LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2201684

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2201684

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2201684
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELAS LLC ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 mai 2022, le 12 septembre 2022 et le 22 décembre 2023, la SARL Imm'Extenso et la SARL Somatimmo, représentées par Me Zago de la SELAS Lawtec, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Pertuis a procédé au retrait du permis de construire tacite du 7 mars 2022 et a refusé de délivrer le permis sollicité ;

2°) d'enjoindre au maire de Pertuis de leur délivrer un certificat de permis de construire tacite sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Pertuis une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- elles justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- la requête est introduite dans le délai prescrit par le code de justice administrative ;

- les obligations de notification découlant de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme sont remplies ;

- la décision attaquée a été signée par une autorité dont la compétence n'est pas établie par une délégation régulièrement publiée et l'arrêté de délégation est illégal faute de prévoir un terme et dès lors que la délégation consentie est trop générale et imprécise ;

- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;

- le motif tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme et de l'article 3 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) repose sur des faits matériellement inexacts ;

- le motif tiré de la méconnaissance de l'article UB7 est erroné dès lors que les règles de retrait prévues au 7.1 ne s'appliquent pas aux annexes en vertu du 7.2 ;

- le motif tiré de la méconnaissance de l'article 11 des dispositions générales du règlement du PLU et de l'article UB11 est erroné dès lors que le projet ne peut être qualifié d'opération d'aménagement d'ensemble et qu'il prévoit trois places de stationnement " visiteurs " pour huit logements et que les observations de la société pétitionnaire adressées à la commune n'ont pas été prises en compte ;

- étant titulaires d'un permis tacite, elles ne peuvent se voir opposer un refus de permis par la décision contestée.

Par des mémoires en défense enregistrés le 3 août 2022 et le 5 octobre 2022, la commune de Pertuis, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués par les sociétés requérantes ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 5 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée à sa date d'émission en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Des pièces complémentaires présentées par la commune de Pertuis ont été enregistrées le 9 février 2024, postérieurement à la clôture d'instruction et ont été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boyer,

- et les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 27 avril 2022, le maire de Pertuis a retiré le permis de construire tacite, accordé le 7 mars 2022 à la SARL Imm'Extenso et à la SARL Somatimmo, et a refusé d'accorder le permis de construire en vue de la modification et du changement de destination d'un bâtiment existant implanté sur un terrain, cadastré section BS n° 78, situé rue des Casements et classé en zone UB du PLU de la commune. Les sociétés requérantes demandent l'annulation de cet arrêté.

Sur la légalité externe de l'arrêté du 27 avril 2022 :

2.En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal () ". Aux termes de l'article

L. 2131-1 du même code, dans sa rédaction applicable à la date de la délégation de signature :" Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. / () / Cette transmission peut s'effectuer par voie électronique, selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat. / () / Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes. /La preuve de la réception des actes par le représentant de l'Etat dans le département ou son délégué dans l'arrondissement peut être apportée par tout moyen. / () / La publication ou l'affichage des actes mentionnés au premier alinéa sont assurés sous forme papier. La publication peut également être assurée, le même jour, sous forme électronique, dans des conditions, fixées par un décret en Conseil d'Etat, de nature à garantir leur authenticité () ".

3.Le signataire de l'arrêté attaqué, M. B A, 9ème adjoint, a reçu délégation de fonctions, en vertu d'un arrêté du maire de Pertuis du 16 octobre 2020, notamment en matière d'urbanisme. Cet arrêté dûment transmis au représentant de l'Etat le 21 octobre 2020 précise que la délégation de fonctions ainsi accordée à M. A emporte délégation de signature notamment " pour prendre tout acte à caractère décisoire ou non décisoire " et a été régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune qui produit pour en justifier un extrait du registre des arrêtés du maire dont les mentions ne sont pas contestées. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4.En second lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". D'autre part, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. () ".

5. Si les sociétés requérantes soutiennent que l'arrêté du 27 avril 2022, qui retiré le permis tacitement accordé et refuse le permis de construire sollicité, est insuffisamment motivé, il ressort de ses propres termes qu'il indique que le permis de construire tacite méconnait les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, des articles 3 et 11 des dispositions communes du règlement du PLU de la commune et UB7 du même règlement, que le projet dispose d'un portail d'une largeur insuffisante pour le passage sécurisé des véhicules et des piétons et ne fait pas apparaître les stationnements visiteurs pour les logements créés et qu'en l'absence d'élément permettant de vérifier la hauteur de l'emplacement vélo couvert, son implantation méconnaît l'article UB7 de ce règlement. L'arrêté comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cet arrêté ne peut qu'être écarté.

Sur la légalité interne de l'arrêté du 27 avril 2022 :

6.En premier lieu, aux termes de l'article UB 7 du règlement du PLU de Pertuis : " 7-1 Règle générale / - Les constructions non accolées doivent être implantées les unes par rapport aux autres à une distance (D) au moins égale en tout point de la construction aux deux tiers de la hauteur (H) de la construction dont la hauteur au faîtage est la plus élevée, avec un minimum de 4 mètres (D=2/3 H = 4m). / 7-2 Règles particulières / - Des implantations en retrait inférieur à celui fixé au 7-1 ci-dessus pourront être autorisées dans les cas suivants : () / - pour les constructions annexes, sous réserve que leur hauteur n'excède pas 3,50 mètres par rapport au niveau naturel de la parcelle qui supporte la construction () ". Le lexique du règlement de ce PLU définit les constructions annexes comme étant des " constructions de faibles dimensions ayant un caractère accessoire au regard de la destination de la construction principale et lui étant obligatoirement accolée, tels que les garages, les celliers, ou non accolée comme les abris de jardins, les piscines, les pool-house ".

7.L'arrêté contesté est notamment fondé sur la méconnaissance de l'article UB7 du règlement du PLU en ce qu'aucune pièce du dossier ne permet d'établir la hauteur de la construction permettant un stationnement couvert de vélos dont il n'est pas contesté qu'elle n'est pas accolée à la construction principale ni qu'elle est implantée à moins de 3 mètres de cette construction. Ce faisant et contrairement à ce que soutiennent les sociétés requérantes, le maire de Pertuis a bien fait application à la construction en cause des règles applicables aux annexes. En se bornant à indiquer qu'il est manifeste que le local sera d'une hauteur inférieure à 3,50 mètres et qu'un local à vélos présente généralement une hauteur classique de 2,20 mètres, les sociétés ne justifient pas que la construction érigée à 1,80 de la construction principale respecte les dispositions précitées du 7-2 de l'article UB7 du règlement du PLU. Le moyen ne peut qu'être écarté.

8. En second lieu, d'une part, selon le lexique du règlement du PLU de Pertuis, " la notion d'opération d'aménagement d'ensemble recouvre, pour l'application du présent règlement, les opérations de constructions et les opérations d'aménagement de terrains destinés à être bâtis, publiques ou privées, prévoyant la création ou l'aménagement de voies propres à la desserte des constructions, d'espaces ou d'équipements communs à plusieurs constructions, indépendamment des procédures opérationnelles et des dispositifs de financement mis en œuvre. / Peuvent ainsi notamment constituer des opérations d'aménagement d'ensemble, les zones d'aménagement concerté, les lotissements, les permis valant division, lorsqu'ils répondent aux conditions prévues ci-dessus ".

9.D'autre part, aux termes de l'article UB11 du règlement du PLU de Pertuis : " En complément des dispositions communes à tout ou partie des zones définies au Titre II du présent règlement, les dispositions suivantes sont applicables. Habitations : deux places par logement / commerces : une place par tranche de 25 m² de surface de vente () ". Aux termes de l'article 11 de la section II du règlement du PLU : " () 1-4 Dispositions particulières aux opérations d'aménagement d'ensemble : Les opérations d'aménagement d'ensemble devront prévoir des aires de stationnement destinées à l'usage des visiteurs à raison d'une place pour 3 logements ".

10. Il ressort des pièces produites et notamment de la demande de permis de construire que le projet consiste en la modification d'un bâtiment existant de bureaux et en la construction par changement de destination de huit logements ainsi que de trois commerces. Si le projet ne prévoit pas la création de voies propres à la desserte des constructions déjà existantes, il ressort de la notice descriptive et du plan de masse du projet que les accès sont aménagés pour le passage des piétons et des places de stationnement sont créées ainsi que des équipements communs tels que le local à poubelles et un stationnement couvert pour vélos. Dans ces conditions, l'opération ainsi réalisée constitue une opération d'aménagement d'ensemble pour l'application du règlement du PLU de Pertuis. Ainsi, la construction de huit logements nécessite la création de trois places de stationnement réservées aux visiteurs. Il ressort du plan de masse produit que seules les seize places de stationnement exigées par les dispositions de l'article UB11 du règlement du PLU sont prévues. Par suite, le projet ne prévoyant pas la création de trois places de stationnement réservées aux visiteurs, c'est à bon droit que le maire de Pertuis a retenu la méconnaissance de l'article 11 de la section II du règlement du PLU. Le moyen doit être écarté.

11. Il résulte de l'instruction que le maire de Pertuis aurait pris les mêmes décisions de retrait et de refus s'il ne s'était fondé que sur les motifs mentionnés ci-dessus. Par suite, et contrairement à ce que soutiennent les sociétés requérantes, le maire de Pertuis a pu légalement, après avoir retiré le permis tacite dont elles étaient titulaires, refuser de leur délivrer le permis sollicité. .

12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SARL Imm'Extenso et de la SARL Somatimmo doit être rejetée, y compris leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Imm'Extenso et de la SARL Somatimmo est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié aux sociétés à responsabilité limitée Imm'Extenso et Somatimmo et à la commune de Pertuis.

Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Boyer, présidente,

M. Mouret, premier conseiller,

Mme Lahmar, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.

La présidente-rapporteure,

C. BOYER L'assesseur le plus ancien,

R. MOURET

La greffière,

N. LASNIER

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions