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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2201754

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2201754

lundi 23 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2201754
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre magistrat statuant seul

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juin 2022, M. E A demande au tribunal d'annuler la décision référencée " 48 " du ministre de l'intérieur en date du 13 mai 2022 portant notification d'un retrait de trois points sur son titre de conduite en raison d'une infraction commise le 6 septembre 2021.

Il soutient qu'il n'est pas l'auteur de l'infraction dès lors qu'il a vendu son véhicule le 4 septembre 2021 à M. C D et que c'est ce dernier qui est l'auteur de l'infraction.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête en toutes ses conclusions.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Le permis de conduire de M. A a été réduit de trois points à la suite d'une infraction au code de la route, commise le 6 septembre 2021. M. A sollicite l'annulation de la décision référencée " 48 " portant notification de ce retrait de points.

2. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route, " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

3. Si le requérant expose de façon circonstanciée et étayée qu'au moment de l'infraction il avait déjà vendu son véhicule à M. C D et produit, pour en attester, l'ancien certificat d'immatriculation de son véhicule portant la mention " vendu le 4 septembre 2021 à 9h30 " ainsi que le certificat de cession du véhicule du même jour, il résulte du relevé intégral d'information que l'amende afférente à cette infraction a été payée. Si M. A soutient ne pas être l'auteur de ce paiement, il n'apporte aucun élément permettant d'en attester, et ne permet donc pas au juge administratif de constater que la décision contestée serait entachée d'une erreur de fait. En outre, et dès lors qu'il indique ne pas avoir formulé de requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la réception de l'avis de contravention, la réalité de l'infraction doit être regardée comme établie. Par suite, le moyen tiré de ce que la réalité de l'infraction n'est pas établie dès lors que M. A n'en est pas l'auteur, ne peut qu'être rejeté.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision référencée " 48 " du ministre de l'intérieur en date du 13 mai 2022 portant notification d'un retrait de trois points sur le titre de conduite de M. A, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

P. BLe greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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