mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202250 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juillet 2022, M. A B, représenté par la SELARL Maillot Avocats et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2022 par lequel le maire de Mazan a refusé de lui délivrer un permis de construire modificatif, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Mazan de lui délivrer le permis de construire demandé dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, ou à titre subsidiaire de réexaminer sa demande dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mazan la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le motif tiré de l'incohérence des pièces du dossier de demande de permis de construire est infondé ;
- le projet relevait du champ du permis de construire modificatif ;
- le motif tiré de la violation de l'article AUsh2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) est illégal.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 octobre 2022, la commune de Mazan conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bard pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 26 novembre 2019, M. B s'est vu transférer le bénéfice du permis de construire délivré par le maire de Mazan le 15 mars 2017 en vue de l'édification d'une maison individuelle sur un terrain situé 187, avenue des Amandiers, désormais classé en zone AUSh du plan local d'urbanisme de la commune. Le 17 décembre 2021, il a déposé auprès des services de la commune une demande de permis de construire modificatif en vue de la régularisation d'une extension et de la modification des façades de la maison édifiée sur le terrain. M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 25 janvier 2022 par lequel le maire de Mazan a refusé de faire droit à cette demande, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'il a formé le 22 mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci.
3. Il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que, pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité par M. B, le maire de Mazan a d'abord relevé qu'il existait des incohérences entre les pièces composant le dossier de demande de permis de construire, faisant ainsi obstacle à son instruction complète, concernant en particulier le garage édifié en façade sud-est de la construction. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que M. B a joint au dossier de demande de permis de construire modificatif un procès-verbal de constat d'huissier en vue de faire apparaître l'état réel de la construction à la date à laquelle la demande a été déposée, dont les photographies font apparaître que le garage prévu par le permis de construire initial en façade sud-est est clos par une porte-fenêtre ne permettant pas le passage de véhicules. Cependant, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif que le requérant a clairement distingué l'état de la construction tel qu'autorisé par le permis de construire initial, l'état réel de la construction à la date du dépôt de la demande de permis de construire modificatif, et enfin l'état projeté de la construction suite à la réalisation des modifications envisagées. Or, les plans représentant le bâtiment dans sa version finale révèlent que la surface dont le permis de construire initial prévoyait qu'elle constitue un garage sera, au terme du permis de construire modificatif, effectivement dédiée à un tel usage. La circonstance que tel n'était pas le cas à la date à laquelle la demande de permis de construire modificatif a été déposée, ne permettait pas, au regard de ce qui a été dit au point précédent, de considérer qu'il existait des incohérences dans les plans du dossier de demande. Par ailleurs, et en tout état de cause, à supposer même que les incohérences alléguées auraient fait obstacle à l'instruction de la demande de permis de construire modificatif, il incombait au service instructeur d'adresser une demande de pièces complémentaires au requérant sur ce point. Il s'ensuit que ce premier motif ne pouvait légalement fonder le refus de permis de construire attaqué.
4. En deuxième lieu, l'autorité compétente, saisie d'une demande en ce sens, peut délivrer au titulaire d'un permis de construire en cours de validité un permis modificatif tant que la construction que ce permis autorise n'est pas achevée et dès lors que les modifications envisagées n'apportent pas à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet porte sur la régularisation de l'extension réalisée en façade sud de la maison, la création de terrasses au niveau de cette façade ainsi que sur la modification des ouvertures du bâtiment. Il implique une augmentation respective de 46 mètres-carrés et de 38,70 mètres-carrés de l'emprise au sol et de la surface de plancher de la construction telles qu'autorisées par le permis de construire initial, s'élevant à 168,30 et 131 mètres-carrés. Le projet litigieux n'implique donc pas un bouleversement du projet initial tel qu'il en changerait la nature même et le requérant est fondé à soutenir que le motif de refus tiré de ce qu'il ne pouvait faire l'objet d'un permis de construire modificatif est illégal.
6. En dernier lieu, d'une part, l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme dispose que : " La surface de plancher de la construction est égale à la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert, calculée à partir du nu intérieur des façades après déduction : () 4° Des surfaces de plancher aménagées en vue du stationnement des véhicules motorisés ou non, y compris les rampes d'accès et les aires de manœuvres () ". Selon l'article R. 420-1 du même code : " L'emprise au sol au sens du présent livre est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. " En l'absence de prescriptions particulières dans le document d'urbanisme applicable, sont exclues du calcul de l'emprise au sol les terrasses ne présentant aucune élévation significative par rapport au niveau du sol naturel.
7. D'autre part, l'article AUsh1 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit que sont interdits dans la zone toutes les occupations et utilisations du sol non autorisées à l'article AUsh2. Selon l'article AUsh2, est notamment autorisée : " L'extension limitée des constructions à usage d'habitation existantes, dans la limite de 30% de la surface de plancher de la construction existante, sans que cette extension n'excède 50 m² de surface de plancher (et/ou d'emprise au sol) et sous réserves que le tènement foncier bénéficie d'une desserte suffisante par les réseaux et la voirie () ".
8. D'une part, ainsi qu'exposé précédemment, le projet implique une augmentation de 38,70 mètres-carrés de la surface de plancher de la construction, soit environ 29,5% d'augmentation de la surface de plancher initialement autorisée, conformément à ce qu'impose l'article AUsh2 précité. Dès lors que le projet litigieux prévoit que la surface initialement dédiée au garage sera effectivement affectée à un tel usage au terme des modifications projetées, celle-ci ne pouvait, contrairement à ce qu'a estimé le maire, être prise en compte dans le calcul de la surface de plancher créée. D'autre part, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif que les terrasses prévues par le projet présenteront une cote de +0,15 mètres par rapport au niveau du sol naturel, qui ne peut être regardée comme étant significative pour la détermination de l'emprise au sol définie à l'article R. 420-1 précité du code de l'urbanisme et ne pouvait donc être prise en compte à ce titre. Il s'ensuit que le projet implique une augmentation de 46 mètres-carrés de l'emprise au sol initiale, soit environ 27% de cette emprise. Il en résulte que le motif tiré de la violation des dispositions de l'article AUsh2 du PLU est infondé.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Mazan du 25 janvier 2022, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Eu égard à ses motifs, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le maire de Mazan délivre à M. B le permis de construire modificatif sollicité. Il y a lieu d'accorder à cette autorité un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement pour y procéder.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Mazan la somme de 1 200 euros à verser à M. B sur ce fondement.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Mazan du 25 janvier 2022 et la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par M. B sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Mazan de délivrer à M. B le permis de construire modificatif sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Mazan versera à M. B une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Mazan sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Mazan.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024 où siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026