mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203527 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | AUBERY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 novembre 2022, Mme E A C, représentée par Me Aubery, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2022 par lequel le préfet de Vaucluse déclare insalubre le logement sis 271 avenue Mirabeau à Carpentras ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une irrégularité de procédure dès lors qu'il n'a pas été pris à l'issue d'une procédure contradictoire ;
- elle n'est pas dans l'obligation de réaliser les travaux prescrits par l'arrêté attaqué dès lors que le logement est inoccupé et qu'il ne constitue pas un danger pour la santé des tiers.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, la préfète de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A C ne sont pas fondés.
Vu la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Peretti,
- et les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C est propriétaire d'un logement situé sis 271, avenue Mirabeau dans la commune de Carpentras (84200) qu'elle loue à Mme D B. Suite au signalement du fils de Mme B le 4 novembre 2021, les services de police municipale de Carpentras ont adressé un rapport d'enquête à l'agence régionale de santé de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur qui a diligenté une visite sur place le 5 janvier 2022. Le 19 mai 2022, le préfet de Vaucluse a déclaré insalubre ce logement et, par une décision implicite intervenue le 18 septembre 2022, il a rejeté le recours gracieux exercé par Mme A C. Par la présente requête, la requérante demande au tribunal d'annuler l'arrêté précité et la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur la légalité externe :
2. Si la requérante affirme que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'elle affirme ne pas avoir été destinataire du courrier du 6 avril 2022 lançant la procédure contradictoire, il résulte des pièces du dossier que Mme A C a attesté, le 13 avril 2022, avoir reçu en main propre ledit courrier qui l'informe de la possibilité d'adresser ses observations à l'ARS PACA dans un délai de 31 jours.
3. Le moyen tiré du vice de procédure est donc infondé et doit, par conséquent, être rejeté.
Sur la légalité interne :
4. Aux termes de l'article 511-1 du code de la construction et de l'habitation : " la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre et précisées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article 511-2 du même code : " la police mentionnée à l'article L. 511-1 a pour objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations suivantes : () 2° Le fonctionnement défectueux ou le défaut d'entretien des équipements communs d'un immeuble collectif à usage principal d'habitation, lorsqu'il est de nature à créer des risques sérieux pour la sécurité des occupants ou des tiers ou à compromettre gravement leurs conditions d'habitation ou d'utilisation ; () 4° L'insalubrité, telle qu'elle est définie aux articles L. 1331-22 et L. 1331-23 du code de la santé publique ". Aux termes de l'article L. 511-11 du même code : " Lorsque l'immeuble ou le logement devient inoccupé et libre de location après la date de l'arrêté pris sur le fondement du premier alinéa, dès lors qu'il est sécurisé et ne constitue pas un danger pour la santé ou la sécurité des tiers, la personne tenue d'exécuter les mesures prescrites n'est plus obligée de le faire dans le délai fixé par l'arrêté. L'autorité compétente peut prescrire ou faire exécuter d'office, aux frais de cette personne, toutes mesures nécessaires pour empêcher l'accès et l'usage du lieu, faute pour cette dernière d'y avoir procédé. Les mesures prescrites doivent, en tout état de cause, être exécutées avant toute nouvelle occupation, remise à disposition ou remise en location, sous peine des sanctions prévues à l'article L. 511-22 ". Enfin, aux termes de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique : " tout local, installation, bien immeuble ou groupe de locaux, d'installations ou de biens immeubles, vacant ou non, qui constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé, exploité ou utilisé, un danger ou risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes est insalubre ".
5. En l'espèce, si la requérante soutient que Mme B a quitté les lieux et qu'elle est à présent hébergée chez son fils, elle ne produit aucune pièce corroborant le fait que le bail de location aurait été résilié antérieurement ou postérieurement à l'intervention de l'arrêté déféré et donc que ledit logement serait libre de location. Ainsi, la seule libération des lieux n'implique pas qu'il soit mis fin aux prescriptions en litige. Ce moyen doit donc être rejeté.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur les risques que l'insalubrité de cet immeuble fait courir au tiers, les conclusions de Mme A C tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 mai 2022, ainsi que, par voie de conséquence, la décision portant rejet de son recours gracieux, doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la requérante la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A C et à la préfète de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
P. PERETTILe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026