mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CAGNON |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 17 octobre 2022, la préfète de Vaucluse, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 février 2022 par lequel le maire de Saint-Martin-de-Castillon a délivré un permis de construire à M. A B.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que l'édification du bâtiment initial a été régulièrement autorisée, de sorte que la demande de permis de construire, dès lors qu'elle ne portait pas sur la régularisation de ces travaux, aurait dû faire l'objet d'un refus ;
- le projet litigieux ne respecte pas l'article N 3 et les dispositions de l'article 5.1 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2024, la commune de Saint-Martin-de-Castillon, représentée par la SCP Rey-Galtier, conclut, à titre principal, au rejet du déféré, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal fasse application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, ou à défaut de l'article L. 600-5, en leur octroyant un délai de six mois pour régulariser le permis de construire litigieux, et, en tout état de cause à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'Etat, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les formalités prévues par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'ont pas été respectées ;
- les moyens invoqués par la préfète de Vaucluse ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, M. A B, représenté par Me Cagnon, conclut à titre principal, au rejet du déféré, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal fasse application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, ou, à défaut de l'article L. 600-5, en leur octroyant un délai de six mois pour régulariser le permis de construire litigieux, et, en tout état de cause à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Etat, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les formalités prévues par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'ont pas été respectées ;
- les moyens invoqués par la préfète de Vaucluse ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hoenen,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Galtier pour la commune de Saint-Martin-de-Castillon et celles de Me Cagnon pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé, le 5 novembre 2021, auprès des services de la commune de Saint-Martin-de-Castillon une demande de permis de construire, complétée 6 janvier 2022 à la demande du service instructeur, portant sur l'extension d'une habitation existante et la construction d'une piscine sur un terrain situé lieu-dit " La Gardette ", parcelle cadastrée section K n° 93. Le 15 février 2022, le maire de Saint-Martin-de-Castillon a délivré le permis de construire sollicité. La préfète de Vaucluse demande l'annulation pour excès de pouvoir de ce permis de construire.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme :
2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou un permis de construire, d'aménager ou de démolir. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. ".
3. En application de ces dispositions, il appartient à la préfète de Vaucluse d'apporter la preuve de ce que la notification de son recours était complète et répondait aux conditions posées par les dispositions de l'article R. 600-1 précité. En l'espèce, si la préfète de Vaucluse soutient qu'elle a régulière notifié le recours contentieux au pétitionnaire, M. B, les pièces qu'elle produit ne permettent pas en l'absence de tampon humide de la poste, d'établir la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception et donc de justifier de l'accomplissement régulier, dans le délai de quinze jours suivant le 17 octobre 2022, date du dépôt du déféré en annulation, de la formalité de notification prévue à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Il s'ensuit que la commune de Saint-Martin-de-Castillon et M. B sont fondés à soutenir que la requête est irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 600-1 du code de justice administrative et qu'il y a lieu de la rejeter comme telle.
Sur les frais liés au litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 600 euros à verser à M. B et la même somme à verser à la commune de Saint-Martin-de-Castillon sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le déféré de la préfète de Vaucluse est rejeté.
Article 2 : L'Etat versera à la commune de Saint-Martin-de-Castillon et à M. B la somme de 600 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de Vaucluse, à la commune de Saint-Martin-de-Castillon et à M. A B.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
La rapporteure,
A-S. HOENEN
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026