune de Bédoin et à la société civile immobilière Le Cours, représentée par M. G C.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le rapporteur,
R. MOURETLa présidente,
C. BOYER
La greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026