jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202267 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 juillet et 22 août 2022, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 29 juin 2022 par laquelle le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a rejeté sa demande d'habilitation en qualité de membre du jury de l'examen pour l'obtention du titre professionnel de conducteur de transport en commun sur route.
Il soutient qu'il est éligible à l'habilitation sollicitée, au regard de l'article 6 de l'arrêté du 22 décembre 2015, et qu'il n'a pas quitté le métier de chauffeur d'autocar plus de cinq ans avant sa demande d'habilitation.
Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a produit un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2024, soit postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience, et non communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- l'arrêté du 22 décembre 2015 relatif aux conditions de délivrance du titre professionnel du ministère chargé de l'emploi ;
- l'arrêté du 9 avril 2018 relatif au titre professionnel de conducteur de transport en commun sur route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 29 juin 2022, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a rejeté la demande tendant à l'habilitation de M. A en qualité de membre du jury de l'examen pour l'obtention du titre professionnel de conducteur de transport en commun sur route. M. A doit être regardé comme demandant l'annulation pour excès de pouvoir de cette décision.
2. Aux termes de l'article R. 338-1 du code de l'éducation : " La certification professionnelle délivrée, au nom de l'Etat, par le ministre chargé de l'emploi est appelée " titre professionnel ". Ce titre atteste que son titulaire maîtrise les compétences et les aptitudes et connaissances associées permettant l'exercice d'activités professionnelles qualifiées () ". L'article R. 338-6 du même code dispose que : " Le jury du titre professionnel est composé de membres habilités par le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi dans les conditions définies par un arrêté du ministre chargé de l'emploi relatif aux modalités de délivrance du titre ".
3. Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 22 décembre 2015 : " En application de l'article R. 338-6 du code de l'éducation, le représentant territorial compétent du ministère chargé de l'emploi habilite les membres du jury par spécialité () ". L'article 6 du même arrêté dispose que : " Le jury est une entité collégiale compétente sur l'ensemble des activités évaluées au cours de la session de validation. / Au cours d'une session titre, (), le candidat sera évalué par un jury composé, a minima, de deux membres habilités. Pour ces sessions, les membres sont obligatoirement des professionnels justifiant d'au moins trois ans d'expérience dans le métier visé par le titre et n'ayant pas quitté le métier depuis plus de 5 années précédant leur habilitation () ".
4. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 9 avril 2018 : " Le titre professionnel de conducteur de transport en commun sur route est créé pour 5 ans à compter du 7 août 2018 () ". L'article 8 du même arrêté dispose que : " Les membres du jury professionnel justifient de la détention de la catégorie D du permis de conduire et de la carte de qualification de conducteur en cours de validité pour obtenir l'habilitation prévue à l'article 5 de l'arrêté du 22 décembre 2015 susvisé () ".
5. Pour rejeter la demande d'habilitation présentée par M. A, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a estimé, en substance, que l'exercice, par l'intéressé, des fonctions d'inspecteur du permis de conduire et de la sécurité routière au cours des mois de mai 2011 à février 2022 n'était pas assimilable à l'exercice du métier de conducteur de transport en commun. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A, qui a exercé le métier de conducteur receveur au cours de la période du 12 avril 2000 au 30 avril 2006, a exercé le métier de chauffeur de car au cours de la période du 11 avril au 12 mai 2022. Dans ces conditions, et alors qu'il n'est pas contesté que l'intéressé est titulaire de la catégorie D du permis de conduire, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur n'a pu légalement rejeter la demande de M. A pour le seul motif énoncé dans la décision litigieuse, laquelle a au demeurant été prise avant l'édiction de l'arrêté du 7 juin 2023 relatif au titre professionnel de conducteur de transport en commun sur route.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision litigieuse.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur du 29 juin 2022 est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre du travail et de l'emploi.
Copie en sera adressée au préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et au préfet de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le rapporteur,
R. MOURETLe président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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