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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2202397

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2202397

mardi 17 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2202397
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBADJIOUALI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 août 2022 et 5 mai 2023, M. A... B..., représenté par Me Badji Ouali, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler l’arrêté du 4 avril 2023 par lequel la préfète du Gard a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans, ainsi que l’arrêté du même jour par laquelle la même autorité l’a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Gard de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « salarié » à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation au regard des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient, outre que sa requête est recevable, que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d’un défaut de motivation ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen réel et sérieux ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :
- elle est entachée d’un défaut de motivation ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen réel et sérieux ;
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et est entachée d’erreur manifeste d’appréciation au regard de sa vie privée et familiale ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans :
- elle est entachée d’un défaut de motivation ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen réel et sérieux ;
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Sur la décision portant assignation à résidence pendant une durée de 45 jours ;
- elle est entachée d’un défaut de motivation ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen réel et sérieux ;
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 avril 2023 et 8 juin 2023, la préfète du Gard conclut, dans le dernier état des écritures, au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont inopérants ou infondés.

Par une décision du 14 juin 2022, la demande de M. B... tendant au bénéfice de l’aide juridictionnelle a été rejetée.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
l’accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code des relations entre le public et l’administration ;
le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de M. Aymard.



Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant marocain né le 1er janvier 1983, déclare être entré en France courant 2018 sous couvert d’un titre de séjour délivré par les autorités allemandes. Le 30 septembre 2021, l’intéressé a présenté une demande de titre de séjour « salarié » sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 4 avril 2023, la préfète du Gard a rejeté cette demande de titre de séjour, a obligé l’intéressé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, la même autorité a décidé d’assigner M. B... à résidence pendant 45 jours. L’intéressé demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d’annuler ces deux arrêtés en date du 4 avril 2023.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Gard s’est fondée pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. B.... Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.

En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que la préfète du Gard a procédé à l’examen particulier de la demande et de la situation de M. B.... Par suite, le moyen tiré du défaut d’examen doit être écarté.

En troisième lieu, aux termes de l’article 9 de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d’emploi du 9 octobre 1987 : « Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l’application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l’accord… ». Aux termes de l’article 3 du même accord : « Les ressortissants marocains désireux d’exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d’un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l’article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d’un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention ‘‘salarié’’… ». Aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (…). ».

Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l’article L. 435-1 de code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile n’institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d’une activité salariée. Il fixe ainsi, notamment, les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d’une activité salariée. Dès lors que l’article 3 de l’accord franco-marocain prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d’une activité salariée, ces stipulations font obstacle à l’application aux ressortissants marocains des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en tant qu’elles prévoient la délivrance d’un titre de séjour salarié. Toutefois, les stipulations de cet accord n’interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas l’ensemble des conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d’un titre de séjour en qualité de salarié. Il appartient au préfet, dans l’exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d’apprécier, en fonction de l’ensemble des éléments de la situation personnelle de l’intéressé, l’opportunité d’une mesure de régularisation.

Il résulte de ce qui précède que, si M. B... ne saurait utilement se prévaloir d’une méconnaissance des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile au soutien de ses conclusions dirigées contre le rejet de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour présentée au titre d’une activité salariée, il lui est en revanche loisible de faire valoir, à l’appui de ces mêmes conclusions, que la préfète aurait commis une erreur manifeste d’appréciation de sa situation dans l’usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.

En l’espèce, M. B..., qui n’a pas produit de contrat de travail visé par les autorités compétentes au sens des stipulations précitées de l’article 3 de l’accord franco-marocain, n’entrait pas dans les prévisions de ces stipulations. Pour justifier de son intégration professionnelle dans le domaine de la pâtisserie, le requérant fait seulement état de son expérience professionnelle du 5 février 2018 au 11 avril 2018 au sein du « café Lavinal », ainsi que du projet de contrat à durée indéterminée avec la société « La Nougaterie des Fumades » en date du 1er février 2021 et de la lettre de la gérante de cette société exposant les raisons pour lesquelles le recrutement de M. B... est souhaité. En outre, si le requérant se prévaut de sa résidence habituelle en France depuis 2018, les pièces produites à l’instance sont insuffisamment probantes pour établir la réalité d’une telle présence en France, étant précisé que l’intéressé ne conteste pas être célibataire et dépourvu de charges de famille. Eu égard ainsi à la situation professionnelle et personnelle de M. B..., la préfète du Gard n’a pas commis une erreur manifeste d’appréciation dans l’usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation en refusant de l’admettre au séjour.

En quatrième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ». Aux termes de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L 'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ».

Comme indiqué précédemment, les pièces produites à l’instance par le requérant sont insuffisamment probantes pour établir la réalité de ses allégations selon lesquelles il résiderait de manière habituelle sur le territoire français depuis 2018, étant précisé que son séjour habituel n’est justifié que pour la période du 5 février 2018 au 11 avril 2018 durant laquelle il a travaillé au sein du « café Lavinal ». En outre, l’intéressé ne conteste pas être célibataire et sans charges de famille et n’établit pas être dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine, étant observé que la réalité de ses liens avec sa sœur, titulaire d’une carte de résident valable jusqu’au 9 octobre 2025, n’est pas établie. Enfin, le requérant n’établit pas s’être inséré réellement au sein de la société française, alors que l’intéressé a fait l’objet d’une précédente mesure d’éloignement en date du 5 décembre 2018, qu’il ne justifie pas avoir exécutée. Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, la décision attaquée n’a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée aux buts d’intérêt public en vue desquels elle a été prise. Ainsi, les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de la violation des dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et de l’erreur manifeste d’appréciation, doivent être écartés.

Il résulte de ce qui précède que le requérant n’est pas fondé à contester la décision portant refus de titre de séjour dont il a fait l’objet le 4 avril 2023.

En ce qui concerne l’obligation de quitter le territoire français sans délai :

En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Gard s’est fondée pour prendre cette décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que la préfète du Gard a procédé à l’examen particulier de la situation de M. B.... Par suite, le moyen tiré du défaut d’examen doit être écarté.

En troisième lieu, les conclusions à fin d’annulation dirigées contre la décision portant refus de séjour étant rejetées, M. B... ne saurait utilement se prévaloir, par la voie de l’exception, de l’illégalité de cette décision pour soutenir que la décision attaquée serait privée de base légale.


En troisième lieu, pour les motifs retenus au point 9, les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l’erreur manifeste d’appréciation eu égard à sa situation privée et familiale doivent être écartés.

Il résulte de ce qui précède que le requérant n’est pas fondé à contester la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai dont il a fait l’objet le 4 avril 2023.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans :

En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Gard s’est fondée pour prendre cette décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que la préfète du Gard a procédé à l’examen particulier de la situation de M. B.... Par suite, le moyen tiré du défaut d’examen doit être écarté.

En troisième lieu, les conclusions à fin d’annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français étant rejetées, M. B... ne saurait utilement se prévaloir, par la voie de l’exception, de l’illégalité de cette décision pour soutenir que la décision attaquée serait privée de base légale.

En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 612-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français./ Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ». Aux termes de l’article L. 612-10 de ce code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ».

Eu égard à la situation de M. B... telle qu’examinée précédemment au point 9, et alors même que la présence de l’intéressé ne constitue pas une menace pour l’ordre public, la préfète du Gard n’a pas commis d’erreur d’appréciation en édictant à son encontre une mesure d’interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans. Ainsi, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de l’erreur d’appréciation au regard de ces dispositions doivent être écartés.

Il résulte de ce qui précède que le requérant n’est pas fondé à contester la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans dont il a fait l’objet le 4 avril 2023.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence pour une durée de 45 jours :

En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Gard s’est fondée pour prendre cette décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que la préfète du Gard a procédé à l’examen particulier de la situation de M. B.... Par suite, le moyen tiré du défaut d’examen doit être écarté.

En troisième lieu, les conclusions à fin d’annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français étant rejetées, M. B... ne saurait utilement se prévaloir, par la voie de l’exception, de l’illégalité de cette décision pour soutenir que la décision attaquée serait privée de base légale.

En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / (…) ».

Eu égard à la situation de M. B... telle qu’examinée précédemment au point 9, la préfète du Gard n’a pas commis d’erreur d’appréciation en édictant à son encontre une mesure d’assignation à résidence d’une durée de 45 jours. Ainsi, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de l’erreur d’appréciation au regard de ces dispositions doivent être écartés.

Il résulte de ce qui précède que le requérant n’est pas fondé à contester la décision portant assignation à résidence d’une durée de 45 jours dont il a fait l’objet le 4 avril 2023.

Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n’est pas fondé à demander l’annulation des arrêtés pris à son encontre le 4 avril 2023 par la préfète du Gard.

Sur le surplus des conclusions présentées par le requérant :

Dès lors que les conclusions à fin d’annulation du requérant sont rejetées, les conclusions de la requête à fin d’injonction sous astreinte doivent être rejetées par voie de conséquence. Doivent également être rejetées les conclusions formées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, l’Etat n’étant pas la partie perdante dans la présente instance.






D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet du Gard.




Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.


Le rapporteur,




F. AYMARD

La présidente,




C. CHAMOT

Le greffier,




B. GALLIOT


La République mande et ordonne au préfet du Gard, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.




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