jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202318 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ROSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2022, Mme A F, représentée par Me Rosé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 mai 2022 par laquelle le préfet du Gard lui a refusé la délivrance d'une attestation sur le fondement du 5°) de l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer cette attestation en la communiquant directement aux services de la CAF ou à elle-même dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, Me Rosé, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît l'article L. 512-2 et le 5° de l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale dans la mesure où le législateur, en prévoyant l'accès aux prestations familiales pour les étrangers admis au séjour au titre de la vie privée et familiale sur le fondement des dispositions de l'article L 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), a nécessairement entendu ne pas priver les parents admis au séjour au même titre sur le fondement de l'article L 435-1 du même code ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle démontre être entrée en France en même temps que sa fille mineure, B C le 18 février 2013 ;
- elle constitue une mesure discriminatoire et porte une atteinte disproportionnée aux principes garantis par les stipulations des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle emporte des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2023, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vosgien, conseillère,
- les conclusions de M. Chaussard, rapporteur public,
- et les observations de Me Rosé, représentant Mme F.
Le préfet du Gard n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, ressortissante géorgienne née le 1er janvier 1972, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " et valable pour la période du 18 novembre 2020 au 17 novembre 2022, a sollicité le 5 mars 2022 la délivrance d'une attestation sur le fondement du 5° de l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale, précisant la date d'entrée en France de sa fille, B C pour pouvoir bénéficier des prestations familiales versées par la caisse d'allocations familiales du Gard. L'intéressée demande l'annulation de la décision du 3 mai 2022 par laquelle le préfet du Gard a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Par arrêté n°2022-01-03-00002 du 3 janvier 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Gard le même jour, M. E D, en sa qualité de secrétaire de la préfecture du Gard, a reçu délégation du préfet de ce département à l'effet notamment de signer toute décision relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception de certaines mesures restrictivement énumérées, dont ne fait pas partie la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale, dans sa version alors en vigueur : " () Bénéficient également de plein droit des prestations familiales dans les conditions fixées par le présent livre les étrangers non ressortissants d'un Etat membre de la Communauté européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, titulaires d'un titre exigé d'eux en vertu soit de dispositions législatives ou réglementaires, soit de traités ou accords internationaux pour résider régulièrement en France. / Ces étrangers bénéficient des prestations familiales sous réserve qu'il soit justifié, pour les enfants qui sont à leur charge et au titre desquels les prestations familiales sont demandées, de l'une des situations suivantes : / () / -leur qualité d'enfant d'étranger titulaire de la carte de séjour mentionnée à l'article L. 423-23 du même code à la condition que le ou les enfants en cause soient entrés en France au plus tard en même temps que l'un de leurs parents titulaires de la carte susmentionnée. ". Aux termes de l'article D. 512-2 de ce code : " La régularité de l'entrée et du séjour des enfants étrangers que le bénéficiaire a à charge et au titre desquels il demande des prestations familiales est justifiée par la production de l'un des documents suivants : / () / 5° Attestation délivrée par l'autorité préfectorale, précisant que l'enfant est entré en France au plus tard en même temps que l'un de ses parents admis au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ; () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au préfet lorsqu'il est saisi d'une demande d'attestation permettant d'ouvrir le droit aux prestations familiales d'un étranger parent d'enfants à charge, d'une part, de vérifier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que les enfants sont ceux de l'étranger dont il s'agit, que cet étranger est titulaire de la carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " prévue à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que les enfants sont entrés en France au plus tard en même temps que l'un ou l'autre de ses parents titulaire d'un tel titre de séjour et, lorsque ces conditions sont remplies, de délivrer l'attestation prévue au 5° de l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale.
5. Il ressort des termes de la décision attaquée que Mme F s'est vu délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non sur celui de l'article L. 423-23 du même code, ce que l'intéressée ne conteste pas. Par suite, le préfet du Gard était tenu, pour ce seul motif, de lui refuser la délivrance de l'attestation prévue au 5° de l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale et les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne pourront qu'être rejetés.
6. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le préfet s'est borné à constater que la requérante ne remplissait pas les conditions prévues au 5° de l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale sans avoir à porter une appréciation sur les faits de l'espèce. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée constituerait une mesure discriminatoire et portant une atteinte disproportionnée aux principes garantis par les stipulations des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que celui tiré de ce que cette décision emporterait des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle et familiale sont inopérants.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 3 mai 2022 par laquelle le préfet du Gard lui a refusé la délivrance d'une attestation sur le fondement du 5°) de l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale. Sa requête doit ainsi être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F, au préfet du Gard et à Me Rosé.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
Mme Vosgien, première conseillère,
Mme Béréhouc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
S. VOSGIEN
Le président,
G. ROUXLa greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026