jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300280 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LAURENT-NEYRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 25 janvier 2023 et le 28 mai 2024, M. A B, représenté par Me Laurent-Neyrat, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet du Gard a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour, ensemble la décision du 28 juin 2023 lui accordant une carte de séjour temporaire d'une durée de validité de six mois portant la mention " travailleur temporaire " ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, Me Laurent-Neyrat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision implicite de rejet de sa demande n'est pas motivée en l'absence de réponse de l'administration à sa demande de communication des motifs ;
- les décisions attaquées méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juin 2023, le préfet du Gard conclut au non-lieu à statuer et à défaut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en tant qu'elle est dirigée contre une décision de refus implicite inexistante du fait de son abrogation par la décision expresse postérieure du 28 juin 2023 accordant à M. B un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le surplus des conclusions de la requête relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens ne pourra qu'être rejeté dans la mesure où il n'est pas la partie perdante.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 28 juin 2023 sont irrecevables en raison de son défaut d'intérêt pour agir contre cette décision qui fait droit à la demande de titre de séjour "travailleur temporaire" qu'il a présentée.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, a été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Vosgien, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 6 octobre 2002, a sollicité du préfet du Gard, le 10 novembre 2021, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Du silence gardé par le préfet durant quatre mois sur sa demande est née, le 10 mars 2022, une décision implicite de rejet dont l'intéressé demande au tribunal de prononcer l'annulation. Il demande également l'annulation de la décision du 28 juin 2023 par laquelle le préfet du Gard lui a délivré une carte de séjour temporaire d'une durée de six mois portant la mention " travailleur temporaire " en tant qu'elle lui refuserait un titre de séjour annuel.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".
Saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, le préfet examine celle-ci au regard des justificatifs qui lui sont fournis pour délivrer le cas échéant un titre de séjour portant la mention " salarié " d'une durée d'un an, renouvelable chaque année, au demandeur qui justifie d'un contrat à durée indéterminée ou un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " d'une durée égale au contrat à durée déterminée dont se prévaut le demandeur dans la limite d'un an, renouvelable durant toute la durée de ce contrat, par référence aux titres de même nature susceptibles d'être délivrés sur le fondement des articles L. 421-1 et 3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des derniers justificatifs transmis le 14 décembre 2022, par le requérant qui se prévalait d'un contrat d'apprentissage à durée déterminée devant s'achever le 5 juillet 2023 et du récépissé qui lui a été délivré suite au dépôt de sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code précité, que celle-ci a été présentée en vue de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ". Pour une durée au plus égale à la durée restante de ce contrat de travail déjà en cours. Aucune pièce du dossier n'établissant que cette demande aurait été ultérieurement modifiée, le préfet du Gard, en lui délivrant, postérieurement à la date d'introduction de la requête, la carte de séjour temporaire ainsi sollicitée, valable du 28 juin au 27 décembre 2023, doit être regardé comme ayant, d'une part, fait droit à la demande de l'intéressé et, d'autre part, implicitement mais nécessairement retiré la décision implicite née le 10 mars 2022 par laquelle il l'avait antérieurement rejetée. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision implicite étant devenues sans objet, il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation du refus implicite révélé par la décision du 28 juin 2023 :
4. La décision également attaquée du 28 juin 2023 qui, ainsi qu'il a été dit au point précédent, fait droit à la demande de titre de séjour "travailleur temporaire" présentée par M. B, n'a ainsi ni pour objet ni pour effet d'opposer un refus à une demande, qu'il ne justifie pas avoir présentée, tendant à la délivrance d'un titre de séjour d'une durée supérieure et ne saurait donc lui faire grief. A défaut de l'existence d'une telle décision de refus, le requérant ne justifie, ainsi, d'aucun intérêt à demander l'annulation de la décision du 28 juin 2023 qui lui est favorable. Les conclusions présentées à cette fin sont irrecevables et doivent être rejetées, de même, par suite, que celle tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Gard de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " d'une durée de validité d'un an.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
5. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par un mémoire du 28 mai 2024, M. B a indiqué expressément maintenir les conclusions de sa requête, en ce compris celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dès lors que le présent jugement constate le non-lieu à statuer sur ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction du fait de l'intervention en cours d'instance d'une décision favorable à l'intéressé, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Laurent-Neyrat, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Laurent-Neyrat de la somme de 1 000 euros.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Gard a implicitement rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour.
Article 2 : L'Etat versera à Me Laurent-Neyrat, avocat de M. B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Laurent-Neyrat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B, au préfet du Gard et à Me Laurent-Neyrat.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
Mme Vosgien, première conseillère,
Mme Béréhouc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La rapporteure,
S. VOSGIEN
Le président,
G. ROUXLa greffière,
F. DESMOULIERES
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026