mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202637 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP MARGALL D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré enregistré le 25 août 2022, le préfet de Vaucluse demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 février 2022 par lequel le maire de Carpentras a délivré un permis de construire à M. B A.
Il soutient que le permis de construire en litige méconnaît l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Carpentras.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2023, M. B A, représenté par le cabinet Casanova - Maingourd - Thaï Thong, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que le moyen soulevé dans le déféré n'est pas fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 décembre 2023, la commune de Carpentras, représentée par la SELARL Territoires avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que le moyen soulevé dans le déféré n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me D'Audigier pour la commune de Carpentras et celles de Me Mangourd pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de Vaucluse demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 25 février 2022 par lequel le maire de Carpentras a délivré à M. A un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 1 568, route de Caromb, classé en zone agricole du plan local d'urbanisme.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Selon l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme de Carpentras : " sont interdits tous modes d'occupation ou d'utilisation du sol et construction non visés par l'article A2 () ". L'article A2 de ce règlement dispose que : " Sont admises, à la condition de ne pas porter atteinte au paysage : () - la création de bâtiments liés et nécessaires à l'exploitation agricole, ainsi que les ouvrages et installations techniques qui leur sont associés () ". Pour vérifier que la construction ou l'installation projetée est nécessaire à cette exploitation, l'autorité administrative compétente doit s'assurer au préalable, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la réalité de l'exploitation agricole, au sens de ces dispositions, laquelle est caractérisée par l'exercice effectif d'une activité agricole ou forestière d'une consistance suffisante, puis, s'agissant d'un projet de construction à usage d'habitation, d'apprécier si cette activité, du fait de sa nature, de son fonctionnement et des contraintes notamment matérielles qu'elle impose, nécessite une présence humaine permanente.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A exploite un élevage de gibiers composé de faisans et perdrix, accueillis de la naissance à l'âge adulte, dont il a déclaré qu'il représentait environ 6 à 7 000 oiseaux par an. Cette activité est exploitée par M. A depuis plus d'une dizaine d'années sur un terrain d'une superficie d'environ 2 hectares. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des éléments produits par M. A à l'appui de sa réponse au recours gracieux formé par le préfet ainsi que de l'attestation établie par le vétérinaire assurant le suivi de l'élevage, que cette activité requiert une surveillance et des soins quotidiens en raison de la fragilité des oiseaux accueillis, en particulier les premières semaines suivant leur naissance. Ces éléments sont toutefois insuffisants à démontrer que les actes requis par cette prise en charge ne pourraient être assurés sans la présence permanente de l'exploitant sur place. Il s'ensuit que le préfet de Vaucluse est fondé à soutenir que la construction projetée, dès lors qu'elle ne peut être regardée comme nécessaire à une exploitation agricole, ne pouvait être autorisée au regard des dispositions précitées de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme.
4. Il résulte de ce qui précède que le préfet de Vaucluse est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Carpentras du 25 février 2022.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par la commune de Carpentras et M. A.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Carpentras du 25 février 2022 est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Carpentras et par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de Vaucluse, à la commune de Carpentras et à M. B A.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Carpentras.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024 où siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026