mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201934 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 juin 2022, le 21 août 2023 et le 30 janvier 2024, M. E A et Mme C D, représentés par Me Pouget, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2022 par lequel le maire de la commune de Florac-Trois-Rivières a délivré à M. H un permis de construire ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Florac-Trois-Rivières et de M. et Mme H la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- leur recours gracieux a valablement été notifié au pétitionnaire ;
- aucun permis tacite n'a pu naître au regard de la demande de pièces complémentaires adressée au pétitionnaire dans le délai d'instruction ; en tout état de cause, un tel permis tacite n'a fait l'objet d'aucun affichage ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation au regard des exigences de l'article R.111-19 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté a été pris au regard de l'avis du maire prévu à l'article R.111-19 précité qui n'était pas requis ; en l'absence de justification de la compétence du signataire de cet avis, la procédure suivie est irrégulière ;
- le projet méconnait les dispositions de l'article R. 111-19 du code de l'urbanisme en ce que la dérogation accordée repose sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est pas justifiée par l'intérêt général et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du risque inondation identifié par le plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) applicable ;
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 août 2022 et 2 octobre 2023, la commune de Florac-Trois-Rivières conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir dès lors que la construction est préexistante et que le projet n'aggrave pas son impact visuel sur la propriété des requérants ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 3 février 2023 et 7 décembre 2023, M. et Mme H, représentés par Me Doux, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la requête est mal dirigée, l'arrêté contesté constituant une décision confirmative de l'arrêté de permis de construire intervenu tacitement le 22 décembre 2021 et devenu définitif ;
- les formalités de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'ont pas été effectuées en ce qui concerne le recours gracieux ;
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boyer, présidente rapporteure,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pouget, représentant M. A et Mme D, et celles de Me Doux, représentant de M. et Mme H.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 février 2022, le maire de la commune de Florac-Trois-Rivières a délivré à M. H un permis de construire pour la rénovation, l'extension, la surélévation et la création d'ouvertures d'une maison ancienne sur un terrain situé 17 rue de la Passerelle, sur le territoire de la commune. M. A et Mme D ont exercé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été rejeté par le maire de la commune le 2 mai 2022. M. A et Mme D demandent au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
ur les conclusions à fin d'annulation :
2.Aux termes de l'article R. 111-19 du code de l'urbanisme : " Des dérogations aux règles édictées aux articles R. 111-15 à R. 111-18 peuvent être accordées par décision motivée de l'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3, après avis du maire de la commune lorsque celui-ci n'est pas l'autorité compétente ".
3. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que le maire de la commune de Florac-Trois-Rivières, après avoir constaté que le projet ne respectait pas les dispositions de l'article R.111-16 du code de l'urbanisme relatives aux règles d'implantation des bâtiments au droit des voies publiques, a décidé de lui accorder une dérogation sur le fondement des dispositions de l'article R.111-19 du même code. Cette dérogation est justifiée par l'objectif de respecter les hauteurs des constructions constatées sur le village et par la nécessité de procéder à la restauration qualitative d'un bâtiment ancien permettant de le rendre habitable. Par suite, la dérogation ainsi accordée est suffisamment motivée au regard des exigences posées à l'article R.111-19 précité. Le moyen doit être écarté.
4.En deuxième lieu, l'arrêté contesté vise l'avis du maire de la commune en date du 27 janvier 2022, autorité compétente en l'espèce pour prendre la décision relative à la dérogation susvisée, la commune étant couverte par une carte communale et le projet se situant au sein des parties urbanisées de la commune. S'il ressort des pièces produites que par un message électronique du même jour, M. B F, 1er adjoint en charge des travaux et de l'urbanisme a informé ses services qu'il donnait un avis favorable à la dérogation demandée, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que la maire a lui-même accordé la dérogation dont il a parfaitement exposé les motifs, ainsi qu'exposé précédemment, de sorte que le courriel en cause constitue seulement un acte préparatoire à l'accord adopté par le maire. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure tiré de ce que la décision aurait été prise sur le fondement d'un avis émanant d'une autorité incompétente doit être écarté.
5. En troisième lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article R. 111-19 du code de l'urbanisme qu'une dérogation ne peut être légalement autorisée sur leur fondement que si les atteintes qu'elle porte à l'intérêt général que les prescriptions d'urbanisme ont pour objet de protéger ne sont pas excessives eu égard à l'intérêt général que présente la dérogation.
6. Il ressort des pièces du dossier que le maire de la commune de Florac-Trois-Rivière a accordé au projet en cause une dérogation aux règles d'implantation des constructions par rapport aux voies publiques prévues à l'article R.111-16 du code de l'urbanisme, au motif que la surélévation du bâtiment, si elle impacte l'implantation de la construction au regard de la voie publique, est justifiée par le caractère des bâtiments et des lieux et répond à l'objectif d'intérêt général de restauration d'un vieux village et de maintien en bon état d'un bâtiment dans une zone peu peuplée. En outre, l'attestation de l'architecte et les clichés photographiques produits à l'instance démontrent que la réhabilitation du bâtiment objet du permis de construire litigieux, qui se trouve dans un " état proche de l'insalubrité ", rend nécessaire une telle surélévation afin de " répondre aux besoins essentiels d'habitabilité " et " d'abriter les usages essentiels de la vie ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que la surélévation projetée, qui conserve un caractère modeste, occasionnerait des nuisances significatives, notamment pour les riverains. Ainsi, la dérogation accordée visait à assurer une meilleure habitabilité de la maison en cause et une meilleure harmonie des volumes dans cette partie du village, et répondait ainsi à des motifs d'intérêt général justifiant l'atteinte portée par le rehaussement du bâtiment, au demeurant limité, aux règles de prospect résultant de l'article R.111-16 susvisé. En outre, la rénovation d'un bâtiment existant, qui n'a pas pour effet en l'espèce d'en modifier la capacité de logement, est insusceptible d'aggraver le risque d'inondation identifié par le plan de prévention des risques d'inondation applicable sur le territoire de la commune. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur d'appréciation ou d'une erreur de fait au regard des dispositions de l'article R. 111-19 du code de l'urbanisme.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, M. A et Mme D ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 16 février 202Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Florac-Trois-Rivières et de M. et Mme H la somme demandée par les requérants. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A et Mme D le versement de la somme de 600 euros à la commune de Florac-Trois-Rivières et de 600 euros à M. et Mme H sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. A et Mme D verseront une somme de 600 euros à la commune de Florac -Trois-Rivières et de 600 euros à M. et Mme H au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et Mme C D, à la Commune de Florac-Trois-Rivières et à M. G H.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
Mme Lahmar, conseillère,
Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
C. BOYER
L'assesseure la plus ancienne,
L. LAHMARLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Lozère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026