jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203756 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ENARD-BAZIRE-COLLIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2022, M. A C, représenté par la SELARL EBC Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le président de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien a retiré l'arrêté du 23 juin 2022 par lequel la même autorité a refusé de reconnaître ses arrêts de travail à compter du 15 octobre 2018 comme imputables au service, l'a placé en congé de maladie ordinaire du 15 octobre 2018 au 19 octobre 2019 inclus et l'a placé en disponibilité d'office à titre conservatoire à compter du 15 octobre 2019, a refusé de reconnaître ses arrêts de travail à compter du 15 octobre 2018 comme imputables au service, l'a placé en congé de maladie ordinaire du 15 octobre 2018 au 19 octobre 2019 inclus et l'a maintenu en disponibilité d'office à compter du 14 octobre 2021 dans l'attente de l'avis de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) ;
2°) d'annuler la décision du 20 octobre 2022 par laquelle le président de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien a rejeté son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien de régulariser sa situation administrative dans un délai de 30 jours à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien la somme de 1 020 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, en méconnaissance des articles 15 et 21 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière, dès lors qu'il n'est pas démontré que le comité médical ait rendu son avis en disposant du rapport du médecin de prévention ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et méconnait l'autorité de la chose jugée par le tribunal administratif de Nîmes le 27 janvier 2022, dès lors qu'il n'a pas tenu compte de l'avis du médecin de prévention rendu le 21 février 2022 ;
- il ne pouvait être placé en disponibilité d'office dans l'attente de l'avis de la CNRACL dès lors que le médecin de prévention a considéré que son poste n'était que provisoirement incompatible avec son état de santé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2023, la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien, représentée par la SELARL Gil - Cros - Crespy, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chevillard,
- les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cros, représentant la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, adjoint technique exerçant les fonctions de chauffeur de benne à ordures ménagères au sein de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien, a ressenti, le 1er février 2018, une vive douleur cervicale et une douleur du membre supérieur droit alors qu'il était descendu de son camion pour soulever un container bloqué. Le jour même, il a déclaré cet accident à son employeur. A compter de cette date et jusqu'au 14 septembre 2018 inclus, il a été placé en arrêt de travail, avant de reprendre ses fonctions le 17 septembre 2018.
2. Contestant la date retenue pour la date de consolidation de son état de santé et estimant avoir subi une rechute de son accident de service à la suite de sa reprise, à compter du 15 octobre 2018, M. C a saisi le président de la communauté d'agglomération d'une nouvelle demande. Par un courrier du 1er février 2019, cette autorité a refusé de modifier la date de consolidation. A la suite de deux nouvelles expertises médicales, le président de la communauté d'agglomération a, par un second arrêté du 2 juillet 2019, refusé de reconnaître les arrêts maladie du requérant à compter du 15 octobre 2018 comme étant imputables à une rechute de son accident de service. Saisi par M. C d'une requête en annulation des décisions des 19 novembre 2018, 1er février 2019 et 2 juillet 2019, le tribunal administratif de Nîmes a, par un jugement du 27 janvier 2022, annulé l'arrêté du 2 juillet 2019 refusant de reconnaître les arrêts de travail à compter du 15 octobre 2018 comme étant imputables au service.
3. Par un avis rendu le 20 août 2020, le comité médical s'est prononcé favorablement à la prolongation du congé de maladie ordinaire de M. C jusqu'au 13 octobre 2019, à sa mise en disponibilité d'office pour raison de santé pour une période de 12 mois à compter du 14 octobre 2019, à l'inaptitude définitive de l'agent à toute fonction et à sa mise à la retraite pour invalidité. Par deux arrêtés du 11 décembre 2020, le président de la communauté d'agglomération a placé l'intéressé en disponibilité pour raison de santé du 14 octobre 2019 au 13 octobre 2020 puis du 14 octobre 2020 au 13 octobre 2021. Par un arrêté du 23 juin 2022, la même autorité a refusé de reconnaître ses arrêts de travail à compter du 15 octobre 2018 comme imputables au service, l'a placé en congé de maladie ordinaire du 15 octobre 2018 au 19 octobre 2019 inclus et l'a placé en disponibilité d'office à titre conservatoire à compter du 15 octobre 2019. Par un arrêté du 18 juillet 2022, que M. C conteste, le président de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien a retiré l'arrêté du 23 juin 2022, a refusé de reconnaître ses arrêts de travail à compter du 15 octobre 2018 comme imputables au service, l'a placé en congé de maladie ordinaire du 15 octobre 2018 au 19 octobre 2019 inclus et l'a maintenu en disponibilité d'office à compter du 14 octobre 2021 dans l'attente de l'avis de la CNRACL.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. D'une part, la décision attaquée, en tant qu'elle refuse de reconnaître ses arrêts de M. C travail à compter du 15 octobre 2018 comme imputables au service et place l'intéressé en congé de maladie ordinaire du 15 octobre 2018 au 19 octobre 2019 inclus, vise les textes dont il est fait application ainsi notamment que le jugement du tribunal administratif de Nîmes du 27 janvier 2022, les conclusions du médecin de prévention du 21 février 2022 ainsi que l'avis de la formation plénière du comité médial unique, dont elle reprend les termes. Ainsi, elle mentionne les considérations de fait qui la fonde et est ainsi suffisamment motivée.
6. D'autre part, il résulte de ces dispositions que les décisions plaçant d'office un fonctionnaire en disponibilité à titre conservatoire dans l'attente de l'avis de la CNRACL ne refusent aucun avantage dont l'attribution constituerait un droit pour le requérant déclaré inapte à l'exercice de toutes fonctions et ne relèvent d'aucune des catégories de décisions qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen inopérant doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale () : " Le secrétariat de la commission informe le médecin du service de médecine professionnelle et préventive, pour la fonction publique territoriale () compétent à l'égard du service auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis à la commission. () ". Aux termes de l'article 21 du même décret : " La commission de réforme donne son avis sur l'imputabilité au service ou à l'un des actes de dévouement prévus aux articles 31 et 36 du décret du 26 décembre 2003 susvisé de l'infirmité pouvant donner droit aux différents avantages énumérés à l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisé et aux articles 41 et 41-1 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. () ".
8. M. C soutient que l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, en méconnaissance des dispositions citées au point précédent, dès lors qu'il n'est pas démontré que le comité médical ait rendu son avis en disposant du rapport du médecin de prévention, le privant ainsi d'une garantie. Toutefois, il résulte des pièces du dossier que les conclusions de la visite médicale du 21 février 2022 ont été communiquées au conseil médical unique, ainsi que cela ressort du courrier de saisine de cette instance du 23 février 2022. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. En troisième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de la chose jugée le tribunal administratif de Nîmes le 27 janvier 2022, qui a annulé l'arrêté du 2 juillet 2019 refusant l'imputabilité au service des arrêts de travail postérieurs au 15 octobre 2018 au seul motif d'un défaut de saisine préalable du médecin de prévention, alors que les décisions contestées ont bien été prises après saisine de ce dernier et alors qu'aucun motif de ce jugement ne faisait obligation à l'administration de suivre l'avis du médecin de prévention, qui ne lie en aucun cas l'autorité territoriale. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En dernier, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, applicable en l'espèce : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service () / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident.
11. Il ressort des pièces du dossier que si le médecin de prévention a considéré, lors de l'examen de l'intéressé, que son poste de travail était provisoirement incompatible avec son état de santé, il a également noté que celui-ci ne lui permettait pas, toujours en février 2022, de reprendre son travail. Cet avis, qui ne se prononce pas vraiment sur l'inaptitude définitive de l'intéressé, ne permet pas de contredire les autres éléments versés au dossier, sur lesquels se sont fondés tant la commission de réforme que l'autorité territoriale pour retenir l'inaptitude définitive du requérant à l'exercice de toutes fonctions, au vu notamment de l'avis favorable déjà rendu sur ce point par le comité médical du 27 août 2020 et de l'expertise réalisée par le Dr B le 7 juin 2021. En l'absence de tout autre élément de nature à remettre en cause cette analyse, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées seraient entachées d'une erreur de droit. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions en annulation de la requête, et par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'injonction, doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026