mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203174 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET PHILIPPE PETIT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Doux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 août 2022 par lequel le maire de la commune de Sarrians a procédé au retrait du permis de construire n° 084 122 21 C 0033 qui lui avait été délivré le 24 mai 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sarrians la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure en l'absence d'une procédure contradictoire préalable au retrait du permis ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il appartenait au maire de procéder au retrait partiel de l'arrêté s'il estimait que seul le mobile-home était illégal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2023, la commune de Sarrians, représentée par la SELARL Cabinet d'avocats Philippe Petit et Associés conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hoenen,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tessier, représentant la commune de Sarrians.
Une note en délibéré présentée par la commune de Sarrians a été enregistrée le 5 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé, le 24 novembre 2021, une demande de permis de construire, en vue de la réfection à l'identique d'une toiture, la création et la modification d'ouvertures d'une construction ainsi que l'installation provisoire d'un mobil-home sur un terrain situé 287, chemin de la Beaumette, sur le territoire de la commune, classé en zone A du plan local d'urbanisme communal. Par un arrêté du 24 mai 2022, le maire de Sarrians, a délivré le permis de construire sollicité. Par un arrêté du 22 août 2022, le maire de la commune a retiré le permis de construire M. A au tribunal de prononcer l'annulation cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; (). ". Aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. () ".
3. La décision portant retrait d'un permis de construire est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant au titulaire de cette autorisation d'urbanisme d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde, et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article L. 121-1 du même code constitue une garantie pour le titulaire d'un permis de construire que cette autorité entend retirer. La décision de retrait est illégale s'il ressort de l'ensemble des circonstances de l'espèce que le bénéficiaire a été effectivement privé de cette garantie.
4. Il ressort des pièces du dossier, que le maire de Sarrians a bien rédigé un courrier en date du 3 août 2022, informant M. A de son intention de retirer le permis de construire dont il était bénéficiaire en l'invitant à faire part de ses observations dans un délai de quinze jours. Ce courrier, adressé par lettre recommandée avec accusé de réception, est revenu à la commune de Sarrians, le 22 août 2022, avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Il ressort des pièces produites par la commune que ce courrier a été présenté, le 6 août 2022, à l'adresse des travaux soit au " 287, chemin de la Beaumette " à Sarrians. Or, dans le dossier de demande de permis de construire également produit par la commune, le requérant a indiqué comme adresse, dans la section " coordonnées du demandeur ", le " 49, ancien chemin d'Aubignan " à Loriol du Comtat. Ainsi, en l'absence d'envoi à l'adresse que M. A avait portée à la connaissance des services en charge de l'instruction de sa demande de permis de construire, le retrait du permis de construire dont bénéficié le requérant a été pris au terme d'une procédure irrégulière et a donc effectivement privé le requérant de la garantie citée au point précédent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être accueilli.
5. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible, en l'état de l'instruction, de fonder l'annulation de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 août 2022 par lequel le maire de Sarrians a retiré le permis de construire n° 084 122 21 C 0033.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Sarrians la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par la commune de Sarrians soient mises à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Sarrians du 22 août 2022 retirant le permis de construire accordé à M. A est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Sarrians au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Sarrians.
Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Carpentras en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
A-S. HOENEN
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026