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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2300291

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2300291

lundi 20 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2300291
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 janvier et 14 février 2023, M. C A, demeurant 30, chemin du Père B à Pertuis (84120) demande, dans le dernier état de ses écritures, au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 4 janvier 2023 par laquelle la procureure de la République près le tribunal judiciaire d'Avignon a refusé de lui délivrer un agrément en qualité de garde champêtre municipal ;

2°) d'enjoindre, sous astreinte, à la procureure de la République près le tribunal judiciaire d'Avignon de lui délivrer un agrément en qualité de garde champêtre.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision a entrainé la rupture prématurée de son stage de garde champêtre, d'une part, et qu'il se trouve, du fait du refus de lui délivrer un agrément, dans une situation financière précaire ;

- les moyens de sa requête en annulation, tenant à ce qu'il ne s'est pas vu communiquer les pièces de son dossier avant l'entretien contradictoire du 8 novembre 2022, à ce que la décision de refus d'agrément se fonde sur un point qui n'a pas été évoqué au cours de l'entretien contradictoire, à savoir, la consultation du fichier du traitement des antécédents judiciaires et à ce qu'elle est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2023, la procureure de la République près le tribunal judiciaire d'Avignon conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

-la condition d'urgence n'est pas remplie ;

-le moyen tiré d'une méconnaissance de la présomption d'innocence est inopérant ;

-les faits reprochés au requérant justifient le refus d'agrément.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2023, le ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- la procureure de la République près le tribunal judiciaire d'Avignon n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation ;

- aucun des moyens de la requête n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 19 janvier 2023 sous le numéro 2300192 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la constitution et notamment son préambule ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code procédure pénale ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'ordonnance n° 2012-351 du 12 mars 2012 relative à la partie législative du code de la sécurité intérieure ;

- décret n° 2006-1391 du 17 novembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emploi des agents de police municipale

- le décret n° 94-731 du 24 aout 1994 portant statut particulier du cadre d'emploi des gardes champêtres territoriaux ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique M. D a lu son rapport et entendu M. C A confirmer ses écritures sauf en ce qui concerne ses conclusions indemnitaires qu'il abandonne.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 4 janvier 2023, notifiée le 13 janvier 2023, la procureure de la République près le tribunal judiciaire d'Avignon a refusé de délivrer à M. A un agrément en qualité de garde champêtre municipal au motif qu'il ne présente pas les garanties d'honorabilité requises pour occuper ce poste, la consultation du fichier du traitement des antécédents judiciaires ayant révélé qu'il a commis des faits de tentative d'escroquerie et faux et usage de faux en écriture entre le 7 décembre 2016 et le 3 juillet 2021.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés invoqués par M. A, développés dans ses écritures et maintenus à l'audience, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision, ainsi que celles à fin d'injonction, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner si les conditions tenant à l'urgence d'une telle mesure sont réunies.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de la Justice.

Fait à Nîmes, le 20 février 2023.

Le juge des référés,

P. D

La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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