jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203227 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 octobre 2022, Mme C A épouse B, représentée par Me Demba, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de Vaucluse a implicitement refusé de faire droit à sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;
2°) d'ordonner au préfet de Vaucluse de lui délivrer, ainsi qu'à ses deux enfants, D et E B, un visa long séjour.
Elle soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle remplit les conditions posées par cet article compte tenu notamment des violences conjugales dont elle a été victime, du fait qu'elle ne représente pas une menace pour l'ordre public et qu'elle réside en France de manière continue depuis octobre 2019.
La requête a été communiquée au préfet de Vaucluse qui n'a pas produit de mémoire en défense avant la clôture d'instruction fixée au 18 décembre 2023, malgré une mise en demeure de produire dans le délai d'un mois notifiée le 13 mars 2023.
Par une décision du 27 septembre 2022, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par ordonnance du 16 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 18 décembre 2023.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, a été entendu au cours de l'audience publique du 10 octobre 2024, le rapport de M. Roux, président.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine née le 22 décembre 1973, déclare être entrée sur le territoire français avec son époux et leurs deux enfants dans le courant de l'année 2019, sous couvert d'un visa longue durée délivré le 9 mai 2014 par les autorités italiennes. Par un courrier reçu en préfecture de Vaucluse le 24 janvier 2022, elle a sollicité son admission au séjour pour motifs humanitaires, sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Du silence gardé par le préfet de Vaucluse sur cette demande durant quatre mois est née, le 24 mai 2022, une décision implicite de refus de séjour dont Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
3. Mme B soutient qu'elle réside de manière continue depuis 2019 sur le territoire français où ses deux enfants sont scolarisés, qu'elle a subi des violences conjugales, dispose d'un contrat de travail depuis le 23 juillet 2020 et ne constitue pas une menace à l'ordre public. Toutefois, ces seuls éléments, à les supposer établis, ne suffisent à regarder la requérante qui dispose, par ailleurs, d'un titre de séjour valable en Italie, pays dans lequel elle a résidé durant cinq années, comme justifiant d'un motif exceptionnel ou d'une considération humanitaire de nature à permettre son admission exceptionnelle au séjour et la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées. L'unique moyen de la requête invoqué doit donc être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet de Vaucluse a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour ne sont pas fondées et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de Vaucluse de délivrer un visa long séjour à Mme B et ses enfants doivent, en tout état de cause, être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
Mme Vosgien, première conseillère,
Mme Béréhouc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
Le président rapporteur,
G. ROUX
L'assesseur le plus ancien,
S. VOSGIEN La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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