mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202697 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDURIER & CHAMSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2022, M. C D, représenté par la SCP Coudurier et Chamski, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2022 par lequel le maire de la commune de Cruviers-Lascours ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. B et Mme A au nom de la SCI Les Claux pour l'installation d'une cuve à eau sur un terrain situé 208 chemin des Claux, ensemble la décision implicite par laquelle son recours gracieux a été rejeté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cruviers-Lascours la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le recours à un architecte était obligatoire, le pétitionnaire étant une personne morale ;
- la distance d'implantation de la cuve par rapport à la limite séparative n'est pas conforme aux dispositions du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ;
- la construction litigieuse ne respecte pas les normes relatives à la construction d'une citerne hors sol ;
- l'arrêté a été obtenu par fraude.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, la commune de Cruviers-Lascours, représentée par Me Belaïche conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence de production par M. D du titre de propriété requis par les dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hoenen,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Belaïche, représentant la commune de Cruviers- Lascours.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 novembre 2021, la société civile immobilière (SCI) Les Claux a déposé auprès des services de la commune de Cruviers-Lascours une déclaration préalable de travaux portant sur l'édification d'une cuve à eau sur un terrain situé 208, chemin des Claux, complétée le 8 février 2022. Par arrêté du 2 mars 2022, le maire de cette commune ne s'est pas opposé à la déclaration de travaux précitée. M. D demande au tribunal de prononcer l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 431-1 du code de l'urbanisme : " Conformément aux dispositions de l'article 3 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, la demande de permis de construire ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel à un architecte pour établir le projet architectural faisant l'objet de la demande de permis de construire ". Aux termes de l'article L. 431-2 suivant : " Le projet architectural définit, par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. / Il précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords. ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-1 du même code : " Le projet architectural prévu à l'article L. 431-2 doit être établi par un architecte".
3. Il résulte de ces dispositions que l'obligation de recourir à un architecte ne s'applique pas à l'élaboration des dossiers de déclarations préalables. Elle ne concerne en effet, et sous certaines conditions, que les demandes de permis de construire. Le moyen tiré de ce que le dossier de déclaration en litige aurait dû être élaboré par un tel professionnel est dès lors inopérant et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme de Cruviers-Lascours : " Les bâtiments peuvent être édifiés sur une ou plusieurs limites séparatives latérales. / Les bâtiments ou parties de bâtiment non implantés en limite parcellaire peuvent être implantés de telle sorte que la distance comptée horizontalement entre tout point du bâtiment et le point de la limite parcellaire qui en est le plus rapproché soit au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points sans être inférieure à 3 mètres ". Le lexique du règlement de ce PLU définit un bâtiment comme étant une " construction close et couverte. Elle se distingue de l'annexe car elle est destinée à abriter en priorité des personnes (logements, bureaux, équipements), des activités (économiques agricoles, sociales, sportives, culturelles). Elle est composée d'un corps principal à l'intérieur de laquelle l'homme est appelé à se mouvoir et qui offre une protection au moins partielle contre les agressions des éléments extérieurs. "
5. Contrairement à ce que soutient le requérant le terrain d'assiette du projet ne se trouve pas en zone N mais en zone UCa qui prévoit les règles d'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives applicables à l'article UC 6 cité précédemment. La cuve à eau dont l'installation est l'objet de l'arrêté de non-opposition attaqué, ne constitue pas un bâtiment tel que défini par le lexique joint au PLU de sorte que les dispositions relatives aux distances d'implantation par rapport aux limites séparatives ne s'appliquent pas au cas d'espèce. Le moyen tiré de ce que la distance d'implantation de la cuve par rapport à la limite séparative n'est pas conforme aux dispositions du plan local d'urbanisme doit être écarté.
6. En troisième lieu, le requérant soutient que l'installation de cette cuve ne respecte pas les normes relatives à la construction d'une citerne hors sol sans apporter plus de précisions sur les dispositions législatives ou règlementaires méconnues. En tout état de cause, les autorisations d'utilisation du sol ont seulement pour objet de vérifier la conformité du projet aux règles d'urbanisme et non sa conformité aux autres règlementations notamment aux prescriptions du code de la construction et de l'habitation. Dès lors le moyen tiré de la méconnaissance des normes relatives à la construction d'une citerne hors sol doit être écarté comme inopérant.
7. En quatrième et dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme et de ce que l'autorisation aurait été obtenue par fraude ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier leur bien-fondé et ne peuvent donc qu'être écartés.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la commune de Cruviers-Lascours qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, sur leur fondement et dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la commune Cruviers-Lascours et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera à la commune de Cruviers-Lascours une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et la commune de Cruviers-Lascours.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
Mme Lahmar, conseillère,
Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La rapporteure,
A-S. HOENEN
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026