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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2203890

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2203890

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2203890
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de Mme A, qui contestait le refus de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) de lui attribuer une aide financière destinée aux enfants d'anciens harkis. Le tribunal a jugé que Mme A, née en 1965, ne pouvait pas justifier d'un séjour d'au moins 90 jours dans le camp de Bourg-Lastic, celui-ci ayant été fermé administrativement en 1962, avant sa naissance. La décision a donc été fondée sur l'application de l'article 1er du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018, sans que l'administration ait commis d'erreur de fait ou de droit.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 et 20 décembre 2022, Mme C A, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 8 novembre 2022 par laquelle la directrice de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) a refusé de lui attribuer une aide à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés.

Elle soutient que :

- ayant résidé plus de 90 jours dans la camp de Bourg-Lastic, elle satisfait les conditions posée pour le bénéfice de cette aide;

- la décision est entachée d'erreur de fait, compte tenu de l'existence du camp " Zeralda ".

Par un mémoire en défense enregistré le 13 octobre 2023, la directrice de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 modifié ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Portal,

- les conclusions de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A, née le 11 mars 195 à Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) est la petite fille D, agent contractuel des armées au titre du décret n° 62-319 du 20 mars 1962 relatif aux droits en matière de pension des militaires français musulmans d'Algérie de carrière ou servant sous contrat. Elle a sollicité le 26 novembre 2021 le versement de l'aide à destination des enfants d'anciens harkis, maghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés instituée par le décret n°2018-1320 du 28 décembre 2018. La directrice générale de l'office national des anciens combattants, et des victimes de guerre (ONACVG) a refusé, en date du 8 novembre 2022, l'attribution de l'aide financière sollicitée. Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions d'annulation :

2. Aux termes de l'article premier du décret du 28 décembre 2018 alors en vigueur : " Les enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés, qui ont séjourné pendant au moins quatre-vingt-dix jours dans l'une des structures dont la liste est fixée en annexe au décret n° 2022-394 du 18 mars 2022 relatif à la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et les membres de leurs familles, à la suite du rapatriement de leur famille sur le territoire national, et qui résident en France de manière stable et effective, peuvent demander, jusqu'au 31 décembre 2022, une aide de solidarité lorsque leurs ressources ne leur permettent pas de s'acquitter de dépenses ayant un caractère essentiel dans les domaines de la santé, du logement ou de la formation et de l'insertion professionnelle ".

3. Si Mme A soutient qu'elle a passé plus de quatre-vingt-dix jours au sein du camp Zeralda, qui figure en annexe du décret précité sous la référence du camp de Bourg-Lastic, il ressort des pièces du dossier que ce camp a fait l'objet d'une fermeture administrative en date du 25 septembre 1962. Or, la requérante est née le 11 mars 1965, postérieurement à la fermeture de ce camp. La circonstance, à la supposer établie, qu'elle ait continué à résider sur place avec sa famille ne peut être prise en compte et, se trouve dès lors n'avoir aucune incidence sur les conditions d'octroi de l'aide prévue par l'article 1er du décret du 28 novembre 2018. Par suite, la directrice générale de l'ONACVG n'a pas commis d'erreur de fait ni méconnu les dispositions précitées en refusant à Mme A le bénéfice d'une aide financière.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à l'Office national

des anciens combattants et victimes de guerre.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Mouret, premier conseiller

Mme Portal, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

La rapporteure,

N. Portal

Le président,

P. Peretti Le greffier,

D. Berthod

La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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