mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203772 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ROUAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 décembre 2022 et 3 janvier 2023, Mme D E demande au tribunal, d'annuler l'arrêté du 6 octobre 2022 par lequel le maire de Nîmes a délivré un permis de construire modificatif à M. A C.
Elle soutient que :
- elle justifie d'un intérêt à agir en tant que voisine immédiate de la parcelle terrain d'assiette du projet litigieux ;
- le permis de construire modificatif ne pouvait régulariser un permis de construire initial illégal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2023, M. A C, représenté par Me Rouault, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 200 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2023, la commune de Nîmes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt suffisant à agir ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hoenen,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de M. B, représentant la commune de Nîmes et celles de Me Soulier, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a déposé, le 17 mars 2017, une demande de permis de construire pour la construction d'une maison à usage d'habitation, sur un terrain situé 295 impasse de la grotte, sur le territoire de la commune de Nîmes, et classé en zone Nh du plan local d'urbanisme communal. Par un arrêté du 25 avril 2017, le maire a sursis à statuer sur cette demande pour une période de deux ans. Le tribunal administratif de Nîmes a prononcé l'annulation de cet arrêté par jugement du 13 mars 2018. Par un arrêt du 15 juillet 2020, la cour administrative d'appel de Marseille a annulé ce jugement. Par deux courriers des 5 août 2020 et 4 janvier 2021, M. C a confirmé sa demande de permis de construire auprès des services de la commune et sollicité la délivrance d'un certificat constatant l'existence d'un permis de construire tacite. Le maire de la commune de Nîmes a délivré le certificat de permis de construire tacite le 14 mars 2022. Le 30 juin 2022, M. C a sollicité un permis de construire modificatif visant à modifier l'implantation de la construction. Par arrêté du 6 octobre 2022, le maire a délivré le permis modificatif. Mme E demande au tribunal de prononcer l'annulation pour excès de pouvoir de ce permis de construire modificatif.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense tirée du défaut d'intérêt à agir :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial ou après avoir épuisé les voies de recours contre le permis initial, ainsi devenu définitif, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction ou, lorsque le contentieux porte sur un permis de construire modificatif, des modifications apportées au projet.
4. Il ressort du titre de propriété produit par la requérante qu'elle est propriétaire de la parcelle cadastrée section CA n° 1060, sise 365, impasse de la grotte, à Nîmes, voisine immédiate de la parcelle cadastrée section CA n° 1298, terrain d'assiette du projet. Pour justifier de son intérêt à agir, la requérante se prévaut de sa qualité de voisine immédiate et fait valoir que la construction projetée va porter une atteinte à son cadre de vie en détruisant de nombreux arbres, qu'elle va porter atteinte à son intimité en créant une vue sur sa parcelle ou encore des nuisances olfactives en raison de la présence de la fosse septique et de la surface d'épandage sous sa piscine et le long de sa clôture. Cependant les atteintes invoquées résultant de la construction de la maison d'habitation autorisée par le permis de construire initial que la requérante n'a pas contesté et qui est devenu définitif, l'intérêt à agir contre le permis de construire modificatif ne peut être apprécié qu'au regard de la portée de modifications que celui-ci apporterait au projet de construction initialement autorisé. Mme E soutient également que la modification autorisée va entrainer une réduction des places de stationnement disponibles et rendre difficile les manœuvres de retournement des véhicules sur la parcelle, de sorte que les véhicules devront manœuvrer sur l'impasse de la grotte, entrainant des difficultés de circulation pour le voisinage. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le permis modificatif porte sur une modification de l'implantation de la construction en la décalant de trois mètres vers le Nord et d'un mètre vers l'Ouest, éloignant ainsi la construction en litige d'un mètre par rapport à la limite séparative de la parcelle de la requérante. Il ressort en outre de la comparaison des plans de masse du permis initial et du permis modificatif que la modification de l'implantation de la construction n'entrainera pas une réduction des places de stationnement ni la disparition d'une aire de retournement sur le terrain d'assiette du projet en litige. Dans ces conditions, la requérante ne démontre pas l'intérêt qu'elle aurait à agir contre le permis modificatif en litige. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par la défense tirée du défaut d'intérêt pour agir doit être accueillie et la requête doit être rejetée en tant qu'elle est irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme E la somme de 1 200 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Mme E versera à M. C une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à M. A C et à la commune de Nîmes.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
Mme Lahmar, conseillère,
Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La rapporteure,
A-S. HOENEN
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026