mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202744 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP MARGALL D'ALBENAS |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 septembre 2022 et le 27 mai 2024, Mme B, représentée par Me Lorion, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2022 par lequel le maire de Quissac a refusé de lui accorder un permis de construire une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section AP
N°803 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Quissac de procéder au réexamen de sa demande de permis de construire ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Quissac une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le motif de refus fondé sur l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est illégal dans la mesure où l'arrêté se fonde sur une étude dépourvue de valeur juridique pour retenir que le terrain d'assiette du projet est en zone d'aléa fort du risque d'inondation par ruissellement
- le maire ne pouvait refuser le permis demandé sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme alors que celui-ci pouvait être accordé en l'assortissant de prescriptions spéciales ;
- il a entaché sa décision d'erreur de droit en considérant que les modalités de financement des travaux de raccordement au réseau électrique sont de nature à justifier un refus de permis pour l'application de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme ;
- le maire de Quissac a commis une erreur de fait en estimant que le terrain d'assiette du projet n'était pas viabilisé ;
- il a également entaché sa décision d'erreur de fait en estimant ne pas être en mesure d'indiquer dans quel délai les travaux de raccordement pourraient être exécutés ;
- tous les motifs fondant le refus étant illégaux, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Quissac de procéder au réexamen de sa demande de permis de construire.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2024, la commune de Quissac, représentée par Me D'Albenas, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de Mme B une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pumo, conseiller ;
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Lorion, avocate de Mme B ;
- et les observations de Me D'Audigier, avocat de la commune de Quissac.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a déposé, le 19 mai 2022, une demande de permis construire en vue de la construction d'une maison individuelle sur un terrain situé chemin de la plaine du pont à Quissac. Par un arrêté du 8 juillet 2022, la maire de Quissac a refusé de lui accorder le permis de construire sollicité. Mme B demande l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant du motif de refus fondé sur l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme :
2. Aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés (). "
3. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Une modification de la consistance d'un des réseaux publics que ces dispositions mentionnent, notamment du réseau public d'électricité, ne peut être réalisée sans l'accord de l'autorité administrative compétente.
4. En premier lieu, l'arrêté contesté se fonde sur l'application des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme en retenant que " l'alimentation électrique du projet n'est pas assurée et que " la commune n'est donc pas en mesure d'indiquer dans quel délai ces travaux pourraient être exécutés. " Ainsi, et contrairement à ce que soutient la requérante, le maire de Quissac ne s'est pas fondé sur le coût des travaux, qui n'est évoqué qu'à titre de précision, pour refuser le permis sollicité. Par suite, le moyen manque en fait, et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, si la requérante relève que la notice descriptive du projet précise que le terrain d'assiette est déjà viabilisé, cette notice mentionne seulement que " l'alimentation en eau potable, EDF et téléphone se fera depuis le réseau en bordure de parcelle " et que " le terrain sera viabilisé. " Ces éléments ne sont pas de nature à remettre en cause l'avis émis le 23 juin 2022 par la société Enedis qui affirme la nécessité d'étendre le réseau électrique existant, sur une longueur de 219 mètres, pour desservir le terrain d'assiette du projet. L'arrêté contesté n'est donc pas entaché d'erreur de fait sur ce point.
6. En troisième lieu, l'avis d'Enedis susmentionné expose que " le délai des travaux sera de 4 à 6 mois après l'ordre de service de la CCU et l'accord du client au sujet des devis respectifs. " Toutefois, aucune pièce du dossier ne permet de considérer que la requérante et la commune ont convenu de prendre en charge et de faire réaliser lesdits travaux dans un délai déterminé. Il suit de là qu'en retenant que " les travaux de raccordement ne sont pas à ce jour programmés et que la commune n'est donc pas en mesure d'indiquer dans quel délai ces travaux pourraient être exécutés ", le maire de Quissac n'a pas entaché sa décision d'erreur de fait.
7. Eu égard à ce qui précède, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le motif tiré de l'application des dispositions de l'article L. 111-11 est illégal.
S'agissant du motif de refus fondé sur l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
8. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. " En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
9. En l'espèce, il est constant que le risque d'inondation par ruissellement qui fonde la décision contestée est mis en évidence par une étude menée en octobre 2020 par la société Cereg Ingénierie, diligentée par l'établissement public territorial du Bassin du Vidourle. Cette étude, réalisée en vue de la révision du plan de prévention des risques d'inondation (PPRi), a permis de distinguer différentes zones selon les aléas d'inondation et de ruissellement existants.
10. D'une part, si le projet de règlement du PPRi révisé, qui n'était pas encore adopté à la date de l'arrêté contesté, ne saurait produire d'effet avant son entrée en vigueur, le Maire de Quissac pouvait en revanche prendre en considération les risques relevés dans cette étude pour fonder sa décision.
11. D'autre part, selon le zonage retenu, la construction projetée est implantée sur la parcelle cadastrée n°AP803, dans un secteur non urbain où le risque de ruissellement est considéré comme fort. En raison de cet aléa, les constructions ont vocation à y être interdites pour des considérations de sécurité publique. C'est donc à bon droit que le maire de Quissac a pu refuser d'accorder l'autorisation sollicitée, qui ne pouvait être assortie de prescriptions spéciales puisqu'aucune construction ne doit être autorisée dans ce secteur. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté contesté méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
12. Eu égard à ce qui précède, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le motif tiré de l'application des dispositions de l'article R. 111-2 est illégal.
13. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 juillet présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requérante, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions présentées à fin d'injonction doivent donc être également rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Quissac, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée par la requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 200 euros à verser à la commune de Quissac sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Quissac la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à Me Lorion, à la commune de Quissac et à Me D'Albenas.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
Mme Lahmar, conseillère,
M. Pumo, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
Le rapporteur,
J. PUMO
La greffière,
N. LASNIER
La présidente,
C. BOYER
La République mande et ordonne au préfet du Gard, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026