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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2202483

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2202483

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2202483
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a examiné la requête de Mme A, contrôleuse des douanes, contestant son inaptitude au port d'arme et ses conséquences professionnelles. La requérante invoquait des vices de forme (absence de notification d'une décision antérieure, dossier incomplet) et une erreur d'appréciation (manque de séances de tir, disproportion de la mesure). Le tribunal a rejeté l'ensemble de ses demandes, jugeant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés au regard des textes applicables, notamment le code des douanes et le code des relations entre le public et l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 12 août 2022, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme A.

Par une requête enregistrée le 5 août 2022, Mme B A, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 juin 2022 par laquelle la directrice générale des douanes et droits indirects a refusé de retirer la décision du 8 février 2022 portant reconnaissance de son inaptitude au port d'arme ;

2°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2022 par lequel la directrice générale des douanes et droits indirects l'a reconnue inapte à l'exercice de ses fonctions de contrôleuse de 1ère classe des douanes et droits indirects dans la branche de la surveillance

3°) d'annuler la note du 22 octobre 2021 par laquelle l'administration des douanes l'a reconnue inapte à l'usage et au port d'arme ;

4°) d'enjoindre au directeur général des douanes et droits indirects de procéder au réexamen de sa candidature au tir en respectant la procédure et les textes en vigueur.

Elle soutient que :

- la décision du 9 juin 2022 est entachée de vices de forme en ce que :

- elle est fondée sur une décision de désarmement du 26 février 2020 qui, faute de notification, ne lui est pas opposable en application de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration ;

- son dossier individuel ne comportait pas le carnet de tir, ni le compte-rendu des moniteurs de tirs de la direction régionale de Paris-Ouest attestant de son inaptitude et la décision du 26 février 2020 ; l'absence du carnet de tir dans son dossier individuel et le refus de sa communication sont contraires au point 40 de l'instruction cadre B2 n° 92-S-061 sur la détention et l'usage des armes ; la décision de désarmement ne pouvait être prise en l'absence de ce carnet ;

- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que :

- elle n'a pas bénéficié de séances de tir de soutien, ni des 4 séances annuelles obligatoires prévues par le point 87 de l'instruction cadre B2 n° 95-S-061 ; elle a été exclue des séances de tir lors de son affectation à la cellule de renseignement et de pilotage des contrôles de Paris-Ouest ;

- ses lacunes ne lui ont jamais été notifiées en 2020 et il ne lui manquait que 2 points pour atteindre la moyenne ;

- cette décision est disproportionnée au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle compte tenu de la réduction de sa rémunération et sa mutation d'office dans une autre branche ;

- elle conserve son droit au port d'arme dans le cadre de ses fonctions de gendarme réserviste.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industriel et numérique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le courrier du 22 octobre 2021 notifié le 26 octobre suivant sont irrecevables dès lors qu'elles sont tardives et qu'en tout état de cause ce courrier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux ;

- les moyens invoqués dans la requête sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des douanes ;

- code des relations entre le public et l'administration

- le décret n° 95-380 du 10 avril 1995 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sarac-Deleigne,

- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,

Considérant ce qui suit :

1. Mme A qui a rejoint la direction générale des douanes et droits indirects au titre des emplois réservés aux anciens militaires, a été titularisée le 1er avril 2015 au grade d'agent de constatation des douanes (catégorie C) dans la branche surveillance et a été affectée du 21 juillet 2014 au 9 octobre 2016 à la brigade de surveillance intérieure (BSI) Paris-Transmanche. Promue au grade de contrôleuse des douanes en octobre 2017 (catégorie B), elle a été affectée du 27 février 2017 au 31 août 2019 à la BSI de Gennevilliers puis à compter du 1er septembre 2019 à la cellule de renseignement et d'orientation des contrôles de la direction régionale des douanes de Paris-Ouest, qui deviendra la cellule régionale de pilotage des contrôles, pour y exercer les fonctions d'agente CRPC surveillance jusqu'au 31 août 2021. Le 1er septembre 2021, elle a été mutée à sa demande à la BSI d'Avignon. Ayant fait l'objet lors de sa précédente affectation d'une mesure de désarmement temporaire par une décision du 26 février 2020, sa nouvelle hiérarchie a fait procéder à une nouvelle évaluation de son aptitude à l'usage et au port d'arme. Les résultats de Mme A à l'issue de ces évaluations ayant été jugés insuffisants par une note du 22 octobre 2021, notifiée le 26 octobre suivant, le directeur régional des douanes et droits indirects d'Aix-en-Provence a informé Mme A de ce que qu'il allait proposer à la directrice interrégionale à Marseille d'initier une procédure d'inaptitude. Par un arrêté du 8 février 2022 de la directrice générale des douanes et droits indirects, notifié le 14 février 2022, Mme A a été reconnue inapte à l'usage et au port d'arme puis par un arrêté du 1er mars 2022, elle a été reconnue par voie de conséquence inapte à l'exercice de fonctions dans la branche surveillance. Le 22 mars 2022, Mme A a formé un recours gracieux contre la décision du 8 février 2022 portant reconnaissance de son inaptitude au port d'arme, qui a été rejeté par une décision du 9 juin 2022, notifiée le 13 juin 2022. Mme A demande au tribunal d'annuler la note du 22 octobre 2021, l'arrêté du 1er mars 2022, ainsi que la décision du 9 juin 2022 portant rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la note du 22 octobre 2021 :

2. Il ressort des termes de ce courrier qui se borne à rappeler à Mme A conformément à l'entretien du 29 septembre 2021 qu'une procédure d'inaptitude au port d'arme allait être initiée, que celui-ci n'est qu'un simple courrier d'information insusceptible de faire grief à la requérante. Dès lors, le ministre est fondé à soutenir que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre ce courrier sont irrecevables.

En ce qui concerne la décision du 9 juin 2022 :

3. En premier lieu, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être regardées comme étant également dirigées contre la décision du 8 février 2022 par laquelle la directrice générale des douanes et droit indirects a reconnu son inaptitude à l'usage et au port d'arme.

5. En deuxième lieu, la requérante soutient que la décision portant rejet de son recours gracieux est entachée de vices de forme. Toutefois, dès lors qu'un tel moyen porte sur les vices propres à la décision portant rejet du recours gracieux, il est inopérant et ne peut, par suite, qu'être écarté.

6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment de la décision du 9 juin 2022 que l'arrêté du 8 février 2022 portant reconnaissance d'inaptitude au port d'arme de service de Mme A est fondé sur les résultats obtenus aux évaluations au tir réalisées au cours du mois de septembre et octobre 2021 à la suite sa mutation à la BSI d'Avignon et non sur la décision de désarmement temporaire du 26 février 2020 prononcée lors de son affectation précédente. Dès lors, l'intéressée ne saurait utilement soutenir que la décision du 8 février 2022 aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence de notification de la décision du 26 février 2020, alors au demeurant qu'il ressort des mentions manuscrites et de la signature apposées par la requérante sur l'exemplaire produit en défense que cette décision lui a été notifiée le jour même.

7. En quatrième lieu, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

8. Mme A qui a eu communication de son dossier individuel le 17 mars 2022, soutient que celui-ci était incomplet dès lors qu'il ne comportait ni le carnet de tir, ni la décision du 26 février 2020, ni le compte-rendu des moniteurs de tirs de la direction régionale de Paris-Ouest attestant de son inaptitude à l'usage et au port d'arme. Toutefois, il ressort des pièces du dossier ainsi qu'il a été dit au point 6 que la requérante a bien reçu notification de la décision provisoire de désarmement du 26 février 2020. Par ailleurs, s'il n'est pas contesté que le compte-rendu du 14 octobre 2019 rédigé par les moniteurs de tir de la direction régionale de Paris-Ouest ne figurait pas au dossier, il ressort des termes même de ce document que l'avis technique des moniteurs a été communiqué à Mme A au terme de la séance de tir, en présence du chef du pôle d'orientation des contrôles et de l'officier de tir qui a également précisé à l'agent les raisons et les motivations de cette décision. Par ailleurs, il n'est pas contesté que la requérante a eu communication des comptes-rendus d'entretien professionnel au titre des années 2019, 2020 et de l'avis préalable d'entretien de 2022 faisant mention de manière récurrente des difficultés rencontrées lors des séances de tir. Enfin, s'il est constant que le carnet de tir ne figurait pas au dossier individuel de la requérante à la date de consultation de son dossier, Mme A n'établit pas qu'elle en aurait fait la demande à l'issue de cette consultation. En outre, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision contestée n'étant pas fondée sur les pièces dont Mme A déplore l'absence mais sur les résultats de ses dernières évaluations au tir de septembre et octobre 2021, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette circonstance aurait été de nature à influer sur le sens de la décision prise ou priver la requérante d'une garantie. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en raison de l'incomplétude du dossier doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute personne peut se prévaloir des documents administratifs mentionnés au premier alinéa de l'article L. 312-2, émanant des administrations centrales et déconcentrées de l'Etat et publiés sur des sites internet désignés par décret. Toute personne peut se prévaloir de l'interprétation d'une règle, même erronée, opérée par ces documents pour son application à une situation qui n'affecte pas des tiers, tant que cette interprétation n'a pas été modifiée () ". Aux termes de l'article R. 312-10 de ce code : " Les sites internet sur lesquels sont publiés les documents dont toute personne peut se prévaloir dans les conditions prévues à l'article L. 312-3 précisent la date de dernière mise à jour de la page donnant accès à ces documents ainsi que la date à laquelle chaque document a été publié sur le site. () ". Aux termes de l'article R 312-3 du même code : " Les documents administratifs mentionnés au premier alinéa de l'article L. 312-2 émanant des administrations centrales de l'Etat sont, sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, publiés dans des bulletins ayant une périodicité au moins trimestrielle et comportant dans leur titre la mention " Bulletin officiel ".Des arrêtés ministériels déterminent, pour chaque administration, le titre exact du ou des bulletins la concernant, la matière couverte par ce ou ces bulletins ainsi que le lieu ou le site internet où le public peut les consulter ou s'en procurer copie. ".

10. L'arrêté du 16 octobre 1980 relatif aux modalités de publication et de consultation des documents administratifs pour le ministère de l'économie et le ministère du budget, publié au Journal officiel du 9 décembre 1980, prévoit que les documents administratifs émanant de la direction générale des douanes et droits indirects sont publiés au Bulletin officiel des douanes, lui-même publié suivant une périodicité au moins trimestrielle, et que ce bulletin peut être consulté au centre de documentation économie et finances sis 12, place du Bataillon du Pacifique à Paris (12ème). Par suite, ce bulletin officiel, également accessible sur le site Internet "www.douane.gouv.fr/informations/bulletins-officiels-des-douane", doit être regardé comme le recueil des instructions, circulaires et autres documents comportant une interprétation du droit positif pris par l'administration des douanes, au sens et pour l'application de l'article R. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration (CRPA). Il s'en déduit que, pour être opposable une circulaire de la direction générale des droits et droits indirects doit faire l'objet d'une publication au bulletin officiel des douanes sur le site www.douane.gouv.fr/informations/bulletins-officiels-des-douane" et comporter les mentions prescrites à l'article R. 312-10.

11. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'instruction cadre sur la détention, le port et l'usage des armes du 11 octobre 1995 aurait été publiée sur le site internet susvisé. D'autre part, cette instruction comporte des instructions générales à destination des services concernant la détention le port et l'usage des armes qui n'ont pas de valeur normative. Par suite, Mme A ne peut utilement s'en prévaloir pour contester la légalité de la décision contestée.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article 56 du code des douanes : " 1. Les agents des douanes ont, pour l'exercice de leurs fonctions, le droit au port d'armes. / 2. Ils peuvent faire usage de leurs armes dans les conditions prévues à l'article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure. ".

13. Contrairement à ce que soutient la requérante, il ressort des pièces du dossier et notamment de l'extrait de son carnet de tir versé au dossier que ses difficultés en matière de tir ont été constatées dès 2014 lors de sa première affectation à la BSI Paris-Transmanche, le moniteur ayant mentionné le 9 décembre 2014 que " tous les fondamentaux de tir sont à revoir " et que la requérante avait obtenu un score de 12/50 sur l'ensemble du tir. Il ressort de cet extrait que les résultats obtenus par la requérante sont restés très inférieurs aux 50 % requis au cours des années 2015 et 2016 y compris sur des exercices basiques, la requérante manifestant une très grande fébrilité lors des séances de tir. Il ressort des comptes-rendus d'entretien et du compte-rendu du suivi de formation au tir du 14 octobre 2019, qu'en dépit de plusieurs séances de soutien individuel dispensées par deux moniteurs de tir différents les 7 décembre 2018, 17, 24 et 26 septembre 2019 et 7 octobre 2019, les améliorations sont demeurées trop insuffisantes et aléatoires pour permettre d'estimer que Mme A aurait acquis un socle de compétence suffisamment solide en matière de tir. En outre, il a été relevé que la maladresse de Mme A, ainsi qu'une certaine fébrilité et émotivité dans le maniement des armes et la gestion de son environnement, ne permettaient pas de garantir qu'elle ne constituerait pas un danger pour elle-même, ses collègues ou les usagers en cas d'ouverture de feu. Suite à ce rapport, le directeur régional des douanes et droits indirects de Paris-Ouest a décidé de désarmer provisoirement Mme A par une décision du 26 février 2020, tout en lui permettant de continuer à se rendre à des séances de tir afin de progresser et lui donner la possibilité d'être de nouveau armée. Il ressort du compte-rendu des formations de soutien du 16 février 2021, que suite à cette décision du 26 février 2020, cinq formations de soutien individuel ont été organisées en présence de deux formateurs, que le niveau de Mme A est resté très en dessous des standards requis pour le l'usage et le port du pistolet semi-automatique avec moins de 50 % d'impacts en cible sur de petites distances de 7, 10 et 15 mètres et dans toutes les positions réglementaires (tir de précision, tir de riposte.) et qu'elle a commis des fautes de sécurité récurrentes. Contrairement aux affirmations de la requérante, il ressort des pièces du dossier qu'elle a bénéficié d'une séance de tir le 28 janvier 2020 lors de son affectation au CRPC. La première séance d'évaluation réalisée le 3 septembre 2021 à la suite de sa mutation à la BSI ayant confirmé la persistance des difficultés, un parcours de formation similaire à celui mis en place par l'école nationale des douanes de la Rochelle a été initié au profit de Mme A avec deux moniteurs de tir sous la supervision de l'officier de tir les 17 et 16 septembre 2021. La séance d'évaluation effectuée le 17 septembre 2021 n'a pas permis de constater une efficacité d'au moins 50 % des impacts conduisant les deux moniteurs à émettre un avis défavorable faute pour l'agente d'avoir acquis les fondamentaux requis. Toutefois, afin de donner une ultime chance à la requérante, le directeur régional des douanes d'Aix-en-Provence a accepté d'organiser une 3ème évaluation le 15 octobre 2021 qui une nouvelle fois n'a pas permis d'habiliter Mme A à l'usage et au port d'arme dès lors qu'elle a obtenu un résultat final de 8/20 au tir d'habilitation à 7 et 15 mètres, alors qu'un résultat d'au moins 10/20 était nécessaire. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, Mme A qui a bénéficié d'un soutien et d'un accompagnement suffisants, n'est pas fondée à soutenir que l'administration des douanes aurait commis une erreur d'appréciation en prononçant son inaptitude à l'usage et au port d'arme de service et partant son inaptitude à l'exercice de ses fonctions dans la branche d'activité de la surveillance. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

14. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent et compte tenu des impératifs de sécurité attachés au port d'arme, la décision contestée n'est pas disproportionnée, ni entachée d'une erreur manifeste de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme A.

15. Enfin, la circonstance que la requérante continuerait à bénéficier d'une habilitation au port d'arme dans ses fonctions de gendarme réserviste est sans incidence sur la légalité de la décision contestée.

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 8 février 2022 ainsi que de la décision du 9 juin 2022 portant rejet du recours gracieux doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision du 1er mars 2021 :

17. La requérante n'ayant articulé aucun moyen à l'encontre de cette décision, les conclusions tendant à son annulation ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

18. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de France.

Délibéré après l'audience du 4 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Chamot, présidente,

Mme Sarac-Deleigne, première conseillère,

M. Cambrezy, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

La rapporteure

B. SARAC-DELEIGNE

La présidente,

C. CHAMOT

La greffière,

B. MAS-JAY

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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