mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203624 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 23 novembre 2022, le 28 mars 2023 et le 2 août 2024, ainsi qu'un mémoire enregistré le 2 août 2024 qui n'a pas été communiqué, Mme A, représentée par Me Bocognano, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel le maire de Quissac a refusé de lui accorder un permis de construire une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section AP
N°802 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Quissac de lui accorder le permis de construire sollicité dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Quissac une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté n'est pas motivé en fait ;
- le maire de la commune a commis une erreur de droit en lui opposant le caractère incomplet de son dossier ;
- l'arrêté est également entaché d'erreur de droit dès lors que les éléments d'information sollicités, que la commune considère manquants, ne sont exigés par aucune disposition réglementaire ;
- le motif de refus fondé sur l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est entaché d'erreur d'appréciation et procède d'une erreur de droit ;
- le motif de refus fondé sur l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est erroné.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2023, la commune de Quissac, représentée par Me D'Albenas, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de Mme A une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pumo, conseiller ;
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Rouault, avocat de Mme A ;
- et les observations de Me D'Audigier, avocat de la commune de Quissac.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé, le 31 août 2022, une demande de permis construire en vue de la construction d'une maison individuelle sur un terrain situé chemin de la plaine du pont à Quissac. Par un arrêté du 12 octobre 2022, la maire de Quissac a refusé de lui accorder le permis de construire sollicité. Mme A demande l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant de la légalité externe de l'arrêté :
2. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / (). "
3. L'arrêté contesté, qui énonce que l'étude de zonage et de réduction du risque inondation fait apparaître le terrain d'assiette du projet en zone d'aléa fort du risque inondation par ruissellement, comporte l'énoncé des considérations de fait sur lesquelles il se fonde. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation en fait doit être écarté.
S'agissant de la légalité externe :
4. Aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés (). "
5. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Une modification de la consistance d'un des réseaux publics que ces dispositions mentionnent, notamment du réseau public d'électricité, ne peut être réalisée sans l'accord de l'autorité administrative compétente.
6. En l'espèce, l'avis rendu le 6 octobre 2022 par la société ENEDIS expose que le raccordement au réseau électrique du terrain d'assiette du projet nécessite une extension du réseau public d'électricité, d'une longueur de 250 mètres. L'avis précise que le coût des travaux correspondants s'élève à 13 169,40 euros hors taxe. Si la requérante relève que la commune de Quissac a confirmé la desserte d'une parcelle voisine par le réseau d'électricité dans le cadre d'une autre instance et qu'elle a approuvé l'acquisition de deux parcelles avoisinantes dans le cadre d'un projet de caserne qui impliquera lui-même une extension du réseau électrique, ces éléments ne sont pas de nature à remettre en cause la nécessité, au jour de la décision contestée, d'étendre le réseau électrique pour desservir le terrain d'assiette du projet. En outre, contrairement à ce qu'elle soutient, la circonstance que sa parcelle se situe dans le secteur IIAUb du plan local d'urbanisme, qui correspond " aux espaces ouverts immédiatement à l'urbanisation, desservis par l'assainissement collectif ", n'est pas de nature à exclure qu'une extension du réseau d'électricité soit nécessaire pour assurer la desserte de sa parcelle. Par suite, Mme A n'est pas fondée à prétendre que le motif de refus basé sur l'application des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est illégal.
7. Il résulte de l'instruction que le maire de Quissac aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif.
8. Par suite, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel le maire de Quissac a refusé de lui accorder un permis de construire une maison individuelle sur la parcelle cadastrée n° AP802.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requérante, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions présentées à fin d'injonction doivent donc être également rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Quissac, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée par la requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme réclamée par la commune sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : : Les conclusions présentées par la commune de Quissac sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, à Me Bocognano, à la commune de Quissac et à Me D'Albenas.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
Mme Lahmar, conseillère,
M. Pumo, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
Le rapporteur,
J. PUMO
La greffière,
N. LASNIER
La présidente,
C. BOYER
La République mande et ordonne au préfet du Gard, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026