jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300674 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 février 2023, Mme A B, représentée par Me Turrin, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision de la directrice du centre hospitalier de Montfavet du 20 décembre 2022 portant refus de sa titularisation en fin de stage ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Montfavet de procéder à sa réintégration à compter de l'ordonnance à intervenir, et d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros de jours de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Montfavet la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que la décision contestée préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation financière ; elle est privée de son revenu et ne peut plus assumer les charges dont elle doit s'acquitter mensuellement ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :
* elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;
* elle méconnait le droit au fonctionnaire stagiaire de faire ses preuves ;
* elle repose sur des considérations matériellement inexactes ;
* elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa manière de servir et de son aptitude à exercer les fonctions ;
* elle constitue un détournement de procédure en ce que la mesure contestée a été mise en œuvre en lieu et place d'une mesure disciplinaire ;
* elle résulte d'un détournement de pouvoir dès lors qu'elle relève de considérations étrangères à l'intérêt du service.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 22 février 2023 sous le numéro 2300688 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, présidente de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 mars 2023 à 14 heures 30 :
- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés,
- Mme B n'était ni présente ni représentée,
- le centre hospitalier de Montfavet n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a intégré la fonction publique hospitalière en qualité de psychologue stagiaire le 15 mars 2021 au sein de la maison centrale d'Arles et du centre de détention de Tarascon. Son stage a été renouvelé jusqu'au 20 décembre 2022. Par la présente requête, elle sollicite la suspension de la décision de la directrice du centre hospitalier de Montfavet du 20 décembre 2022 portant refus de sa titularisation en fin de stage et la radiant des effectifs.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Pour apprécier la légalité d'une décision de refus de titularisation, il incombe au juge, saisi de moyens en ce sens, de vérifier qu'elle ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'insuffisance professionnelle de l'intéressé, qu'elle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir et que, si elle est fondée sur des motifs qui caractérisent une insuffisance professionnelle mais aussi des fautes disciplinaires, l'intéressé a été mis à même de faire valoir ses observations.
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
5. Il résulte de qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions de la requête présentées par Mme B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris, en tout état de cause, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au centre hospitalier de Montfavet.
Fait à Nîmes, le 16 mars 2023.
La juge des référés,
F. CORNELOUP
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
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