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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2202061

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2202061

mardi 26 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2202061
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantADDEN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 juillet 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) JAK, représentée par Me Albert-Salmeron, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du 25 octobre 2021 par laquelle le directeur de la formation professionnelle et des compétences de la Caisse des dépôts et consignations a suspendu les règlements auprès de la SARL JAK pour les formations dispensées au titre du compte personnel de formation et aurait déréférencé la société de la plateforme " Mon Compte Formation " ;

2°) de suspendre la décision du 11 avril 2022 par laquelle le directeur de la formation professionnelle et des compétences de la Caisse des dépôts et consignations a prononcé à l'encontre de la société les sanctions de déréférencement de la plateforme " Mon Compte Formation " pour une durée de dix mois, de non-paiement des formations et de recouvrement des sommes déjà versées.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est établie dès lors que les décisions attaquées lui portent des préjudices moraux et financiers ;

- un doute sérieux existe quant à la légalité des décisions contestées dès lors qu'elles sont insuffisamment motivées en droit et en fait, qu'elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'elles méconnaissent les dispositions des articles L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et R. 421-5 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 5 juillet 2022 sous le numéro 2202029 par laquelle la SARL JAK demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL JAK est un organisme de formation professionnelle en esthétique et en coiffure. Par un courriel du 25 octobre 2021, le directeur de la formation professionnelle et des compétences de la Caisse des dépôts et consignations a informé la société que certaines de ses formations n'étaient pas conformes aux conditions d'éligibilité prévues aux termes de l'article L. 6323-6 du code du travail et qu'elles ne pouvaient dès lors pas faire l'objet d'un règlement dans le cadre du compte formation. Par un courrier du 11 avril 2022, suivant une lettre du 7 janvier 2022 ouvrant une procédure contradictoire, le directeur de la formation professionnelle et des compétences de la Caisse des dépôts et consignations, constatant les manquements réitérés de la société JAK, a prononcé plusieurs sanctions à son égard. La requérante demande, en application de l'article L.521-1 du code de justice administrative, la suspension immédiate de l'exécution de ces décisions.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. En l'espèce, pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution des décisions contestées, la SARL JAK soutient d'une part, que la sanction de non-paiement des formations effectuées entraîne un préjudice économique à court terme et que, d'autre part, la sanction de déréférencement de l'organisme pour une durée de 10 mois de la plateforme " Mon Compte Formation " lui cause un préjudice de notoriété dès lors que ses clients sont dirigés vers d'autres organismes de formation.

5. Toutefois, la société ne fournit aucun élément permettant de regarder sa situation financière comme gravement menacée à brève échéance. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la société JAK a fait l'objet de plusieurs rappels à l'ordre et mise en demeure pour avoir réitéré la vente de modules non certifiants aux titulaires de compte personnel de formation. Dans un courrier du 26 janvier 2022, la société a reconnu ses manquements et les a qualifiés d'erreurs involontaires. Par suite, alors que la sanction de déréférencement est limitée dans le temps, que les manquements de la SARL JAK ne sont pas contestés et que celle-ci n'a saisi le juge des référés que le 5 juillet 2022, la gravité de l'atteinte alléguée à la situation commerciale et financière n'est pas telle qu'elle imposerait l'intervention d'une mesure en référé.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par la SARL JAK.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SARL JAK est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL JAK et au directeur général de la caisse des dépôts et consignations.

Fait à Nîmes, le 26 juillet 2022.

Le juge des référés,

P. A

La République mande et ordonne au ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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