mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201719 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 mai 2022 et 27 mars 2023, M. A C, représenté par la SELARL Blanc, Tardivel, Bocognano, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2021 par lequel le maire de Nîmes s'est opposé à sa déclaration préalable de division parcellaire, ensemble la décision du 12 avril 2022 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Nîmes de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- le motif d'opposition est étranger aux buts poursuivis par l'article L. 115-3 du code de l'urbanisme ;
- le projet n'est pas de nature à compromettre gravement le caractère naturel des espaces, la qualité des paysages ou le maintien des équilibres biologiques.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juillet 2022, la commune de Nîmes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés ;
- le projet est de nature à compromettre gravement le caractère naturel des espaces, la qualité des paysages ou le maintien des équilibres biologiques.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Rouault pour M. C, et celles de M. B pour la commune de Nîmes.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 novembre 2021, M. C a déposé auprès des services de la commune de Nîmes une déclaration préalable en vue de la division en deux lots d'un terrain composé des parcelles cadastrées section BT nos 149, 152 et 350. Il demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 27 décembre 2021 par lequel le maire de Nîmes s'y est opposé, ensemble la décision du 12 avril 2022 par laquelle il a rejeté le recours gracieux qu'il avait formé le 14 février précédent.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. "
3. D'autre part, l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. "
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de la décision du 12 avril 2022 portant rejet du recours gracieux formé par M. C, que celui-ci a été reçu par les services de la commune de Nîmes le 15 février 2022, soit nécessairement dans le délai de recours contentieux ouvert contre l'arrêté du 27 décembre 2021, dont la date de notification n'est au demeurant pas établie. La commune de Nîmes n'est, dès lors, pas fondée à soutenir qu'il n'est pas démontré que le recours gracieux a été formé dans le délai de recours contentieux et qu'il n'a pas eu pour effet de le proroger. Il s'ensuit que la requête, enregistrée dans le délai de deux mois suivant l'adoption de la décision du 12 avril 2022, n'est pas tardive et que la fin de non-recevoir opposée sur ce point doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, d'une part, l'article L. 115-3 du code de l'urbanisme dispose que : " Dans les parties de commune nécessitant une protection particulière en raison de la qualité des sites, des milieux naturels et des paysages, le conseil municipal peut décider, par délibération motivée, de soumettre, à l'intérieur de zones qu'il délimite, à la déclaration préalable prévue par l'article L. 421-4, les divisions volontaires, en propriété ou en jouissance, d'une propriété foncière, par ventes ou locations simultanées ou successives qui ne sont pas soumises à un permis d'aménager. L'autorité compétente peut s'opposer à la division si celle-ci, par son importance, le nombre de lots ou les travaux qu'elle implique, est de nature à compromettre gravement le caractère naturel des espaces, la qualité des paysages ou le maintien des équilibres biologiques. " Par une délibération du 7 juillet 2018, le conseil municipal de Nîmes a soumis à déclaration préalable les divisions visées à l'article L. 115-3 du code de l'urbanisme, notamment en zone Nh du plan local d'urbanisme communal où figure le terrain d'assiette du projet.
6. D'autre part, lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment. De même, lorsqu'une construction a été édifiée sans respecter la déclaration préalable déposée ou le permis de construire obtenu ou a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation. Dans l'hypothèse où l'autorité administrative est saisie d'une demande qui ne satisfait pas à cette exigence, elle doit inviter son auteur à présenter une demande portant sur l'ensemble des éléments devant être soumis à son autorisation. Cette invitation, qui a pour seul objet d'informer le pétitionnaire de la procédure à suivre s'il entend poursuivre son projet, n'a pas à précéder le refus que l'administration doit opposer à une demande portant sur les seuls nouveaux travaux envisagés.
7. Il ressort des pièces du dossier que pour s'opposer à la déclaration préalable en litige, le maire de Nîmes a relevé que la construction édifiée sur l'un des lots à créer n'avait pas été régulièrement autorisée. Toutefois, l'opération de division en cause n'implique pas la réalisation de travaux portant ou non sur ce bâtiment. Le principe rappelé au point précédent est, par suite, sans application en l'espèce. Par ailleurs, la déclaration préalable de division parcellaire en cause ne saurait, au regard de ce qui vient d'être dit, être regardée comme autorisant l'édification de la construction irrégulièrement réalisée, contrairement à ce que soutient la commune en défense. Dès lors, l'irrégularité de cette construction ne fait pas obstacle à ce que le projet, qui n'implique donc pas que l'un ou l'autre des lots soit bâti, entre dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 115-3 du code de l'urbanisme. Il s'ensuit que M. C est fondé à soutenir qu'en s'opposant à sa déclaration préalable pour le motif rappelé, le maire de Nîmes a méconnu les dispositions susvisées.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen de la requête n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision attaquée.
9. Enfin, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué
10. Il ressort des pièces du dossier que le projet porte sur le détachement, à partir du terrain composé des parcelles cadastrées section BT nos 149, 152 et 350, de deux lots d'une superficie respective de 2 580 et 3 144 mètres-carrés, chacun grevé d'une construction. Compte tenu de leur densité, les lots projetés demeurent conformes à la vocation de la zone Nh, caractérisée par une urbanisation diffuse se décomposant en garrigues habitées. Le projet n'implique, en outre, pas par lui-même la réalisation de clôtures. Il n'entraîne, par suite, et contrairement à ce que soutient la commune en défense, pas un morcellement du terrain tel qu'il aurait pour effet de compromettre gravement le caractère naturel des espaces, la qualité des paysages ou le maintien des équilibres biologiques au sens de l'article L. 115-3 du code de l'urbanisme susvisé. La décision litigieuse n'aurait donc pas pu être légalement fondée sur un tel motif et la substitution sollicitée sur ce point doit être écartée.
11. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Nîmes du 27 décembre 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique que le maire de Nîmes délivre une décision de non-opposition à déclaration préalable à M. C. Il y a donc lieu d'enjoindre à cette autorité d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Nîmes la somme de 1 200 euros à verser à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Nîmes du 27 décembre 2021 et la décision du 12 avril 2022 portant rejet du recours gracieux formé par M. C sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Nîmes de délivrer à M. C une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Nîmes versera à M. C une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Nîmes.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024 où siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 juillet 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026